Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Il faut essayer d'obliger tout le monde
Ça c'est
balot...
Malheureusement, l'envie répand affreusement la démocratie, de sorte que la justice s'enfuit en rampant depuis le futur de l'existence
Nabot Léon ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

24 Janvier 2010 ::

« Le rat, c'est moi »

:: Elucubrations

Les rats nous observent dans l’ombre de leurs égouts. Ils se lissent les moustaches de joie car ils n’ignorent pas que notre civilisation fermera bientôt son guichet.

(Michel Dansel, « Nos frères les rats »)


Voici donc que je surgis entre ces tentes moyenâgeuses. C’est mon ami le lion qui m’y a offert l’asile, qu’il en soit mille fois remercié, même s’il me devait de toute façon un service depuis que j’ai rongé le filet dans lequel il se débattait lamentablement.


Illustration de Gustave Doré pour "le lion et le rat" de Jean de la Fontaine


Ce qui m’a amené ici est une boulette, et, disons le même, une grosse boulette.
Mais comme le sait le plus pavlovien des behavoristes, les rats adorent les boulettes puisque les humains peuvent les dresser à appuyer sur une pédale pour en recevoir une.
A moins bien sûr que ce ne soit le rat qui dresse l’humain à lui envoyer une boulette à chaque fois qu’il appuie sur la pédale. Tout est une question de point de vue.
Finissons-en donc et narrons cette boulette une bonne fois pour toutes, pour que vous rigoliez un bon coup et qu’on n’en parle plus : depuis le début de l’année scolaire, je teste – avec un certain succès – un système de mailing pour les parents d’élèves de ma classe.
Or, un jour que je leur écrivais un mail à la va vite, en voulant taper un lien vers un certain site, je saisis machinalement et par habitude l’adresse de mon propre blog, ne m’en rendis pas compte et cliquai sur « envoyer ».
C’est complètement par hasard et presque miraculeusement que je m’en suis rendu compte deux heures plus tard. Comme le savent les habitués de mon désormais ex-blog (merci une dernière fois à vous deux), je ne suis pas toujours tendre avec les merveilleux partenaires du merveilleux monde de l’éducation dans lequel je travaille, qu’ils soient collègues, élèves, parents… Et certains articles auraient pu éventuellement faire sensation, mais dans un sens qui ne m’aurait guère amusé.
Fort heureusement, ceci s’est passé en plein après-midi et il n’y a guère eu de dommage collatéral, à part bien entendu mon blog lui-même, désormais mort et enterré. J’ajoute même que tout comme chez les aborigènes australiens, maintenant qu’il est mort, il est défendu de prononcer son nom. J’ai appris ça en regardant « Australia » en bavant sur Nicole Kidman, cependant que ma compagne bavait sur Hugh Jackman pour faire bonne mesure[1].

Oui, vous avez bien lu : il doit disparaître de toutes les mémoires, son nom doit être oublié et sombrer pour toujours dans les affres du néant.
Bah oui, notre ami Google est très joueur. Ce robot a beau être un crétin comme tous les robots, il n’en demeure pas moins plus fin limier qu’un troupeau de chiens de chasse pour pister les blogueurs en maraude ou en rupture de ban.

Une nouvelle patrie donc, un nouveau nom, un nouveau départ dans la vie en quelque sorte (bah oui, vous croyez quoi ? Le blog, c’est toute ma vie !), tel est mon destin.
Le rat je suis désormais, et pour peu ragoûtant que soit l’animal, il me sied comme un gant.

Un peu rat des villes, j’aime à flâner dans les rues de ces œuvres humaines, petites ou tentaculaires, belles ou laides, impressionnantes ou déconcertantes. A condition que cela ne dure pas trop longtemps.

Un peu rat des champs, j’aime à me perdre dans les terres incultes et inhabitées, loin des humaines nuisances et de la civilisation déclinante. A condition que cela ne dure pas trop longtemps.

Un peu rat des bibliothèques, plus le temps avance, plus je dévore des livres, et pas qu’avec mes incisives.

Je suis né l’année du rat, paraît-il. Si c’était pas un présage, ça !

Le rat seul n’est rien. C’est un rongeur négligeable et dérisoire qui vit une très courte vie à manger, dormir, excréter et se reproduire. Un troupeau de rats, par contre, peut bouffer une porte blindée en moins de deux et faire un tas d’autres choses épatantes, en particulier des dégâts. Ça rappelle une autre espèce…

Le rat quitte le navire en premier quand il voit qu’il va couler. L’homme est jaloux, il aimerait pouvoir en faire autant. Mais il ne le fait pas car il sait, lui, qu’il n’y a pas d’autre navire au loin, ni d’île, et qu’il va sûrement se noyer. L’homme sait, mais ne fait rien pour éviter le désastre, alors autant être un rat et ne pas savoir !

Le rat a contribué à tuer plus d’un tiers de la population européenne entre 1346 et 1348. Même si cela n’a pas été suffisant pour éradiquer dans l’œuf le futur cancer de la planète, reconnaissons tout de même qu’il s’agit du plus beau palmarès de l’histoire connue. Cette peste noire bon sang, c’était quand même autre chose que la grippe A ah ah ! Rendons justice au rat pour ce score resté dans les annales, d’autant qu’il y a lui-même laissé des poils !


Illustration issue de "Faces de Rats" de Ptiluc (1989)
En ce qui me concerne, c'est culte !


Le chat n’aime pas le rat. Je n’aime pas le chat. Je suis donc un rat, en toute logique. Reconnaissons d’ailleurs que ces deux créatures n’ont vraiment rien pour s’entendre, car tout comme on dit : « si le chat n’est plus sur mémé, c’est qu’elle est froide », on pourrait dire a contrario : « si le rat n’est pas dans mémé, c’est qu’elle est encore chaude. »

Le rat est haï de pratiquement toute l’humanité avec la même ferveur, c’est en soi une raison suffisante pour que je l’aime, car enfin soyons clairs : un animal abhorré à ce point par l’homo sapiens ne peut décidément pas être tout à fait mauvais.


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1. C’est des conneries, le rat n’aime pas les blondes. Mais il avait envie d’écrire ça. Peut-être pour être quelqu’un comme il faut ?

draleuq, 18h48 :: :: :: [6 méditations grotesques]

13 Janvier 2010 ::

« Le solfège pour les nuls »

:: Métroboulododo

Vous noterez au passage la nouvelle formule du blog : bienvenue au camarade RAT, qui va se faire les canines prochainement ici-même.




Comme beaucoup d'entre vous ne le sait probablement pas, je suis actuellement (entre autres) professeur de solfège dans une école de musique. Ou plutôt professeur de Formation Musicale (FM), selon l'expression consacrée : cela doit paraître moins ringard et moins effrayant que le terme solfège. Il s'agit d'ailleurs d'une école de musique agréée, habilitée à délivrer des diplômes valables dans tout le pays. Entendons-nous bien : ma mission, ou du moins celle qui devrait être la mienne, c'est d'apprendre à ces chères têtes blondes les bases techniques de la théorie musicale occidentale, à savoir rythme, lecture de notes, théorie, harmonie, intervalles, tonalités, modulations, cadences, Histoire de la musique, écoute, culture musicale en général, travail de l'audition, etc. Bref, tout ce qui fait qu'un musicien n'est pas juste un instrumentiste du dimanche, mais un musicien complet, cultivé, ouvert et curieux, en dehors de sa propre pratique instrumentale.

Hélas, la réalité est bien loin de la fiction, car mes élèves sont d'authentiques nullités (pour une grande partie d'entre eux), et pour cause, puisqu'ils n'en foutent pas une ramée chez eux (autant en instrument qu'en solfège, du reste). C'est ainsi qu'au bout de 4 ans, 80% des élèves ont abandonné l'école de musique (chiffres de l'année dernière) : généralement, cette période correspond à l'adolescence ou la préadolescence, ce qui n'arrange pas les choses. Les gosses sortent donc de l'établissement après 4 années passées à ne rien foutre en cours, et ne sachant pas grand chose de bien consistant ; les plus opiniâtres monteront peut-être un minable petit groupe de rock avec des copains, sans ambition ni qualité, sans rigueur rythmique, bref, un projet mort avant même d'être né. Et pendant que ces parasites profitent bien des impôts payés par leurs parents (qui d'ailleurs ne se gênent même plus pour le souligner aux dirigeants de l'école), d'autres (peut-être plus motivés) doivent attendre, car les places sont limitées (800 élèves pourtant !). Quant aux 20% restant, ceux qui passent le cap des 4 années, ils font en revanche ma joie !

Quoiqu'il en soit, c'est dans ces conditions que l'on me distribua récemment des « évaluations » (les guillemets s'imposent), sur lesquelles ma hiérarchie me demanda d'inscrire mon appréciation sur le parcours de chacun de mes élèves. On me précisa toutefois avec douceur que ceci était surtout destiné à (je cite) « faire plaisir aux parents » (ceux qui payent les impôts qui financent en partie l'école, donc), sous-entendant ainsi à mots à peine couverts que les reproches, les diatribes et les anathèmes étaient proscrits, quels que soient les mérites respectifs (et surtout les tares) de chaque élève.

C'est ainsi que je dus m'atteler à ce pénible fardeau scriptural, dans le plus laborieux style faux-derche dégoulinant de niaiserie compassée, dont je ne résiste pas à vous livrer quelques morceaux choisis, traduits dans le langage que j'aurais tant aimé utiliser :

Elève sympathique, quoiqu'un peu tête en l'air parfois.

La vérité : votre pourri de gosse n'écoute jamais rien. Il passe son temps à penser à autre chose, ne sait jamais où l'on se trouve quand on l'interroge, et est complètement à la ramasse. Il devrait se coucher plus tôt le mardi soir, car il dort assis pendant les cours et a des cernes de 3 pieds de long.

Elève parfois dissipé

La vérité : votre gosse à la con est un vrai boulet, qui passe son temps à intervenir quand on ne lui demande rien, à faire des commentaires déplacés et à systématiquement remettre en question le moindre propos que l'on tient. Foutez-le sous Ritaline ou mettez-lui quelques paires de claques, manifestement ça lui manque. A cause de ses conneries, je dépense la moitié de mon énergie dans l'autorité, alors que j'ai autre chose à foutre.

Petite lacune en lecture de notes (5 minutes de révision par jour suffisent !)

La vérité : votre môme, au bout de deux années de solfège, n'est même pas foutu d'aligner 3 notes en clé de sol, alors qu'il est (paraît-il) clarinettiste. J'aurai beau lui faire faire 3 heures de lecture de notes par cours, il sera toujours aussi nul s'il n'ouvre jamais son cahier dans la semaine pour pratiquer un peu. Non mais qu'est-ce que vous croyez ? Qu'on apprend à lire la musique par magie ? Qu'on se réveille un matin, touché par la Divine Grâce, en sachant lire parfaitement une clé de sol, 2 clés de fa et 4 clés d'ut ? Non : il faut TRAVAILLER, bande de minus !

Elève curieux et intéressé

La vérité : votre gosse passe son temps à poser des questions débiles et sans aucun rapport avec le cours. S'il pouvait fermer sa gueule quand on ne lui demande rien, et l'ouvrir à bon escient, ce serait appréciable.

Bon sens rythmique

La vérité : je vous mets un truc bidon pour vous faire croire que votre gosse a au moins une qualité musicale, mais c'est du flan. C'est un nullos, mettez-le à la poterie plutôt.

Excellent travail, il faut continuer ainsi !

La vérité : votre gosse est la seule lueur d'espoir de sa classe. S'il s'accroche un peu, il fera un musicien très capable, peut-être même vraiment bon.


Et après, on se demande pourquoi les élèves détestent unanimement le solfège, à tel point que les générations suivantes haïssent déjà le solfège, uniquement grâce à son aura maléfique de matière intrinsèquement chiante... J'ai la réponse : c'est parce qu'il faut travailler pour y arriver, et que ça demande des efforts. C'est ainsi que, alors que tant de pénibles passent un temps considérable à fustiger l'élitisme de ce genre de discipline musicale, la sélection s'opère d'elle-même : les nullos et les tire-au-flanc sont largués, les autres restent.

finipe, 19h08 :: :: :: [3 sarcasmes grinçants]

12 Octobre 2009 ::

« Lully, Molière, des Turcs, du café, et le Bourgeois gentilhomme... »

:: Histoire moderne, 1670

Dans la lignée du billet sur le Quatuor pour la fin du temps, voici un nouveau billet évoquant l'origine de la création d'une des grandes comédie de Molière, qui fut à l'époque mise en musique par Lully. Ceux qui ont vu l'excellent film Tous les matins du monde reconnaîtront l'extrait présenté ici.


Incident diplomatique avec la Sublime Porte

En 1669, alors que Louis XIV règne depuis plus de 15 ans déjà[1], la France entretient avec l'Empire Ottoman des relations amicales depuis des décennies. Si ces deux pays n'ont certes pas grand chose de semblable, ils ont cependant un ennemi commun : la famille des Habsbourgs, qui règne entre autres sur l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. Mais les relations se sont tendues très récemment : Mehmet IV, le sultan, a brisé les liens en renvoyant de son Empire l'ambassadeur français. Quelques temps plus tard, on apprend l'arrivée à Paris d'un certain Soliman Aga, diplomate turc qu'on croit être l'ambassadeur personnel du sultan...

En fait d'ambassade, Soliman Aga est venu a Paris essentiellement pour tenter de faire apprécier aux français un breuvage qui jusque là n'a guère fait d'adeptes, à cause notamment de son amertume : le kawah, autrement dit le café. Le diplomate donne de somptueuses réceptions, et fait goûter à toute la bonne société parisienne cette étonnante boisson. Le succès est tel qu'un engouement inouï pour l'Orient naît bientôt dans la capitale : on se précipite pour apprécier l'exotisme, le raffinement, toute chose qui fait rêver un esprit qui n'a connu que la vieille Europe pour les plus aventureux d'entre eux... A Versailles, le roi est fasciné par les récits que les courtisans font de ces réceptions et du personnage de Soliman Aga : Louis XIV décide de le recevoir, et de l'impressionner.

La réception a ainsi lieu le 1er novembre 1669 : le roi et la cour dans son ensemble ont revêtu leurs plus somptueux habits, l'or et l'argent brillent partout, Louis XIV fait une démonstration de luxe et de puissance. Mais Soliman Aga, plutôt que de se montrer flatté par ces fastes, semble distant, dédaigneux et lointain : il ne touche à aucun des mets délicats préparés à son intention, et affirme que la cour ottomane est bien supérieure à la cour française. Ultime camouflet, on découvre qu'il n'est en vérité qu'un simple diplomate, et en rien un envoyé du Sultan !

La création du Bourgeois gentilhomme

Peu de temps après cet incident, Louis XIV demande à Molière[2] d'écrire un « ballet turc ridicule ». Une façon d'exorciser l'affront sans doute, et puis les « turqueries » sont, quoiqu'il en soit, toujours très à la mode ! C'est ainsi que le dramaturge travaille à l'écriture d'une nouvelle comédie-ballet, en collaboration notamment avec le compositeur Jean-Baptiste Lully et le maître de danse Pierre Beauchamp. L'intrigue est fidèle à l'esprit des pièces que Molière a déjà écrites : Monsieur Jourdain, un bourgeois qui veut briller en société, se lance dans un fastidieux et ridicule apprentissage de tout ce qui fait un homme de qualité à son époque (danse, poésie, escrime, musique, philosophie...), ce qui est évidemment la source de bien des moqueries de la part de son entourage.


Molière et Jean-Baptiste Lully

Lorsque sa fille Lucile manifeste son désir de se marier avec Cléonte, Monsieur Jourdain refuse l'union au prétexte que ce dernier n'est pas gentilhomme : on fait alors croire au père que Cléonte n'est autre que le fils du Grand Turc, un personnage de la plus haute importance. Monsieur Jourdain donne donc son accord pour le mariage, et une cérémonie turque grotesque est organisée à son intention en lui faisant croire qu'il accédait enfin à une haute distinction, celle de « Grand Mamamouchi » (un titre évidemment faux).

Représenté pour la première fois devant Louis XIV et la cour, au château de Chambord, le 14 octobre 1670, le Bourgeois gentilhomme se termine par un dialogue entre Monsieur Jourdain, Madame Jourdain, et Covielle, l'instigateur de la tromperie. Madame Jourdain, pas encore au courant du subterfuge, refuse que sa fille épouse le Grand Turc, avant d'entrer elle aussi dans la confidence. La pièce se termine par ce fameux « ballet turc ridicule », celui que le roi a souhaité.


Marche pour la Cérémonie des Turcs
Jean-Baptiste Lully
(Ballet final du Bourgeois gentilhomme)

MADAME JOURDAIN: Je ne veux point qu'il me dise rien.

MONSIEUR JOURDAIN: Voilà une grande obstination de femme! Cela vous fera-t-il mal, de l'entendre?

COVIELLE: Ne faites que m'écouter; vous ferez après ce qu'il vous plaira.

MADAME JOURDAIN: Hé bien! quoi?

COVIELLE, à part: Il y a une heure, Madame, que nous vous faisons signe. Ne voyez-vous pas bien que tout ceci n'est fait que pour nous ajuster aux visions de votre mari, que nous l'abusons sous ce déguisement, et que c'est Cléonte lui-même qui est le fils du Grand Turc?

MADAME JOURDAIN: Ah, ah!

COVIELLE: Et moi Covielle qui suis le truchement?

MADAME JOURDAIN: Ah! comme cela, je me rends.

COVIELLE: Ne faites pas semblant de rien.

MADAME JOURDAIN: Oui, voilà qui est fait; je consens au mariage.

MONSIEUR JOURDAIN: Ah! voilà tout le monde raisonnable. Vous ne vouliez pas l'écouter. Je savais bien qu'il vous expliquerait ce que c'est que le fils du Grand Turc.

MADAME JOURDAIN: Il me l'a expliqué comme il faut, et j'en suis satisfaite. Envoyons quérir un notaire.

DORANTE: C'est fort bien dit. Et afin, Madame Jourdain, que vous puissiez avoir l'esprit tout à fait content, et que vous perdiez aujourd'hui toute la jalousie que vous pourriez avoir conçue de Monsieur votre mari, c'est que nous nous servirons du même notaire pour nous marier, Madame et moi.

MADAME JOURDAIN: Je consens aussi à cela.

MONSIEUR JOURDAIN: C'est pour lui faire accroire.

DORANTE: Il faut bien l'amuser avec cette feinte.

MONSIEUR JOURDAIN: Bon, bon. Qu'on aille quérir le notaire.

DORANTE: Tandis qu'il viendra, et qu'il dressera les contrats, voyons notre ballet, et donnons-en le divertissement à Son Altesse Turque.

MONSIEUR JOURDAIN: C'est fort bien avisé: allons prendre nos places.

MADAME JOURDAIN: Et Nicole?

MONSIEUR JOURDAIN: Je la donne au truchement; et ma femme à qui la voudra.

COVIELLE: Monsieur, je vous remercie. Si l'on en peut voir un plus fou, je l'irai dire à Rome.


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1. Et même s'il n'est âgé que de 21 ans : rappelons qu'il est officiellement monté sur le trône à l'âge de 5 ans.

2. Molière, qui a alors presque 50 ans, a déjà connu la misère, la prison, la disgrâce, mais également la gloire et des succès retentissants (l'Ecole des femmes, le Misanthrope, le Médecin malgré lui, Don Juan...). En 1667, il dirige depuis quelques années la Troupe du Roy, qui reçoit une modeste subvention de Louis XIV.

finipe, 21h15 :: :: :: [6 jubilations]

5 Octobre 2009 ::

« Morsure le Nil »

:: Les aventures du lion

finipe, 01h45 :: :: :: [3 confessions honteuses]

27 Septembre 2009 ::

« Le cousin, erreur de l'Evolution »

:: Misanthropie

Aaaah, septembre... Le mois de la rentrée, le mois où les jours deviennent tangiblement et dramatiquement plus courts, le mois où il faut se réacclimater à une ambiance de travail, quand bien même l'on eût travaillé en juillet et en août, tant le pli de la rentrée des classes a été pris lors de l'enfance. Comme le mois de novembre, et sans doute comme chaque mois de l'année, le mois de septembre a une saveur bien spécifique, douce-amère à sa façon. Mais trêve de romantisme niais et éculé : le mois de septembre, c'est aussi et surtout le mois des cousins.

Non, il ne s'agit nullement d'un quelconque fils d'une soeur ou d'un frère d'un de vos parents, mais bien du cousin, l'animal, l'insecte, cette chose ressemblant à un gros moustique, dont le nom véritable est la Tipule. Cet insecte diptère (comprenez "avec deux ailes", mais nous verrons plus loin que ranger le cousin dans cet Ordre est assez impropre à mon sens), dont le spécimen le plus connu est la Tipule potagère (Tipula oleracea), est assurément une des créatures les plus stupides de la Création. Et croyez-moi, vivant dans une campagne entourée de cultures maraîchères, j'ai eu tout loisir d'en observer par centaines ; il faut en effet ici préciser que la larve de cet insecte — une sorte de ver ressemblant à un asticot — se nourrit de racines, et est à cet effet particulièrement prospère dans les cultures maraîchères.


A gauche, une larve de Tipula oleracea, et à droite, le cousin tel qu'il sévit généralement

Le cousin rentre souvent dans les habitations le soir venu, gêné qu'il est par les premiers frimas de l'automne naissant, et attiré par la lumière, comme tant d'autres de ses crétins de congénères ailés. Qui d'entre nous n'a jamais observé cette engeance en train de se débattre inutilement, le vol malhabile, se cognant sans cesse à quelque mur de plâtre ou lampe de chevet ? Car en premier lieu, voilà ce qui est notable chez cet animal : ce caractère pataud et dégingandé qui confine au grotesque tant il est aisé de l'attraper à mains nues. L'on peut le faire sans danger d'ailleurs, car cet imbécile ne pique pas, ne mord pas, n'a aucune arme défensive crédible, si ce n'est la faculté très contestable de perdre des pattes pour attirer l'attention d'un prédateur trop entreprenant. C'est ainsi qu'on retrouve aisément des pattes de cousin traînant dans le logis, parfois même des ailes, car ces derniers membres sont tout aussi fragiles (le vol n'est d'ailleurs pas très aisé pour cet abruti d'insecte, qui préfère marcher).

Il est d'ailleurs assez distrayant de l'attraper par une aile, pour le voir se débattre vainement, en faisant frétiller son autre aile à tout allure, comme si cela allait le sauver. Ha ! Ha ! Ha ! Quel con ce cousin !

En un mot comme en cent, la Tipule est donc une créature stupide, disgracieuse, nuisible et maladroite. Par conséquent, la question qui se pose est la suivante : mais comment diable a-t-il pu survivre et se faire une petite place dans l'Evolution des espèces ? Comment un animal aussi inepte a-t-il pu se reproduire avec suffisamment d'efficacité pour éviter que tous ses représentants se fassent bouffer, charcuter, démembrer, écraser, piétiner, rayez la mention inutile ? Quelle stratégie a-t-il bien pu développer pour passer au travers des mailles de la sélection naturelle ? Lui qui a assuré un nombre de victimes incalculable à la cohorte des gosses morveux, ces apprentis Torquemada désireux d'exercer leur art de la torture sur insecte, comment peut-il, chaque année, inlassablement, revenir s'écraser lamentablement contre nos murs, ou se griller vif jusqu'au plus profond de nos plus mornes lampes halogènes ?

Voilà un mystère qui m'échappe... Il est probablement si stupide que même la Nature l'a oublié.

finipe, 17h13 :: :: :: [5 commentaires désobligeants]

7 Mars 2009 ::

« La bataille de Bir Hakeim »

:: Histoire contemporaine, 1942

J'ai souvent parlé ici-même des inusables défaites françaises tout au long de notre Histoire, notamment face aux anglais. Une fois n'est pas coutume, voici une bataille considérée comme un des plus glorieux faits d'armes de l'armée française, même pas inutile en plus (contrairement à Camerone).


L'Afrika Korps & la bataille du désert

En 1942, après la « drôle de guerre » et la débâcle française, le pays est occupé par les allemands depuis bientôt deux années. Mais tous les français n'ont pas abandonné l'idée de se battre : c'est ainsi que des résistants, des combattants des colonies françaises, des civils insoumis et des militaires de toutes origines (légionnaires de toutes nationalités, français, sénégalais, vietnamiens, syriens, libanais, indiens, maoris, malgaches...) se retrouvent entre autres à Bir Hakeim en mai 1942. Ce sont 3723 hommes en tout, formant une troupe hétéroclite au nom des Forces Françaises Libres, et dirigés par le général Pierre Koenig, qui occupent ce puits désaffecté au beau milieu du désert lybien. Au nord, Tobrouk, lieu hautement stratégique (c'est le seul port en haut profonde de la région), est péniblement tenu par les britanniques et s'apprête à faire l'objet d'un siège terrible de la part des troupes italo-germaniques.

C'est une offensive de grande envergure qu'ambitionne Erwin Rommel, le commandant en chef de l'Afrika Korps : il veut prendre le contrôle de toute la Cyrénaïque, puis pousser son avantage jusqu'au canal de Suez. Tout en fixant le gros des forces alliées sur la côte en attaquant de front, Rommel lance 5 divisions de chars vers le sud pour tenter de contourner puis encercler les troupes anglaises. Cette manoeuvre est d'ailleurs en bonne voie pour réussir, car le flanc sud des troupes britanniques est très faiblement défendu...


En rouge, l'offensive italo-germanique, et le contournement par le sud

Bir Hakeim, le grain de sable

Mais ces cinq divisions qui doivent couper en deux les lignes de défense britanniques vont tomber sur un os : Bir Hakeim. Bir Hakeim, c'est une piste et un ancien fortin turc, un vent brûlant et sableux balayant le sol caillouteux et nu, pas un relief pour s'abriter, aucun obstacle, une position défensive théoriquement intenable. Le 26 mai, Rommel lance l'offensive au nord, et inflige dès le départ de très lourdes pertes aux soldats britanniques, surpris par l'attaque. Quelques heures plus tard, le 27, c'est Bir Hakeim qui est attaqué. A l'issue d'une première journée de combats très âpres — charges des chars, infiltrations d'infanterie, tirs d'artillerie, champs de mines —, les troupes françaises ont infligé de lourdes pertes aux troupes italo-germaniques, qui ont cependant coupé toute communication entre Bir Hakeim et les positions arrières. S'ensuivent quelques jours de combats sporadiques et de sorties pour détruire des chars et stopper des incursions ; à partir du 1er juin, l'armée allemande est contrainte de détruire à tout prix ces hommes qui gênent considérablement son avancée.


Quelques images des combats pendant le siège

Un intense pilonnage d'obus frappe le camp retranché français, les Stukas font des dizaines de sorties, et, malgré un ultimatum allemand adressé aux français, le général Koenig refuse de se rendre. Des dizaines de milliers d'obus s'écrasent sur Bir Hakeim : les 6 et 7 juin, le camp est totalement encerclé, mais les français, terrés dans des redoutes, et malgré la soif qui commence à se faire sentir, parviennent toujours à contenir les incursions ennemies. Rommel lui-même est très impressionné par la résistance acharnée des français, véritable caillou dans sa chaussure, qui le contraint à stagner avec une armée importante, pendant que les forces britanniques se réorganisent à l'arrière.

Le 8, nouvelle offensive d'envergure : la Luftwaffe pilonne Bir Hakeim de plus belle. Les canons allemands sont approchés au maximum et effectuent des tirs tendus contre les fortifications françaises, mais sans réussir à faire la différence. Enfin, le général Koenig informe ses hommes qu'ils doivent tenir jusqu'au 10 : c'est ainsi que, quasiment à cours de munitions, ils supportent sans ployer de nouvelles offensives le 9 et le 10. Les allemands, écoeurés par la pugnacité de leurs adversaires, décident de remettre le coup de grâce au lendemain.

Evacuation in extremis & conséquences

Leur mission achevée, les français opèrent un repli pour rallier les troupes britanniques : détruisant le matériel trop encombrant, ils déminent péniblement un secteur pour se frayer un passage, et forcent l'encerclement allemand dans des combats difficiles, enlevant chaque nid de mitrailleuse à la grenade. Une ruée furieuse à travers les trois lignes de défense allemandes permet à la grande majorité des combattants de s'échapper de ce qui était promis à devenir leur tombeau à tous.


A gauche, le général Koenig, accompagné de ses officiers

Lorsque Rommel décide de lancer l'assaut final, il ne trouve qu'un camp plein de cadavres et de blessés graves : les français lui ont brûlé la politesse, l'Afrika Korps a perdu un temps précieux (14 jours) et quasiment tout son carburant. Là où les allemands ont perdu plus de 3000 hommes, les français ont eu à déplorer 500 morts, et à peu près autant de blessés et de disparus, malgré un sous-nombre écrasant ; pendant ce temps, les britanniques ont pu s'échapper et se fortifier à El-Alamein, où ils remporteront une victoire décisive quelques semaines plus tard.

En outre, la France a retrouvé son orgueil, et ce fait d'arme force l'admiration de tous : De Gaulle lui-même bien sûr, mais également Hitler, Mussolini et Rommel. Ce dernier refuse d'ailleurs d'obéir à l'ordre du Führer, qui voulait que l'on fusille les prisonniers français.

finipe, 01h34 :: :: :: [4 insultes scandaleuses]

26 Février 2009 ::

« Jamais sans ma claque »

:: Misanthropie

Comme vous le savez peut-être, un projet de révision du découpage administratif est actuellement à l'étude en France. En effet, depuis bien des années maintenant (on en parlait déjà sous De Gaulle), il apparaît que l'empilement administratif français est des plus inutilement complexes : commune, communauté de communes, canton, arrondissement, département, région et enfin Etat, quiconque a déjà eu à naviguer dans ce labyrinthe de l'inertie bureaucratique sait à quel point il est difficile de s'y retrouver. Chacun ses compétences, ses attributions, ses crédits, ses services, ses bâtiments, ses personnels, et finalement il devient souvent impossible d'y trouver avec certitude et surtout simplicité ce qu'on y cherche. Que les plus fervents défenseurs des institutions françaises ne s'y trompent pas, je ne suis pas encore en train de jeter la pierre au fonctionnariat en général et aux fonctionnaires territoriaux en particulier, car je soupçonne que ces derniers sont eux-mêmes souvent les propres victimes de ce méli-mélo technocratique.

Mais le présent propos n'est pas tant de juger du caractère opportun d'une telle réforme, plutôt que d'en constater les effets annexes les plus déplorables. C'est ainsi que, tandis que les idées font leur chemin dans les divers médias, les discussions et les commentaires, de nombreux mécontentements surgissent. Les régionnalismes de tout poil se réveillent et s'indignent avec une ardeur qui n'aura de cesse de me surprendre : il y a quelques mois déjà, alors qu'il était question de supprimer le numéro du département sur les plaques d'immatriculation des voitures, une première vague de révoltés avait fait parler d'elle. Ces individus, au rang desquels on compte 221 parlementaires de tout poil, ont fondé un collectif (terme très en vogue s'il en est en ces temps d'individualisme forcené) qu'ils ont plaisamment nommé « Jamais sans mon département » (j'en ris encore).

Les trois arguments principaux avancés par ce collectif pour justifier de la conservation des numéros de départements sur les plaques minéralogiques étaient les suivants (ne riez pas, c'est très sérieux) :

  • La fierté locale d'appartenir à un département donné, et de le proclamer aux autres depuis 1928

  • La possibilité de mieux connaître la géographie française

  • La possibilité de faire des rencontres amoureuses sur les aires d'autoroute pendant les vacances (non, non, je ne plaisante pas, c'est vrai)

Si pour ma part je ne conteste pas le second point — qui à mon sens est le seul à peu près recevable —, il faut bien avouer que le troisième frise le grotesque. Quant au premier, et c'est là que je veux en venir, il me laisse perplexe : en quoi appartenir au département administratif du Tarn-et-Garonne, de la Meuse ou de l'Eure-et-Loire pourrait-il bien faire l'objet d'une quelconque fierté ? Evidemment, nous avons tous nos petites blagues sur les résidents de tel ou tel département, mais pour autant, cela est-il suffisant pour constituer une appartenance d'ordre culturel ? Sur quelles bases réelles de culture et d'Histoire communes les excités de Seine-Saint-Denis se revendiquent-ils du « neuf-trois » ? Car si les départements existent depuis un peu plus de 200 ans, ils n'en demeurent pas moins souvent très peu reliés à l'Histoire locale, mais plutôt à la géographie. Et puis quoi, s'ils sont si fiers que cela de leur département, ils auraient pu tout simplement coller le numéro sur leur voiture, ça aurait fait marcher les vendeurs d'autocollants et autres stickers.


Vous noterez au passage combien ce collectif semble représenter notre avenir

L'on peut toutefois être admiratif de l'énergie déployée dans ce combat pour l'indispensable sauvegarde de nos chères plaques minéralogiques : ce stupide collectif a même réussi à transcender le clivage droite/gauche si cher à notre pays. Pis encore : on apprend, au détour d'un article, que le conseil général du Pas-de-Calais a dépensé 24000 euros d'argent public pour imprimer d'innombrables vignettes « 62, c'est nous ! ».

Mais ce n'est pas tout : maintenant que l'on parle de recomposer les régions françaises, en en supprimant quelques-unes pour en agrandir quelques autres, ce sont de nouveaux des invectives qui fusent de tous les bords : on a mal à son identité régionale, on souffre dans sa chair très très fort, alors qu'encore une fois, les régions sont de purs produits administratifs. La Bretagne, en tant que région, est-elle limitée à ses quatre départements, alors que des siècles d'Histoire tracent ses limites parfois jusqu'en Vendée ? Il apparaît que la coutume a beaucoup plus de sens et de force que toutes les appellations administratives et les collectifs du monde. Ainsi, lorsque l'on visite la France, on y trouve d'innombrables références au Quercy, Rouergue, Artois, Bourgogne, Languedoc, Dauphiné, Bourbonnais, Roussillon, Franche-Comté ou encore Béarn. Même la présentatrice météo parle encore de ces régions historiques. Par contre, il vient rarement à l'esprit des gens de mettre des écussons Pays-de-le-Loire, PACA ou Haute-Normandie sur leur voiture.

finipe, 23h50 :: :: :: [2 injures]

13 Février 2009 ::

« Ôde à la girafe »

:: En vrac

Une fois n'est pas costume, je vais céans non pas cracher une certaine haine de mon prochain, mais bien encenser sans mesure. Mais que mes plus fervents admirateurs (merci à vous deux) se rassurent, il ne s'agit pas d'un être humain, mais d'un animal. Gageons d'ailleurs que le titre du présent billet vous aura mis la puce à l'oreille. Si, si, petits canaillous, ne soyez pas modestes.

Je m'en vais donc ici dire à la face du monde la profonde affection que je ressens à l'égard des girafes, Giraffa camelopardalis. Mais, me direz-vous, pourquoi ce mammifère ongulé artiodactyle est-il nommé Giraffa camelopardalis ? Eh bien figurez-vous que les grecs étaient convaincus que ce grâcieux animal était issu d'un croisement entre un chameau et un léopard, d'où ce curieux camelopardalis. Notons au passage que bien d'autres animaux ont des noms issus de pareils croisements, improbables autant que faux : l'autruche (oiseau-chameau), le léopard (lion-panthère), le caméléon (lion-lézard) ou encore le zèbre (cheval-tigre). Mais trève de digression.

La girafe est donc connue depuis fort longtemps : son nom actuel viendrait de l'arabe zarâfa signifiant « douceur de vivre », « grâcieuse », ou même « charmante ». Si son nom évoque bien volontiers sa grâce et son élégance, il faut souligner que, dans le Physiologus (le bestiaire latin), la girafe est un animal hors-norme : c'est l'une des rares créatures à n'être pas ou très rarement associée à des propriétés morales, des qualités ou des défauts, à n'être pas moralisée par l'homme : sans utilité spécifique ni rôle attribué, on l'envisage comme une merveille lointaine et mystérieuse, une créature fabuleuse, qui échappe aux règles généralement admises pour le règne animal...


Le couple de girafes de l'Arche de Noé

Et de fait, la girafe est un animal surprenant à plus d'un titre : du haut de ses 5,5 mètres et ses 7 vertèbres cervicales de plus de 40 cm de longueur chacune, elle promène sa placide et élégante corpulence en marchant à l'amble[1], c'est à dire en avançant dans un premier temps les pattes avant et arrière gauches, puis dans un second temps les pattes avant et arrière droites, démarche peu courante qui lui confère cette allure noble. Ce cou si long qui fait tout son charme est d'ailleurs la source de bien des problèmes physiques à résoudre, et par conséquent de bien des avancées biologiques. Lorsque la girafe boit, son cerveau se trouve en dessous de son coeur, et la gravité voudrait que le sang ne puisse pas remonter le long du cou : pour parer à cet inconvénient, la girafe a inventé un ingénieux système de clapets anti-retour dans ses veines jugulaires, pour éviter que le sang lui retombe vers la tête. Plus que cela encore, ses proportions exceptionnelles font que la girafe est l'animal ayant la plus forte pression artérielle du monde (25/18), de quoi décimer une cohorte d'hypertendus. Son réseau sanguin est d'ailleurs si exceptionnellement bien conçu pour lutter contre la gravité que la NASA l'a copié pour concevoir les combinaisons anti gravité de ses astronautes. Et sans leur payer aucun droit.

Généralement rassemblées en troupeaux de taille variable et de composition changeante (les troupeaux se font et se défont, au gré des rencontres), les girafes n'ont pas de chef, et ne s'en entendent pas moins bien pour autant. Occupées à brouter paisiblement les feuilles d'acacias avec leur longue et puissante langue préhensile, elles ne font chier personne, et c'est bien pour ça que je les aime.

Longue vie aux girafes !



J'aime les girafes, et elles me le rendent bien (Zoo de la Boissière du Doré - 44)
Photo garantie sans trucage :)


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1. Parmi ceux des autres animaux qui marchant à l'amble, on peut citer notamment l'ours, l'okapi ou l'éléphant. Certains chevaux savent marcher à l'amble, et quelques rares races canines, mais dans ce cas, il leur faut un dressage spécifique.

finipe, 15h37 :: :: :: [10 provocations]