Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Il faut essayer d'obliger tout le monde
Et ta soeur ?
Malheureusement, l'esprit noie parfaitement son destin. C'est pourquoi le temps s'oublie en courant vers le futur des sens
Thal l'errant ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

15 Avril 2008 ::

« L'intifada & les accords d'Oslo »

:: Histoire contemporaine, 1988

Ce billet fait partie d'un sujet composé de six parties :

1. La guerre d'indépendance d'Israël
2. La crise du Canal de Suez
3. La guerre des six jours
4. La guerre du Kippour
5. Paix en Galilée
6. L'intifada & les accords d'Oslo



Tensions en territoires occupés

A la fin de l'année 1987, la bande de Gaza et la Cisjordanie sont occupées depuis vingt ans par Israël. La population palestinienne de ces territoires vit souvent très mal cette situation : contrôles permanents, discriminations diverses, manque de ressources, les vexations sont nombreuses et répétées. L'OLP et Yasser Arafat, exilés à Tunis, sont loin des considérations quotidiennes du peuple palestinien occupé, et les pays de la Ligue Arabe se sont progressivement désintéressés de cette cause. C'est ainsi que, début décembre, éclate l'Intifada, la « guerre des pierres », après un accident entre un camion israélien et une voiture palestinienne. Lors des funérailles des victimes, des émeutes éclatent au nord de la bande de Gaza, dans le plus grand camp de réfugié, Jabaliya.

Rapidement, les israéliens sont débordés par la situation : des milliers de personnes jettent des pierres, voire des cocktails molotov pour certains, et la contestation prend des proportions inquiétantes. Les étudiants palestiniens parcourent les rues en appelant la foule à la révolte, personne ne va travailler, et les émeutes continuent malgré le déploiement de force de Tsahal ; en quelques semaines, les émeutes se propagent à toute la bande de Gaza, puis à la Cisjordanie toute entière. Les forces de sécurité israéliennes ne parviennent pas à faire face à ce nouveau type d'insurrection : femmes, enfants et adolescents jettent des pierres sur des soldats équipés pour la guerre.


Emeutes palestiniennes de l'Intifada

Dans un premier temps, le premier ministre Yitshak Rabin donne ordre de réprimer sévèrement les manifestations ; l'armée appelle en renfort les gardes frontières expérimentés, met au point des armes non létales, et édicte des règles strictes sur l'utilisation des armes à feu. Malgré tout, de nombreuses bavures ont lieu, et outre les tabassages, des palestiniens — dont des enfants — tombent sous les balles israéliennes. Tsahal use de méthodes féroces et systématiques pour tenter de mater la rébellion, en rasant des bâtiments, emprisonnant et torturant des centaines de palestiniens, instaurant des couvre-feux interminables. Partout en territoires occupés, le vent de la révolte souffle : on jette des tracts, on placarde des affiches, on fait des déclarations séditieuses dans les mosquées, on brûle des véhicules, on élève des barricades.

Une contestation essentiellement non violente

Après plusieurs semaines d'émeutes, un mouvement de contestation non violente émerge : les palestiniens boycottent les produits israéliens, font des grèves massives, refusent de payer leurs impôts, et malgré les grandes difficultés économiques dans lesquelles ils sont alors plongés, ils tiennent bon et utilisent le système D pour bâtir une économie locale branlante. Israël répond en emprisonnant des milliers de personnes, en allongeant les couvre-feux, en fermant les écoles, en faisant le blocus de certaines zones, en coupant l'alimentation en eau, en électricité ou en coupant le téléphone...

Si le plus gros des actions palestiniennes est fondé sur la désobéissance civile, les actions armées d'autres palestiniens ne cessent pas pour autant après la première année la plus difficile : le Hamas, notamment, émerge et prend de l'ampleur. Ce « mouvement de la résistance islamique » organise plusieurs attentats non seulement contre des militaires et des civils israéliens, mais également contre certains palestiniens : les tensions entre factions palestiniennes sont parfois vives, et les attentats font des dizaines de victimes.

Les accords d'Oslo

Dès 1991, suite à la guerre du Golfe, des négociations se tiennent entre israéliens et palestiniens à la Conférence de Madrid, qui réunit également autour de la table la Syrie, l'Egypte, le Liban et la Jordanie. Puis, à l'initiative d'un diplomate norvégien et avec l'appui de son ministre des affaires étrangères, des négociations secrètes sont tenues à Oslo entre la fin de l'année 1992 et le mois d'août 1993. C'est ainsi que le 13 septembre 1993, sous la férule de Bill Clinton, sont signés les « Accords de Washington », qui formalisent les négociations faites à Oslo : cosignés par Yitshak Rabin et Yasser Arafat, les accords entérinent la volonté bilatérale d'un processus de paix. Même si de nombreux désaccords subsistent entre les deux frères ennemis, chacun accepte de faire cesser la violence et, à défaut de trouver un règlement immédiat, repousser la solution définitive à des jours meilleurs.


Signature des accords de Washington, le 13 septembre 1993

Tout le monde n'a cependant pas les mêmes vélléités pacifistes : le Hamas notamment, ou le Jihad islamique, rejettent ces accords, et continuent les violences. De leur côté, certains israéliens ne veulent pas non plus de cette paix : le 4 novembre 1995, Yitshak Rabin est assassiné par un étudiant juif d'extrême droite, alors qu'il venait de prononcer un discours sur la paix aux côtés de Shimon Peres.

finipe, 13h10 :: :: :: [29 insultes scandaleuses]