Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Je suis
fait comme
un rat !
Ah
bon ?
Aujourd'hui, l'Homme répudie parfaitement la morale. Ainsi, l'Histoire s'oublie en atteignant le secret de l'individualisme
La Rochefaucud ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

2 Février 2011 ::

« Comment faire pour prendre perpet' ? »

:: Paparatzi

On a tous un jour ce qu’on mérite.

C. Eastwood ("Impitoyable")


Comme le meurtrier de Laëtitia va, cette fois-ci, prendre le maximum (perpet' avec seulement 22 ans de sûreté), du moins on peut raisonnablement l'espérer, c'est le moment de ressortir ce petit billet.
C'est fou comme c'est intéressant de rééditer des articles. Outre le fait que ça ne demande pas trop d'efforts, ça permet aussi de se rendre compte qu'année après année, les problèmes restent toujours les mêmes !


L’actualité de ces derniers jours a été riche en peines de réclusion criminelle à perpétuité pour des multirécidivistes coupables de viols et de meurtres. Ceci m’a rappelé une anecdote de 2006 qui m’avait pour le moins interloqué.
Un collectif de détenus de la Centrale de Clairvaux, dans l’Aube, prison réservée à des « très longues peines », avait écrit à l’AFP (ou s’était fait écrire) une lettre poignante et déchirante demandant à ce qu’on rétablisse « la peine de mort pour eux-mêmes », puisqu’ils n’avaient « pas d’espoir de sortie ».

Ceci pouvait donner foi au bruit qui a longtemps couru comme quoi les condamnés à perpétuité préféreraient la peine de mort plutôt que de moisir en taule toute leur vie. Or, les abolitionnistes d’Amnesty International (dont je soutiens le combat) nient formellement cette idée reçue, s’appuyant sur les témoignages convaincants des condamnés à mort dont ils s’occupent, qui disent quasiment tous qu’ils signeraient immédiatement pour une commutation de leur peine en prison à vie.

Il paraît donc évident que cette lettre pathétique des « emmurés vivants » de Clairvaux n’était qu’une tentative de manipulation de l’opinion, et qu’ils ne l’ont écrite que parce qu’ils savaient très bien que la réponse ne pouvait être que négative.

Je sais que c’est impossible, mais j’aurais bien aimé que, pour vérifier mon hypothèse, on s’amuse à accepter leur requête, rien que pour voir la tête qu’ils auraient perdue faite. Ensuite, on aurait ajouté que bien entendu, il s’agissait d’une blague, et que la Constitution française interdisait de revenir en arrière sur ce sujet.
En aparté, on aurait pu aussi préciser qu’après tout, si la vie leur était à ce point insupportable, il leur restait toujours la possibilité d’y mettre un terme de leur propre initiative, ce qui aurait eu le mérite de soulager les contribuables du coût exorbitant de leur entretien. Enfin une bonne action.
« Comment ? » auraient-ils répondu innocemment. Les faits divers montrent pourtant bien qu’un détenu qui est réellement décidé à se foutre en l’air y parvient sans problème. Mais allez savoir pourquoi, ceux qui y arrivent sont rarement des condamnés à perpét’…

Je ne pense pas être particulièrement cruel, ni manquer de la plus élémentaire des humanités, mais j’avoue bien volontiers que ma compassion envers ce genre d’individus est plus que limitée. Il faut dire que l’actualité judiciaire et criminelle est là pour nous rappeler régulièrement à quel point il est difficile, dans ce pays, de se faire mettre hors d’état de nuire une bonne fois pour toutes lorsqu’on est un danger public.
Y’a pas à dire, pour prendre perpét’, il faut vraiment y mettre du sien ! Ça s’improvise pas, ça se travaille, c’est toute une discipline de vie, toute une philosophie existentielle, toute une manière de voir les choses. Faut s’accrocher, travailler d’arrache-pied, ne pas avoir peur de faire des sacrifices, savoir persévérer, ne pas se laisser décourager par les échecs. Seuls les meilleurs y parviennent… et ils sont rares, les heureux élus !

Cette lettre fut donc l’occasion d’une conversation msn déjantée entre mon con-frère finipe et moi-même, sur ce thème épineux : que faudrait-il faire, a minima, pour être vraiment, mais alors vraiment sûr de prendre perpét’ ?
Evidemment, le résultat est particulièrement cynique et à prendre au 38ème degré. Je vous aurai prévenus.

draleuq - Tiens, lis cette dépêche que je viens de choper sur le web :
Dix détenus de la centrale de Clairvaux dans l’Aube, condamnés à perpétuité, réclament le « rétablissement effectif de la peine de mort » pour eux-mêmes.
« Assez d'hypocrisie ! Dès lors qu'on nous voue en réalité à une perpétuité réelle, sans aucune perspective effective de libération à l'issue de notre peine de sûreté, nous préférons encore en finir une bonne fois pour toute que de nous voir crever à petit feu, sans espoir d'aucun lendemain après bien plus de 20 années de misères absolues », écrivent les dix détenus dans une lettre adressée à l’AFP.
« Nous, les emmurés vivants à perpétuité du centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France (...), nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous ».
« Après de telles durées de prison, tout rescapé ne peut que sortir au mieux sénile et totalement brisé. En pareil cas, qui peut vraiment se réinsérer socialement ? En fait, pour toute alternative, comme avant 1981, ne nous reste-il pas mieux à trouver plus rapidement dans la mort notre liberté? », ajoutent les dix signataires.

d - les pauv' chéris
d - plaignons les ces caliméros
d - c'est vraiment trop inzuste
finipe - pauvres, pauvres PÔÔÔVRES violeurs d'enfants, meurtriers de vieilles dames...
d - oui c'est vrai
d - je suis désappointé par cette sévérité inhumaine
f - et moi donc
d - je vois en tous cas qu'en prison ils ont appris à écrire
f - huhuhu
d - ils sont trop négatifs
f - faut voir le bon côté des choses
d - ben voilà
f - nourris, logés blanchis
d - C’est pas la prison qui tue, c’est le pessimisme
f - du temps pour lire et tout
d - et la mort, aussi, elle tue... c’est bien connu
f - c'est bien
f - faudra que j'aille violer une petite fille

d - mmh pour prendre perpét avec 28 ans de sûreté, il te faudra plus que ça
f - et puis ils connaissent l'amour ! Les gros tatoués qui les enculent sous les douches
d - il faudra aussi la séquestrer et la torturer pendant quelques jours
f - ah ben ouais
d - voire quelques semaines
d - et bien entendu
d - la tuer
d - ça va de soi
d - de la manière la plus sale qui soit
f - oui, et abandonner son corps dans une décharge aussi
d - la re-violer post mortem sera un bonus apprécié à sa juste valeur par les jurés
f - bleuarrrf
d - dans une décharge oui, mais après l'avoir découpée en morceaux pour la rendre méconnaissable
d - sinon, ils seraient foutus de trouver que tu l'as fait exprès pour te faire serrer
d - donc que t'es fou et qu'il faut te relaxer
f - ah oui merde
f - je sais pas ce qui est le mieux : rester enfermé dans un asile en bavant sur sa camisole ou être en QHS

d - j'enregistre cette conversation
f - huhu
d - ça servira de preuve aux flics quand ils viendront prendre l'unité centrale
d - comme ça ils seront sûrs que c’était prémédité
f - gnuhuhuhu

Copyrat draleuq 2007

draleuq, 20h34 :: :: :: [1 divagation]

:: COMMENTAIRES

 Brath-z , le 17/05/2011 à 17h56

Très drôle et pertinent. J'ai néanmoins une réserve sur l'incitation au suicide des pauv' bouts d'chou désespérés par leur condition d' "emmurés vivants" : pour les chrétiens, juifs et musulmans (sunnites), le suicide vaut damnation éternelle. Vu qu'en prison la population est globalement plus croyante qu'en-dehors (explication sociologique : quand on passe sa vie entre quatre murs avec pour toute affection le gros Mouloud et Dédé la malice qui passent régulièrement récurer le tuyau, on peut trouver dans la religion un certain réconfort), ça fait quand même une importante part pour laquelle cette solution n'est pas envisageable.

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