Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Il faut essayer d'obliger tout le monde
C'est pas faux
Parfois, Dieu noie joyeusement l'art, tant et si bien que la mort s'enfuit, se précipitant vers l'extase de l'indifférence
Jean-Sol Partre ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

4 Juin 2007 ::

« Théorie du chaos »

:: Misanthropie

Une crevette passerait paisiblement sur les fonds blancs de la mer des Caraïbes, en quête de quelque nourriture. Attirée par l'engageant aspect d'un débris végétal qui flotterait nonchalamment, elle se jetterait dessus pour n'en faire qu'une bouchée ; malheureusement, le morceau de plante ne serait pas très frais, et la crevette attraperait une vilaine bactérie. Affaiblie, piteuse, elle ferait alors une proie idéale pour une carangue en vadrouille. La carangue à son tour connaîtrait ainsi les affres de la malebouffe, et après une courte agonie et quelques milles marins parcourus en zig-zag, elle mourrait paisiblement au large des Antilles, avant de couler à pic pour reposer au fond d'une épave qui se trouverait là.

Attiré par l'odeur de la charogne, un requin pointe noire de passage profiterait de l'aubaine : fondant sur la carangue pour en faire son goûter, il surprendrait alors un plongeur inexpérimenté qui visiterait l'épave. Effrayé par le rutilant squale, le plongeur s'enfuierait à toutes palmes, en lâchant sa torche électrique, plus préoccupé par sa survie que par son matériel. La torche viendrait alors se briser sur le rebord du bastingage colonisé par la rouille, et laisserait échapper dans l'océan plusieurs petits morceaux de plastique.

Un de ces insignifiants morceaux de plastique, voguant au gré des courants, finirait ainsi par être pris par le majestueux Gulf-stream, et parcourerait des milliers de kilomètres ! Traversant l'Atlantique nord, longeant les côtes irlandaises, puis islandaises, il serait alors avalé par un lançon myope qui l'aurait pris pour une proie (le lançon n'aurait pas eu le temps de renouveler son ordonnance chez l'ophtalmo). Mais ledit lançon n'aurait de toute façon guère le temps de se lamenter sur sa vue déplorable, car une baleine à bosse en voyage d'affaire l'aperçevrait peu de temps après, et décidérait de s'en faire un casse-croûte. Un coup de nageoire, et hop ! Le lançon serait gobé tout rond avec plusieurs de ses congénères. Malheureusement pour la baleine à bosse, le petit morceau de plastique lui provoquerait de bien désagréables brûlures d'estomac : indisposé, agité, le cétacé créerait alors d'importants remous en tentant de se défaire de ce pénible petit corps étranger.

Le clapotis des 40 tonnes de la baleine aurait alors pour curieuse et inattendue conséquence de perturber un sous-marin américain qui croiserait dans les parages : balloté, agité, le sous-marin tanguerait un court instant, suffisamment pour faire trébucher un mécanicien qui se trouverait à l'intérieur. L'infortuné mécano, surpris, se cognerait sur une rembarde, et lâcherait la clef de 12 qu'il aurait eue à la main. Le lourd outil tomberait vers la passerelle inférieure, sur le pied d'un autre matelot qui se trouverait là : la douleur arracherait un hurlement à l'homme, qui, emporté par un réflexe souvent idiot, sauterait dans tous les sens en se tenant les orteils. Dans sa danse de Saint Guy, le blessé maladroit se cognerait par mégarde à une manette de contrôle, chassant une torpille dans l'océan.

La torpille finirait par couler dans les profondeurs marines, pour aboutir dans les abysses, où elle tomberait en plein milieu d'une bouche volcanique du rift océanique. La chaleur et la pression feraient exploser la torpille, qui romprait un petit morceau de plaque tectonique, qui lui-même en romprait un plus gros, créant un tremblement de terre qui secouerait les fonds marins. L'onde de choc sismique ainsi créée provoquerait un tsunami localisé en surface, qui se propagerait à très grande vitesse, et s'abatterait sur la côte Atlantique : la vague géante raserait purement et simplement la plage de La Baule, et noierait tous ces chieurs qui s'entassent par milliers sur quelques mètres carrés de sable, et qui provoquent des bouchons gigantesques le dimanche, au retour du week end.

J'aurais de cette façon ENFIN la paix lorsque je rentre en voiture de chez ma famille jusque chez moi.



Note : Recherche crevette des Caraïbes motivée, pour travail bien rémunéré et épanouissant. Pour toute proposition, me contacter.

finipe, 23h42 :: :: :: [6 divagations]

:: COMMENTAIRES

 draleuq , le 04/06/2007 à 23h48

mouah ah ah
et ton frère serait mort. paix à son âme.

 finipe , le 04/06/2007 à 23h49

Mais non, le tsunami serait localisé sur La Baule :)

 draleuq , le 04/06/2007 à 23h51

pet à son âme alors ;)

 Silgu, le 05/06/2007 à 16h38

Sinon il y a une autre manière moins hasardeuse : le napalm. C'est ludique, et permet de ne pas compter sur ces foutues crevettes qui, on le sait, ne sont pas fiables pour un clou. D'aucun diront que je suis un peu trop extrémiste. A ceux-ci je répondrais que non, je suis juste serviable^^

 Castelroussine, le 17/06/2007 à 12h38

Eh, faut que t'arrêtes le Commandant Cousteau, Ushuaïa et Planète !

 finipe , le 19/06/2007 à 01h36

Ouais t'as vu, je commence à être calé en poiscailles et autres trucs de la mer :D

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