Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

On a souvent besoin d'un plus petit que soi
Hips !
Burp...
De plus en plus, l'on escalade atrocement la religion, de sorte que l'amitié se délite en courant vers le secret des sens
Ploton ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

19 Février 2011 ::

« C'est grave docteur ? - 2ème partie »

:: Baratin

Ce billet fait partie d'une série qui en comporte quatre :

1. C'est grave docteur ? - 1ère partie
2. C'est grave docteur ? - 2ème partie
3. C'est grave docteur ? - 3ème partie
4. C'est grave docteur ? - 4ème partie


S’il vous plait, Madame l’infirmière,
Donnez-moi un peu d’espoir !
Moi j’ai si peur dans le noir !
(et euh… j’ai oublié la suite)

Elmer Food Beat


Un cas d’école

- Mmmmmh, je vois, je vois, vive douleur à la palpation au niveau de la fosse iliaque droite, démarche penchée en avant vers la droite. C’est une appendicite que vous avez … Et un cas d’école !
- Déformation professionnelle, sans aucun doute. Ma vocation est telle que même mes maladies sont des cas d’école.
- Bon, on va vous garder ce soir, et je vous opère demain matin.
- Qu’est ce que vous allez me faire exactement ?[1]
- Oula !
- Vous n’allez quand même pas me couper la jambe ?
- Avec la gangrène, c’est tout à fait possible.
- Noooooon, pitiééééé ! Ne me coupez pas la jambe ! Je préfère encore mourir !
- Oh, rassurez-vous, l’un n’empêche pas l’autre…

Ainsi me voilà cloué dans un nouveau lit. Une fois perfusé aux antibiotiques (dans ce cas précis, c’est automatique !) et aux calmants, Morphée a pitié de moi et m’accueille enfin dans son giron.

Complot chirurgical

Ainsi donc, après une nuit plutôt moyenne, me voilà, je n’irai pas jusqu’à dire frais et dispos, mais prêt à passer sur le billard.

Alors que le brancardier me pousse vers le bloc, je ne peux m’empêcher de songer à cette très vieille histoire du chirurgien bourré qui doit opérer son patient d’une appendicite et dont le scalpel dérape et coupe un de ses testicules, erreur fâcheuse qu’il répare comme il peut en remplaçant l’attribut par une petite pomme de terre, d’où l’étonnement du patient durant sa visite post opératoire : « je comprends pas, avant j’avais des morpions, maintenant j’ai des doryphores ».
Me voilà sur la table.

- « Bonjour Mr Draleuq ! » dit l’infirmière chef de bloc avec un grand sourire.
Je la scrute : sont-ce les manières très pro dans cette clinique qui obligent les infirmières chef de bloc à appeler tous les patients par leur nom ? Ou alors connais-je cette brave dame ? Et si oui, d’où la connais-je ?
- Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis Madame Truc, vous savez, la maman d’Alice Truc.
Et là d’un seul coup, je comprends. Oui, LA Alice Truc, l’élève fille de Madame Truc, infirmière chef de bloc, et de Monsieur Truc, PDG de la firme Truc.
La Alice Truc que j’ai prise de nombreuses fois à attendre ses parents pendant une demi-heure et plus, à la sortie de l’école, non loin des clochards, fait que j’ai signalé par courrier à ses parents qui l’ont très mal pris, me répondant qu’il était inqualifiable pour un directeur d’école de laisser entendre qu’ils s’occupaient mal de leur fille, me demandant si je ne voulais pas aussi appeler la DDASS, tant que j’y étais. Parce que voyez-vous, Monsieur et Madame Truc ne voulaient pas payer la garde périscolaire, vu que c’est calculé au quotient familial, ça leur faisait trop cher.

Alors que je sombrais dans la nuit anesthésique, je vis le large sourire de Madame Truc se muer en rictus sarcastique, et je crus la distinguer en train de faire claquer ses gants chirurgicaux sur ses mains avant de les frotter l’une contre l’autre.
Je voulus crier : « Au secours ! Elle va me tuer ! », mais en vain, aucun son ne sortit de ma bouche.
Puis plus rien.

Les petites infirmières

Lorsque j’émergeai du coltard, je m’assurai aussitôt d’être entier et de ne trouver aucun doryphore. A priori, tout allait bien. Je ne savais pas ce que Madame Truc m’avait fait, mais j’y avais survécu.

Une bizarre tuyauterie raccordée à une sorte de réservoir en plastique sortait de mon ventre.
- C’est quoi ça ? dis-je au chirurgien lorsqu’il vint me voir
- C’est un drain. On va vous le laisser quelques jours le temps que toutes les saletés sortent.
- Un drain ? Mais alors, j’avais une PERITONITE !
- Hola hola, tout de suite les grands mots ! Disons juste que c’était une appendicite bien avancée ! Mais rassurez-vous, le pronostic vital n’est pas engagé ! Et puis voyez le bon côté des choses, vous allez être très bien ici avec toutes ces femmes à s’occuper de vous ! (clins d’œil)
- Eh oh ! Si tu veux ma place, prends mon handicap !

Parlons-en des petites infirmières. Pour commencer, il est notoire qu’elles ne sont pas toutes petites. Il y en a même qui sont plutôt grandes. Il y a un point en tous cas sur lequel leur réputation n’est pas galvaudée : elles sont vraiment charmantes, souriantes, et à vos petits soins. Sauf quand vous êtes lourdingue bien évidemment, mais il se trouve que je suis d’ordinaire plutôt bon malade. Gamin, même avec une grippe carabinée, je voulais me lever. Et quand j’avais fait une méningite virale, j’en avais marre de l’urinal et j’avais voulu me lever pour aller aux lieux d’aisance. A presque 42 de fièvre, j’avais pas été loin, et une infirmière m’avait ramassé par terre.

Du coup, parfaitement installé, régulièrement visité, et shooté comme il se doit par moulte pharmacopée intraveineuse, je devisais et déconnais gaiement avec ces charmantes infirmières. L’une d’elle, stagiaire, me prit tout particulièrement en sympathie, ce qui allait me coûter cher par la suite, comme vous le verrez.

Copyrat draleuq 2007
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1. On peut encore une fois douter de l’authenticité de la conversation à partir de ce point. J’avais de plus en plus de fièvre.

draleuq, 19h54 :: :: :: [0 poignant panégyrique]

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