Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Comme disait Joffre, je les grignote !
C'est pas faux
Malheureusement, l'envie ignore affreusement le règne animal, de sorte que la justice se distingue, se précipitant vers l'enfer de l'imagination
La Piscine ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

21 Août 2010 ::

« Parents on se fout de votre gueule ! - 6 : conclusion »

:: Professorat



Courir après le temps

Long et douloureux a été cet exposé, et il faut aujourd’hui se résoudre à y mettre fin, tout en sachant que ce ne sera que la fin de l’exposé, mais pas la fin de cette réforme inique et de tout son cortège de catastrophes pédagogiques.
Cela, nous sommes encore en plein dedans, et nous nous attendons à y être encore pour une longue, longue nuit obscure.

Comme je l’ai déjà dit, des réformes, j’en ai déjà connues quelques unes, mais jamais une d’entre elles n’avait jeté un tel désarroi sur la profession dans son entier, et par extension hélas, sur toutes les équipes de bons petits soldats de première ligne qui essaient de faire leur devoir, à l’avant, « tout en bas » de l’échelle, au contact… de vos enfants.

Impression désagréable de courir après le temps, d’avoir toujours un temps de retard, d’être sans cesse dans l’urgence, de sacrifier ceci, et cela, et encore cela, de faire toujours plus de coupes franches, pour finir par avoir toujours la même impression de décalage entre la réalité de ces gamins qui viennent à l’école, et ce qu’on est sensé devoir leur apprendre, leur faire faire.

Faire « parler les chiffres »

Comment mesurer l’ampleur du carnage ? Hélas, on peut compter sur les pros de la comm’ que sont les marionnettistes de tout ce foutoir pour retomber sur leurs pattes, à l’instar des chats, et trouver le moyen de nous soutenir mordicus que la réforme a bien atteint ses objectifs et a « divisé par trois en 5 ans le nombre d’élèves sortant de l’école primaire avec de graves difficultés, et divisé par 2 le nombre d’élèves ayant pris un an de retard dans leur scolarité »

En tous cas, ce n’est pas avec les évaluations nationales de CM2 qu’ils y arriveront. Encore une chose qui a semé la consternation la plus totale parmi nous : faire passer un protocole d’évaluation du cycle 3 (CE2-CM1-CM2) au mois de janvier du CM2 ! Imaginez, c’est comme si on décrétait que les lycéens allaient passer le bac en milieu de terminale, ou que les étudiants allaient passer leur licence au milieu de leur dernière année !
Mais à part ça, non non, on ne marche pas sur la tête !

Alors comment vont-ils faire, hein ? Comment vont faire ces as de la propagande pour nous expliquer combien la Réforme Darcos était nécessaire et salvatrice ? Comment vont-ils nous prouver qu’elle a rien moins que sauvé la jeunesse de France en danger, quand viendra l’heure du bilan pour notre Sarko national ?
Eh bien en commandant des enquêtes bidon, par exemple. En s’appuyant sur les rouages du système pour faire dire aux chiffres ce qu’on a envie de leur faire dire. Et ça tombe bien, j’ai déjà un exemple à l’appui, une de ces enquêtes bidon commandées par la hiérarchie que j’ai dû remplir pas plus tard qu’en juin dernier :
La dite enquête nous demandait de recenser les PPRE (Programmes Personnalisés de Réussite Educative) qui étaient en œuvre dans l’école. Le dit PPRE est une sorte de projet qu’on construit avec et pour un élève en difficulté, et qui normalement associe l’école, l’élève, la famille et les acteurs périscolaires. Vœu pieux bien entendu dans la plupart des cas, puisque les gamins qui ont besoin d’un PPRE sont bien souvent ceux pour lesquels il n’y a aucun suivi familial (ni aucune envie familiale d’améliorer le suivi), et donc aucune activité périscolaire.
Comme la rédaction du PPRE était fastidieuse, qu’elle retombait bien entendu sur l’enseignant (et le dirlo bien sûr) pour des résultats tout à fait inexistants, nous avons souvent renoncé à les rédiger, partant du fait que ces élèves nous demandent déjà plus de travail de préparation, de correction, de soutien, de demandes d’aide. Qu’à cela ne tienne, le Ministère a décrété que « tout redoublement devrait obligatoirement s’accompagner d’un PPRE », pour forcer les enseignants à faire des PPRE. Résultat des courses : à quelques exceptions près, seuls les redoublants ont un PPRE dans les écoles.
Et voilà où je veux en venir : dans cette fameuse enquête de juin, on me demandait de recenser, parmi tous les élèves qui avaient un PPRE, ceux qui avaient redoublé à la fin de l’année. Résultat : aucun, bien entendu. Tous sont passés, puisque tous les élèves ayant un PPRE en avaient un parce qu’ils étaient déjà redoublants et qu’ils ne peuvent pas légalement redoubler une seconde fois durant leur scolarité élémentaire. Et ce que ce recensement se proposait de mesurer, qui était d’ailleurs écrit sans complexe en gras, en titre du tableau, eh bien c’était « l’efficacité du PPRE en matière de lutte contre le redoublement ». Ouarf, ouarf. Ce serait drôle, non ? Si ce n’était pas aussi grave !
Toujours est-il que du coup, dans mon école, nos PPRE sont 100 % efficaces contre les redoublements. Si si, le recensement est formel ! Allez, soyez pas jaloux.

L’objectif, vaille que vaille

Autre technique pour arriver à ces objectifs chiffrés, aussi absurdes, si ce n’est plus, qu’assurer N milliers d’expulsions d’immigrés sans papiers par an : faire savoir aux parents que « le redoublement c’est nul, faut pas y aller ». Discrètement quand même, pour ne pas trop fâcher ces attardés de profs fainéants qui ne veulent pas trop se coltiner en CE2, par exemple, un gamin qui ne sait toujours pas lire en fin de CE1. Mais suffisamment clairement pour qu’un nombre croissant de parents refuse le redoublement proposé, sachant qu’en cas de commission d’appel, en tous cas au niveau du primaire, c’est dans 95% des cas la décision de la famille qui prévaut, et que beaucoup d’enseignants, dont je suis, ne proposent par conséquent le redoublement qu’avec le plein consentement de la famille pour ne pas s’exposer à un désaveu de leur hiérarchie après avoir passé des heures à rassembler des pièces attestant du niveau insuffisant de l’élève.
Petite illustration, toujours dans la FAQ du fameux guide-qui-prend-habilement-les-parents-pour-des-cons-tout-en-faisant-semblant-de-leur-donner-de-l’importance :

p.94 Que se passera-t-il si mon enfant a une mauvaise évaluation en fin de cycle ? Sera-t-il forcé de redoubler ?
Il n’y a rien de changé dans la manière dont les enseignants peuvent être amenés à proposer aux parents un redoublement en cas de difficultés graves rencontrées par un élève. Toutefois, l’objectif de la nouvelle organisation de l’école primaire est justement de diminuer de façon importante le nombre de redoublements. Dorénavant, quand un élève est en difficulté, il pourra bénéficier de deux heures supplémentaires par semaine en petits groupes pour rattraper son retard. Des stages de remise à niveau pendant les congés scolaires pourront également lui être proposés en CM1 et CM2. Des élèves avec des difficultés reconnues plus tôt et disposant d’un enseignement supplémentaire adapté seront moins souvent exposés à un redoublement dont l’efficacité est loin d’être prouvée.


Message à la niquedouille qui a écrit ces blasphèmes : la difficulté est déjà reconnue très tôt. Bien souvent dès l’école maternelle.
Quant à l’efficacité de la méthode consistant à faire passer en 6ème un élève qui sait à peine lire, elle est également loin d’être prouvée.

La trahison

Par ce passage de deux ans dans notre ministère chéri, Darcos laissera sans aucun doute une empreinte indélébile. La haine qu’il a cristallisée éclipse déjà nettement celle de Claude Allègre et de son mammouth à dégraisser.
Les enseignants, qui collectivement ne sont pas plus (ni moins) malins que les garagistes, les cultivateurs ou les experts comptables, ne rêvons pas, cloueraient volontiers cet ex-collègue au pilori s’ils en avaient les moyens.
Une illustration suffira, ce petit scan d’un journal de Dordogne, le pays natal de notre bon Xavier. Rares sont, je pense, les enseignants qui ne l’ont pas reçu au moins une fois dans leur impitoyable boîte e-mail.


Je ne m’étendrai pas sur le contenu, tout en précisant que si c’est vrai, c’est quand même grave qu’un mec qui a fait un truc pareil puisse se retrouver un jour Ministre de l’Education Nationale. Mais je m’étonne en revanche que, vu le goût immodéré de nos chers journalistes pour brasser la merde, ce détail n’ait pas été médiatisé au niveau national.

On a déjà vu que Darcos faisait partie des pontes qui ont pondu les programmes 2005, dits « Ferry Lang », aux antipodes pédagogiques des indigents programmes dits « Darcos » de 2008. On a déjà vu qu’il avait été clairement accusé de reniement par son ex-patron.
S’il est besoin d’une autre preuve de ce reniement, j’ai eu l’occasion de lire un document intitulé « Rapport à Monsieur Nicolas SARKOZY et propositions sur la situation morale et matérielle des professeurs en France ». Il date du 10 mars 2006. Il était donc destiné au candidat Sarkozy à la présidentielle de 2007. En voici deux extraits significatifs :

"L'école ne se refondera pas par la nostalgie et le retour aux blouses grises." (p.5)

"Le succès dans les classes dépend pour l'essentiel des professeurs. Il est important pour chacun d'entre eux, pour les organisations syndicales et pour la société de savoir trouver les chemins d'un dialogue social plus pragmatique, susceptible de mieux reconnaître leur travail. C'est l'objectif de tout dialogue social. Tous les sujets ne peuvent pas trouver leur solution au niveau central. Il n'est pas légitime d'en référer constamment à de pseudo consultations dont les résultats, connus par avance, visent essentiellement à imposer des conceptions idéologiques sans rapport avec la réalité du terrain. Si le succès dans les classes dépend, pour l'essentiel, des professeurs, il est important pour chacun d'eux, comme pour leurs organisations syndicales, de trouver les chemins d'un véritable dialogue social, respectueux de la liberté pédagogique. Il n'est plus concevable d'enfermer les enseignants dans le carcan de décisions imposées d'en haut, c'est pourquoi les négociations à venir devront s'inscrire dans le cadre d'une volonté de transparence et le respect de tous les acteurs du système éducatif." (p.27)


J’ajoute que ce rapport, même si ne suis pas d’accord avec sa totalité, met en évidence bien des choses tout à fait sensées, que je ne développerai pas parce qu’elles sont hors-sujet, et propose également des solutions qui sont loin d’être toutes pourries, mais dont pratiquement aucune n’a été appliquée à ce jour (à vrai dire, la seule préconisation du rapport appliquée à ce jour est le « pass culture » permettant un accès gratuit pour les profs dans les musées nationaux et les bibliothèques pédagogiques). C’est en cela que je disais tout au début de cet exposé que j’étais a priori loin d’être en désaccord avec toutes les prises de position de Darcos.

C’est la raison pour laquelle, malgré tout ce qu’il a pu en dire, je reste convaincu qu’au fond de lui, Darcos ne cautionne pas, et même jusqu’à aujourd’hui, une bonne partie de la gigantesque pagaille que ses réformes ont semée. Il en a d’ailleurs fait un début d’aveu, à mots à peine couverts, alors que le remaniement s’approchait à grands pas :

« Des fous qui cherchent des alliés », c’est ainsi que Xavier Darcos qualifie certains universitaires en grève depuis des semaines pour des revendications « auxquelles je ne comprends rien », ajoute le ministre. « Je ne sais même pas ce qu’ils veulent. Ces gens-là creusent leur tombe. A la Sorbonne, les inscriptions sont en chute de 20 %. On leur offre l’autonomie, on les couvre de milliards… Pour une minorité, c’est une vraie névrose autodestructrice. Je serais prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent. Mais, dans le supérieur, plus je plonge dans le dossier, moins j’arrive à comprendre. » (Ouest-France, 6 mai 2009)

Mais pour moi, cela ne l’excuse en rien, bien au contraire. S’il ne cautionnait pas, il n’avait qu’à démissionner, plutôt que de contribuer à foutre en l’air durablement la cause de l’éducation des enfants qu’il a toujours dit servir avec zèle.
Dark Vador était le pantin de l’Empereur Galactique, avant de se retourner finalement contre lui. Dans notre (triste) version, Darkos Vador ne trahira pas l’Empereur, il reniera même tout ce qu’il a fait, dit, été par le passé pour Lui plaire.
Je préférais vraiment la version de George Lucas.

Bouh ouh ouh ouh…

Eh bien Xav’, pourquoi tu pleures ? Allez, j’ai 47 secondes entre ma conférence de presse et mon avion pour le G20, je te les accorde, Grand Prince que je suis. Raconte tes misères à Tonton Niko.

Je me suis renié, j’ai foutu une merde noire, le système éducatif est plombé par ma faute. Je laisserai le souvenir du MEN le plus calamiteux de tous les temps !

Chez les profs peut-être, mais qui s’intéresse à l’avis de ces emplâtrés de gauchos fanatiques ? Ce sont les autres qui comptent, et comme d’hab, ils ne se sont rendus compte de rien tous ces cons ! Au contraire, pour eux tu resteras comme celui qui leur a donné des week end complets, comme celui qui a proposé du soutien scolaire pour leurs gamins dégénérés, comme le pourfendeur du redouté redoublement ! Les programmes, qui s’en soucie ? C’est trop abstrait ! Tu es un héros, Xav’ ! Et moi, je suis le Dieu qui a fait de toi un héros, ah ah, prosterne-toi ! Tu as fait du bon travail, du très bon travail !... D’ailleurs, à ce propos, c’est bientôt le remaniement, et je pense que tu seras d’accord avec moi sur le fait qu’il y a de l’usure là, donc faut que je te change. Et comme tu as fait du si bon TRAVAIL, j’ai décidé de t’offrir le Ministère du Travail ! Ah ah ! Tu as vu ça comment je suis spirituel ! Si occupé, et encore le temps de faire de l’esprit, vraiment je m’étonne un peu plus chaque jour… Allez, je te laisse, j’ai ma rupture sur le feu, là…

(la porte claque, laissant Xav’ seul avec ses démons)

Ministre du Travail… C’est cohérent après tout. Comme ça je m’occuperai des chômeurs que ma Réforme de l’école aura produits.

Copyrat draleuq 2009

draleuq, 11h09 :: :: :: [1 observation emphatique]

:: COMMENTAIRES

 fleurdepat , le 17/11/2010 à 18h53

Désolée, je n'ai pas encore pris le temps de lire les six parties sur le "foutage de gueule" mais j'ai pensé que cet article est très édifiant pour le directeur d'école et même pour les parents:

"
ERS : rats (cailles ? ) des villes chez rats (cistes ? ) des champs
Par Zineb Dryef | Rue89 | 17/11/2010 | 13H29

C'est la version sécuritaire de la fable du rat des villes et du rat des champs. Les établissements de réinsertion scolaire (ERS), voulus par Nicolas Sarkozy au printemps, sont déjà en proie à de grandes tensions.

A Craon (Mayenne), Portbail (Manche) et à Saint-Dalmas-de-Tende (Alpes-Maritimes), des incidents ont opposé des élèves venus de Seine-Saint-Denis aux enseignants, collégiens et habitants des villages accueillant les ERS.

A Saint-Dalmas-de-Tende où l'ERS accueille quinze pensionnaires, la situation est « tendue », selon un éducateur francilien :

« C'est un projet pas préparé. Il y a eu des vols, des bagarres, des intimidations. Les gens sont remontés contre les gamins. On ne sait pas comment ça peut finir. »

Le rectorat de Nice ne souhaite pas communiquer mais ne dément pas. En octobre, une bagarre entre deux filles (l'une en cursus classique) au collège Jean-Baptiste-Rusca s'était soldée par le renvoi de l'une d'elles.

A Portbail, c'est l'ensemble des huit pensionnaires qui ont été renvoyés le 14 novembre, six jours après leur arrivée dans la Manche suite à une altercation. Deux pour s'être violemment affrontés avec leurs éducateurs. Les six autres, mineurs, pour s'en être pris au patron de bar qui aurait refusé de leur vendre des cigarettes.

A Craon, c'est une véritable mobilisation contre les jeunes franciliens qui s'est organisée en début de semaine. Profs, parents d'élèves et commerçants ne veulent plus de l'ERS.
« Des coups et des claques sans raison apparente »

La semaine dernière, une bagarre éclate sur le chemin de la cantine. Selon le témoignage d'une enseignante recueilli par Le Parisien, les jeunes originaires du 93 ont « distribué des coups et des claques sans raison apparente ». Les collégiens « cursus classique » se planquent alors dans les bureaux du proviseur. Cinq des treize pensionnaires de l'ERS sont impliqués dans l'incident.

Interpellés par les gendarmes et renvoyés chez leurs parents, ils devraient comparaître devant un juge. Selon Ouest-France, trois plaintes ont été déposées : deux par des familles de victimes et une pour détérioration par le principal de l'établissement.

L'affaire aurait pu en rester là mais les enseignants du collège Volney refusent de reprendre le travail si l'ERS n'est pas fermé. Certains parents ont retiré leurs enfants de l'établissement. (Voir le reportage de BFMTV)


Selon les témoignages des élèves renvoyés et de l'un de leurs encadrants, ils ont été victimes « de provocations avec injures racistes » de la part des collégiens locaux et de leurs parents. David Guiot, coordinateur de l'ERS, a choisi d'interdire tout contact entre les collégiens des deux cursus :

« J'ai entendu personnellement des “sales arabes, sales nègres” et vu des mimiques de singes […] On a recadré les choses concernant l'interdiction d'entrer en contact avec les autres élèves […] je regrette cette mesure car on n'est pas là pour les enfermer, et ça a été dur de le leur faire accepter, mais c'est une condition expresse des parents du collège. »

Un collégien de Seine-Saint-Denis, interrogé par Europe 1, réfute cette version :

« C'est eux qui nous cherchent […]. Ils nous faisaient des doigts d'honneur. Ils nous disaient “sale racaille” […].

On leur a mis juste des petites claques, juste pour leur montrer comme on est et après ils sont revenus nous provoquer, c'est quoi ? C'est inadmissible ! Nous on est descendus, on les a refrappés. » (Voir la vidéo)


« C'est l'image même de Saint-Dalmas qui va pâtir » de l'ERS

Au mois de septembre, le site Menton ma ville rapportait les propos hostiles à l'ERS de Saint-Dalmas-de-Tende avant même son ouverture. Une boulangère :

« Nous allons devoir investir dans la sécurité, alors que nous laissions tout ouvert jusque-là. Nous allons désormais travailler avec méfiance et c'est l'image même de Saint-Dalmas qui va pâtir de l'arrivée de ces élèves. »

A qui la faute ? Aux habitants frileux ? Aux collégiens voyous ? A l'encadrement insuffisant ? Ce projet -scolariser des élèves en décrochage scolaire dans des structures de petite taille et les placer en internat loin de leur résidence d'origine-, avait pourtant eu assez peu d'opposants à l'annonce de sa création. Il concerne aujourd'hui un peu plus de 200 personnes dans une dizaine d'établissements. Le profil :

« Les élèves sont âgés de 13 à 16 ans, sont issus des classes de cinquième, quatrième et troisième, ont fait l'objet de multiples exclusions et ne relèvent ni de l'enseignement spécialisé et adapté, ni d'un placement dans un cadre pénal. »

Les collégiens sont en principe encadrés par un professeur coordonnateur spécialisé, un professeur des lycées, un professeur d'éducation physique et sportive et cinq assistants d'éducation. Un encadrement « insatisfaisant » que Luc Chatel a promis de renforcer là où c'est nécessaire, sur France Info :

« Nous l'avons fait à Craon la semaine dernière en Mayenne, nous nous adapterons à la réalité.

Mais je crois qu'il ne faut surtout pas tirer un trait sur ce projet, qui est ambitieux et qui est nécessaire, pour ces élèves qui sont en phase de décrochage […] c'est par l'école que nous réussirons à réintégrer ces jeunes dans le système éducatif et ce n'est pas autrement. »

Le ministère, très réticent à communiquer sur le sujet, refuse de transmettre la liste officielle des ERS en France."

Voir également les réponses très intéressantes données sur ce sujet sur le lien: [http]

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