Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

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Caporal de Bol ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

9 Octobre 2007 ::

« Les poisons de la marquise de Brinvilliers - 2ème partie »

:: Histoire moderne, 1676

Ce billet fait partie d'un sujet composé de deux parties :

1. Les poisons de la marquise de Brinvilliers - 1ère partie
2. Les poisons de la marquise de Brinvilliers - 2ème partie



Une longue cavale

Après la mort de Gaudin de Sainte-Croix, la police vient fouiller son domicile, mais le laquais de la marquise, un nommé La Chaussée, vient pour s'opposer à la mise sous scellés des lieux, en prétendant que feu le chevalier de Sainte-Croix lui devait 100 pistoles. On le soupçonne rapidement, et on l'arrête. Entre temps, chez Sainte-Croix, on découvre le curieux coffret scellé : à l'intérieur, on y trouve des lettres d'amour de la marquise, des fioles de décoctions d'arsenic[1], et la fameuse lettre de Sainte-Croix. Acculée, Marie Madeleine tente de soudoyer quelques personnes pour étouffer l'affaire, mais il est trop tard, et, en août 1672, elle s'enfuit vers Londres pour échapper à la justice.

La Chaussée, quant à lui, est torturé, et avoue rapidement sa complicité : plus tard, son domicile est fouillé, et l'on y trouve notamment quantité de poisons. Après un procès rapide, il est exécuté en mars 1673. Cette même justice condamne la marquise par contumace peu de temps après, mais a pourtant à coeur de la punir en chair et en os : c'est ainsi que le roi Louis XIV en personne charge le fameux lieutenant de police Nicolas de la Reynie de retrouver l'empoisonneuse en cavale. Cette poursuite durera près de trois ans : Marie Madeleine se cache tout d'abord à Londres, puis elle quitte l'Angleterre pour gagner les Pays Bas, où elle passe quelques temps à errer au gré des refuges. Elle se terre ensuite en picardie, puis atterrit dans un couvent à Liège.


La Marquise de Brinvilliers
(gravure, XIXème siècle)

C'est en mars 1675 que sa cavale se termine : un rusé officier de police français, déguisé en ecclésiastique amoureux, soustrait la marquise de Brinvilliers à son refuge, et la ramène vers Paris. En chemin, elle tente successivement de soudoyer les gardes, d'en appeler à des amis, et même de se suicider à plusieurs reprises, mais rien n'y fait. Elle est finalement jetée dans une cellule de la Conciergerie.

Le procès & l'exécution

Le procès débute l'année suivante, le 29 avril 1676 : pendant plus d'une vingtaine d'audiences, la marquise de Brinvilliers nie toutes les accusations en bloc. Son avocat tente en vain de la défendre, et elle est finalement condamnée à mort le 16 juillet. C'est alors qu'on désigne un prêtre docteur en médecine, nommé Pirot, pour lui servir de confesseur : Marie Madeleine craque finalement, et, pour obtenir la rémission de ses péchés, avoue tous ses crimes avec une piété confondante ! Pirot, subjugué, avoue qu'il croit avoir en face de lui une « sainte », et qu'il prendrait sa place s'il le pouvait[2]...

Vient ensuite la terrible Question : on la torture, on la tiraille, on la maltraite, on lui fait avaler de force des dizaines de litres d'eau... Elle endure toutes ces épreuves avec un stoïcisme désarmant. Puis, elle est conduite à l'échafaud, vêtue de la simple robe des condamnés : sur le parvis de Notre-Dame, elle fait acte de contrition, et subjugue le peuple amassé là pour se délecter du spectacle de l'exécution. Le bourreau, prévenant, dissimule à la vue de la marquise l'arme qui va lui ôter la vie, et s'applique tout particulièrement : la tête de Marie Madeleine, marquise de Brinvilliers, roule au sol en seul coup[3]. Son corps est enfin brûlé, puis ses restes jetés dans la Seine.


La marquise subissant la Question, puis faisant
acte de contrition sur le parvis de Notre Dame

Plus tard, à partir des faits établis et des aveux de la marquise, le lieutenant La Reynie établira l'existence de tout un réseau criminel, pratiquant empoisonnements, maléfices, avortements et rites hérétiques en tout genre : cette « Affaire des poisons », ainsi qu'on la nommera, secouera Paris jusqu'en 1680, en impliquant de très hauts personnages de l'Etat, et en particulier la Marquise de Montespan, maîtresse de Louis XIV.


Note : un chapitre des « Crimes célèbres » d'Alexandre Dumas est consacré à la marquise de Brinvilliers. Je ne peux que suggérer de le lire, le bougre fait un bien meilleur narrateur que moi ! Madame de Sévigné a également consacré tout un récit sur les détails de cette sordide histoire.

_________________________________
1. Breuvage qu'on surnommait fort complaisamment « poudre de succession ».

2. Edmond Pirot fut tellement subjugué qu'il fit le récit en deux volumes des derniers jours de la marquise de Brinvilliers...

3. Gageons donc que ce bourreau n'était pas de la même trempe que celui qui exécuta — massacra, devrais-je dire — le comte de Chalais, 50 ans auparavant.

finipe, 00h07 :: :: :: [4 soupirs de satisfaction]

:: COMMENTAIRES

 hélène larrivé , le 29/09/2011 à 02h36

µ

 draleuq , le 29/09/2011 à 09h37

Mmmmh... Ce commentaire me laisse perplexe.

 Brath-z , le 29/09/2011 à 11h14

J'ajouterai même : η

 Brath-z , le 29/09/2011 à 11h14

Et merde, ce blog ne gère pas les signes spéciaux...

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