Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

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Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

7 Mars 2009 ::

« La bataille de Bir Hakeim »

:: Histoire contemporaine, 1942

J'ai souvent parlé ici-même des inusables défaites françaises tout au long de notre Histoire, notamment face aux anglais. Une fois n'est pas coutume, voici une bataille considérée comme un des plus glorieux faits d'armes de l'armée française, même pas inutile en plus (contrairement à Camerone).


L'Afrika Korps & la bataille du désert

En 1942, après la « drôle de guerre » et la débâcle française, le pays est occupé par les allemands depuis bientôt deux années. Mais tous les français n'ont pas abandonné l'idée de se battre : c'est ainsi que des résistants, des combattants des colonies françaises, des civils insoumis et des militaires de toutes origines (légionnaires de toutes nationalités, français, sénégalais, vietnamiens, syriens, libanais, indiens, maoris, malgaches...) se retrouvent entre autres à Bir Hakeim en mai 1942. Ce sont 3723 hommes en tout, formant une troupe hétéroclite au nom des Forces Françaises Libres, et dirigés par le général Pierre Koenig, qui occupent ce puits désaffecté au beau milieu du désert lybien. Au nord, Tobrouk, lieu hautement stratégique (c'est le seul port en haut profonde de la région), est péniblement tenu par les britanniques et s'apprête à faire l'objet d'un siège terrible de la part des troupes italo-germaniques.

C'est une offensive de grande envergure qu'ambitionne Erwin Rommel, le commandant en chef de l'Afrika Korps : il veut prendre le contrôle de toute la Cyrénaïque, puis pousser son avantage jusqu'au canal de Suez. Tout en fixant le gros des forces alliées sur la côte en attaquant de front, Rommel lance 5 divisions de chars vers le sud pour tenter de contourner puis encercler les troupes anglaises. Cette manoeuvre est d'ailleurs en bonne voie pour réussir, car le flanc sud des troupes britanniques est très faiblement défendu...


En rouge, l'offensive italo-germanique, et le contournement par le sud

Bir Hakeim, le grain de sable

Mais ces cinq divisions qui doivent couper en deux les lignes de défense britanniques vont tomber sur un os : Bir Hakeim. Bir Hakeim, c'est une piste et un ancien fortin turc, un vent brûlant et sableux balayant le sol caillouteux et nu, pas un relief pour s'abriter, aucun obstacle, une position défensive théoriquement intenable. Le 26 mai, Rommel lance l'offensive au nord, et inflige dès le départ de très lourdes pertes aux soldats britanniques, surpris par l'attaque. Quelques heures plus tard, le 27, c'est Bir Hakeim qui est attaqué. A l'issue d'une première journée de combats très âpres — charges des chars, infiltrations d'infanterie, tirs d'artillerie, champs de mines —, les troupes françaises ont infligé de lourdes pertes aux troupes italo-germaniques, qui ont cependant coupé toute communication entre Bir Hakeim et les positions arrières. S'ensuivent quelques jours de combats sporadiques et de sorties pour détruire des chars et stopper des incursions ; à partir du 1er juin, l'armée allemande est contrainte de détruire à tout prix ces hommes qui gênent considérablement son avancée.


Quelques images des combats pendant le siège

Un intense pilonnage d'obus frappe le camp retranché français, les Stukas font des dizaines de sorties, et, malgré un ultimatum allemand adressé aux français, le général Koenig refuse de se rendre. Des dizaines de milliers d'obus s'écrasent sur Bir Hakeim : les 6 et 7 juin, le camp est totalement encerclé, mais les français, terrés dans des redoutes, et malgré la soif qui commence à se faire sentir, parviennent toujours à contenir les incursions ennemies. Rommel lui-même est très impressionné par la résistance acharnée des français, véritable caillou dans sa chaussure, qui le contraint à stagner avec une armée importante, pendant que les forces britanniques se réorganisent à l'arrière.

Le 8, nouvelle offensive d'envergure : la Luftwaffe pilonne Bir Hakeim de plus belle. Les canons allemands sont approchés au maximum et effectuent des tirs tendus contre les fortifications françaises, mais sans réussir à faire la différence. Enfin, le général Koenig informe ses hommes qu'ils doivent tenir jusqu'au 10 : c'est ainsi que, quasiment à cours de munitions, ils supportent sans ployer de nouvelles offensives le 9 et le 10. Les allemands, écoeurés par la pugnacité de leurs adversaires, décident de remettre le coup de grâce au lendemain.

Evacuation in extremis & conséquences

Leur mission achevée, les français opèrent un repli pour rallier les troupes britanniques : détruisant le matériel trop encombrant, ils déminent péniblement un secteur pour se frayer un passage, et forcent l'encerclement allemand dans des combats difficiles, enlevant chaque nid de mitrailleuse à la grenade. Une ruée furieuse à travers les trois lignes de défense allemandes permet à la grande majorité des combattants de s'échapper de ce qui était promis à devenir leur tombeau à tous.


A gauche, le général Koenig, accompagné de ses officiers

Lorsque Rommel décide de lancer l'assaut final, il ne trouve qu'un camp plein de cadavres et de blessés graves : les français lui ont brûlé la politesse, l'Afrika Korps a perdu un temps précieux (14 jours) et quasiment tout son carburant. Là où les allemands ont perdu plus de 3000 hommes, les français ont eu à déplorer 500 morts, et à peu près autant de blessés et de disparus, malgré un sous-nombre écrasant ; pendant ce temps, les britanniques ont pu s'échapper et se fortifier à El-Alamein, où ils remporteront une victoire décisive quelques semaines plus tard.

En outre, la France a retrouvé son orgueil, et ce fait d'arme force l'admiration de tous : De Gaulle lui-même bien sûr, mais également Hitler, Mussolini et Rommel. Ce dernier refuse d'ailleurs d'obéir à l'ordre du Führer, qui voulait que l'on fusille les prisonniers français.

finipe, 01h34 :: :: :: [4 confessions honteuses]

:: COMMENTAIRES

 Thomas, le 01/04/2009 à 18h28

Ah Koenig et Bir Hakeim! Pendant que le monde se pignole sur les "succès" de Montgomery (après s'être fait botter le cul bataille par bataille) face à un Rommel largement affaibli...

 draleuq , le 08/05/2009 à 14h06

"Anniversaire : 8 mai 1902, Eruption et nuée ardente de la Montagne Pelée en Martinique, qui rase la ville de Saint-Pierre et ses 28 000 habitants".

... Rasés de près, oui ;o)

 draleuq , le 23/09/2009 à 18h48

Bon bah c'est mort ici.

Chez moi aussi remarque :)

 finipe , le 26/09/2009 à 00h33

Oui, c'est un fait, le courage me manque. Pas les sujets (j'en ai plein sous le coude), mais bon, faut rédiger, tout ça.

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