Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Bigre, je me
ronge
les sangs !
Ah
bon ?
En vérité je vous le dis, l'envie ignore silencieusement l'art. C'est pourquoi l'Histoire se distingue en atteignant le secret de l'existence
Jean-Sol Partre ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

14 Mars 2007 ::

« Marignan, un carnage célèbre »

:: Histoire moderne, 1515

Qui n'a jamais entendu parler de la bataille de Marignan en 1515 ? C'est sans doute la plus célèbre date de l'Histoire de France après 1789, largement utilisée, de Boule & Bill au Petit Nicolas... Voici donc encore une bonne occasion d'essayer d'en savoir un tout petit peu plus, morbleu !


Les rêves de conquête de François Ier

Le 1er janvier 1515, le roi Louis XII, le père du peuple comme on le surnommait, meurt. François Ier, son cousin, lui succède. Il est marié à la propre fille de feu Louis XII et d'Anne de Bretagne : Claude de France, duchesse de Bretagne[1]. A peine est-il monté sur le trône qu'il fait connaître ses prétentions sur le duché de Milan : son arrière grand mère, Valentine Visconti, était en effet duchesse de Milan, et c'est à ce titre que le jeune roi de France revendique ce territoire. Mais au-delà d'un simple duché, c'est toute l'Italie que souhaite conquérir François Ier, désireux de concrétiser le vieux rêve de ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII.


A gauche : François Ier en 1515
A droite : Claude de France et ses quatre filles (portrait posthume)

Ainsi, dès le printemps, François Ier rassemble une armée de près de 30.000 hommes, environ 2000 cavaliers, et une artillerie composée de 60 canons de bronze qui font la jalousie des armées adverses. Face à eux, une coalition est formée entre les milanais (menés par le duc Maximilien Sforza) et leurs alliés, parmi lesquels des troupes suisses redoutables, à la réputation d'invincibilité. Sachant les points de passage de la frontière franco-italienne fermement gardés, l'armée française emprunte le difficile col de l'Argentière et parvient près de Milan, dans la plaine du Pô. Une délégation suisse vient alors au devant de François Ier, et l'on parlemente. Un accord est signé le 8 septembre avec une partie des troupes suisses, qui s'engage à servir les français contre une somme faramineuse de 600.000 écus.

Cependant, les troupes milanaises et une autre partie des suisses s'avancent pour attaquer : la bataille est inéluctable.


La bataille

Le 13 septembre, le combat débute et s'avère immédiatement âpre et mortel : les français tiennent bon, mais la situation est délicate. Dans le tumulte des combats se distingue notamment le célèbre chevalier Bayard, qui, après que son cheval se soit emballé, parvient miraculeusement à échapper aux suisses. Après une journée entière de combats, l'issue demeure incertaine, et chacun tombe de fatigue : une courte trêve intervient pour la nuit. Au matin du 14 septembre, les combats reprennent, et les deux armées semblent encore de forces égales. C'est alors que, à la fin de la matinée, les troupes vénitiennes, alliées de François Ier, arrivent à la rescousse de l'armée française : le coeur de la bataille change et les suisses se replient finalement vers Milan, vaincus.

Lorsque les fumées se dissipent, c'est un véritable carnage que l'on découvre : entre 14.000 et 18.000 cadavres gisent sur le sol, dont une large majorité de milanais et de suisses.

Une victoire symbolique

Grâce à cette victoire, François Ier assied son règne avec autorité, et tire une grande gloire personnelle dans le royaume ; admiratif des hauts faits d'armes et des us chevaleresques de ses aïeux, François Ier est adoubé par le chevalier Bayard en personne, sur le champ de bataille.

Toutefois, jamais on n'avait vu pareille hécatombe depuis des centaines d'années. Outre les innombrables morts, François Ier a payé cher sa victoire en devant acheter la coopération d'une partie des suisses.

Le 29 novembre 1515, le traité de Fribourg est signé entre la France et la Suisse, assurant une « paix perpétuelle » entre les deux pays, paix qui — à ce jour — est toujours respectée.

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1. On connaît généralement Claude de France pour deux particularités. Tout d'abord, malgré un physique peu avantageux, elle était extrêmement pieuse et charitable, ce qui lui valait une très grande sympathie parmi le peuple français : on la surnommait la bonne reine. Puis, en son honneur, on a donné son nom à une race de prune verte venant d'un arbre importé d'Asie : la Reine Claude.

finipe, 23h36 :: :: :: [1 méditation grotesque]

:: COMMENTAIRES

 @Benobi94, le 18/05/2015 à 23h48

Dans quelques mois, nous fêterons les 500 ans (1000
lustres) de cette bataille en pleine exposition universelle.
Serait-ce un lieu à surveiller de prêt au cas où de
nostalgiques descendants de chevaliers souhaiteraient
agir :-?

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