Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Je ronge mon
frein, ça fait
mal
Eh
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En vérité je vous le dis, l'envie assassine doucement l'art. Par là même, la piété filiale se distingue en courant vers le silence de l'existence
Confunius ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

1er Août 2006 ::

« Le Radeau de la Méduse »

:: Histoire contemporaine, 1816

Nous connaissons tous ce célébrissime et terrifiant tableau de Théodore Géricault, qui représente des naufragés hagards et dénudés, au bord de la folie, sur un radeau de fortune. Mais ce que l'on ignore bien souvent, c'est que ce tableau figure une véritable scène.


"Le Radeau de la Méduse", peint par Géricault en 1819

En 1816, peu après le désastre de Waterloo, c'est la restauration : Louis XVIII monte sur le trône de France. La "Méduse", frégate de trois mâts et fleuron de la flotte française, devait appareiller pour l'Amérique depuis Rochefort en emmenant Napoléon et sa famille. Mais ceci ne se fit jamais, les anglais étaient alors trop menaçant et contrôlaient trop bien les océans. Peu après, les britanniques restituent pourtant le Sénégal à la France. La Méduse est alors désignée pour mener vers l'Afrique le gouverneur de cette colonie, un certain colonel Schmaltz, accompagné de sa famille, et de quelques scientifiques et soldats.

En comptant l'équipage et les matelots, plus de 400 personnes sont à bord, lors de l'appareillage depuis Rochefort, le 17 juin 1816.

C'est le commandant Hugues Duroy de Chaumareys qui dirige l'expédition. Obtu, prétentieux, méprisant, totalement inexpérimenté (il n'a pas navigué depuis plus de vingt ans), Chaumareys laisse s'installer un lourd climat sur le navire, fait de suspicion, de colères et de mauvaise foi. Les officiers s'entendent très mal avec leur commandant, et finalement, après une invraisemblable série d'erreurs, et malgré les innombrables avertissements des matelots et des officiers expérimentés, la Méduse s'échoue à 160 km au large de la Mauritanie, sur le banc d'Arguin, le 2 juillet.

Des opérations de déséchouage sont tentées, mais en vain. Trois jours plus tard, l'abandon du navire est entamé : la Méduse ne possède que six canots, dans lesquels sont embarqués les 250 nantis et privilégiés (dont le gouverneur et Chaumareys), tandis que 150 matelots et passagers doivent prendre place sur un radeau de fortune, de 20 mètres par 10, avec très peu de vivres. Seize hommes sont laissés sur l'épave de la Méduse, par manque de place.

A peine le cortège s'ébranle-t-il que la corde reliant les canots au radeau est sectionnée intentionnellement, laissant les 150 passagers du radeau à une mort quasi certaine.

S'ensuivent alors 13 jours de pure horreur : dès la première nuit, 20 personnes se suicident ou sont jetées par dessus bord. La faim et la soif qui tenaillent chaque jour un peu plus, fait délirer les esprits les plus endurcis, et plusieurs fois des bagarres éclatent, avec leurs lots de victimes. Les gens se noient, s'accrochent les uns aux autres pour échapper à la tempête qui fait rage. Des marins s'enivrent et manquent de briser le radeau à coups de hache, poussés à la folie. Les cadavres et les vivants voués à une mort certaine sont jetés à la mer. D'autres cadavres sont conservés, et les naufragés pratiquent le cannibalisme pour survivre. Pour lutter contre la soif, certains boivent de l'eau de mer, d'autres leur propre urine. Les plus forts tuent les plus faibles, le radeau est en proie à la pire des barbaries.

Enfin, après ce cauchemar, le brick "l'Argus" récupère les rescapés : on n'en dénombre plus que 15, sur les 150 qu'ils étaient au départ... Quant aux 16 marins laissés sur l'épave de la "Méduse", on n'en retrouvera que 3 survivants à moitié fous, 52 jours plus tard.

Ce terrible épisode fut un véritable scandale politique : le rapport d'un officier rescapé du radeau, Henri Savigny, est publié, et tous s'émeuvent du sort des naufragés. Dans le même temps, Chaumareys est traîné dans la boue et l'on réclame justice : la France est obligée, à contrecoeur semble-t-il, de demander le retour du commandant pour avoir des explications. Chaumareys est dégradé devant un tribunal militaire, et condamné à trois ans de prison. Le ministre de la marine est contraint à la démission, accusé d'avoir privilégié les élites de l'Ancien Régime.

Toute sa vie, Chaumareys fut poursuivi par les insultes. Deux officiers survivants, Savigny et Corréard, publièrent un livre relatant cet épouvantable épisode, à la fin de l'année 1817. Enfin, Géricault acheva son oeuvre désormais la plus célèbre en 1819, après avoir longuement parlé aux rescapés.


NB : cette histoire a été portée à l'écran en 1998 par Iradj Azimi, avec notamment Jean Yanne dans le rôle du détestable commandant Chaumareys. Pas mal du tout !

finipe, 00h40 :: :: :: [5 méditations grotesques]

:: COMMENTAIRES

 hélène kaufmant, le 28/09/2010 à 18h24

hola!como se llama es Napoleon en espanola?

 finipe , le 28/09/2010 à 18h49

Su nombre es Napoleón ! Increible, no ?

 draleuq , le 29/09/2010 à 15h08

Hablas espanol muy bien, el leon. Truas mi culo ;-)

 benaddi, le 15/01/2012 à 20h34

voyez sur youtube la toile de jf galea ,le radeau de la
meduse!!!22995

 Hélène, le 13/10/2015 à 12h22

Erreur : Je n'ai JAMAIS écrit ces inepties et pourtant mon
nom figure dans un commentaire à la date du 28/09/2010.
Merci de bien vouloir l'effacer.

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