Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Il faut essayer d'obliger tout le monde
Non mais
quel con !
Malheureusement, l'on noie atrocement l'intelligence. Par là même, le temps se délite, immobile depuis le futur de l'imagination
Nabot Léon ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

19 Novembre 2006 ::

« La bataille de Marathon »

:: Histoire antique, -490

Ce billet fait partie d'un sujet composé de quatre parties :

1. La bataille de Marathon
2. Léonidas & la bataille des Thermopyles
3. Thémistocle & la bataille de Salamine
4. La fin des guerres médiques



Le contexte

Nous sommes au Vème siècle av. JC : la Grèce est divisée en une multitude de cités états, dont les plus puissantes sont Athènes et Sparte, tandis qu'à la tête de l'empire perse règne Darius Ier, dit Darius le Grand. Ce grand roi perse est un homme d'exception, contrôlant un territoire immense et une armée monstre, qui s'étalent de l'Asie mineure à l'Inde, dans tout le Moyen-Orient, et même en Thrace, une région partagée entre les actuelles Bulgarie, Turquie et Grèce. C'est un adversaire redoutable et potentiellement expansionniste pour les cités Grecques. En 499, les cités ioniennes (actuelle Turquie) se révoltent, ulcérées par les brimades successives et la mauvaise image des occupants perses. De l'aide est demandée aux cités grecques occidentales, mais seules Athènes et Erétrie répondent timidement. Sparte est quant à elle empêtrée dans des querelles internes de succession.

Jusqu'en 492, le soulèvement tient bon, et parvient même à remporter quelques victoires : mais Darius Ier renforce son armée, et finit par écraser les troupes ioniennes et mater l'insurrection, en particulier dans la cité de Milet, coeur de la révolte initiale. Cette défaite a deux importantes conséquences : la Grèce occidentale est très affectée par le sort des ioniens et prend conscience du danger que représente l'empire perse, et Darius Ier, quant à lui, se prend à rêver d'une conquête de toute la Grèce. C'est ainsi que vont débuter les guerre médiques.



Débuts de la première guerre médique

En 492, peu après la fin tragique de Milet, une première expédition punitive est lancée par Darius contre la Grèce occidentale. Mais en raison d'un manque de préparation et de diverses circonstances malheureuses, c'est un échec retentissant. Les perses ne se découragent pas, et deux ans plus tard, en 490, une seconde expédition est organisée. L'armée d'invasion est gigantesque : près de 100.000 hommes et plusieurs centaines de navires traversent la mer Egée, et commencent à saccager plusieurs cités grecques. Erétrie est rasée, en représailles de l'aide que la ville avait apportée quelques années auparavant aux cités ioniennes. La prochaine cible est Athènes.

A la fin de l'été 490, la moitié de l'armée perse débarque tout près de Marathon, une cité située à environ 40 km d'Athènes, tandis que l'autre moitié continue sa route navale vers Athènes, de façon à attaquer simultanément par voie de terre et voie de mer. Entre temps, les grecs avaient convenu de se porter au devant des assaillants plutôt que d'attendre derrière les remparts d'Athènes : c'est ainsi qu'une troupe de hoplites, l'infanterie lourde grecque, constituée de quelques milliers de soldats des cités de Platées et d'Athènes, s'avance dans les terres. La première partie de l'armée perse s'avance sur la plaine de Marathon et leur coupe la route pour les empêcher de revenir défendre Athènes.

Le soldat athéniens Phidippidès avait été envoyé à Sparte pour chercher des renforts (parcourant près de 200 km !), mais ceux-ci se font attendre, et il devient vite évident pour les grecs qu'il faudra absolument vaincre, pour ensuite revenir à Athènes et défaire l'autre moitié de l'armée perse.

La bataille

Bien que très inférieure en nombre, l'armée grecque possède deux avantages importants sur ses ennemis : elle est très bien équipée, et très bien organisée. Au contraire, l'armée perse est dépareillée, ses soldats ne parlent pas tous la même langue, ils portent des boucliers et des armures rudimentaires... Les grecs choisissent donc de charger très rapidement, sûrs de leur organisation et de leur équipement, et cette stratégie s'avère efficace. Rapidement, les perses sont mis en déroute, et c'est la panique : dans la débandade, chacun essaye de remonter dans les bateaux, et de nombreux soldats se noient, piétinés et pressés par les hoplites.

En quelques heures seulement, les perses perdent près de 6000 hommes, quand seule une poignée d'athéniens tombent au combat. C'est une victoire éclatante, mais partielle : la seconde moitié de l'armée perse atteindra Athènes en 10 heures en contournant le cap de Sounion, et il faut que les soldats grecs arrivent là-bas avant l'ennemi en coupant par les terres, pour participer à la défense de la cité, alors qu'ils viennent tout juste de livrer une première bataille !

Phidippidès est envoyé en éclaireur pour prévenir Athènes de la première victoire sur les perses : il parcourt les 40 km en quelques heures seulement, prévient ses concitoyens, et meurt d'épuisement[1]. Les hoplites entament également le retour vers Athènes à marche forcée, et y parviennent une heure à peine avant l'arrivée des assaillants : voyant cela, le reste de l'armée perse renonce à son invasion et se retire, mettant fin à la première guerre médique.

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1. Cet épisode ne semble toutefois pas être confirmé historiquement, bien qu'étant l'origine de l'épreuve sportive du marathon.

finipe, 23h51 :: :: :: [14 critiques dithyrambiques]

:: COMMENTAIRES

 draleuq, le 20/11/2006 à 07h34

Ca c'est pas d'la guerre merdique nom de d'là !(désolé, j'ai rien d'autre à proposer, il est trop de bonne heure ;o)

 finipe , le 20/11/2006 à 14h05

Arg ! Honte sur moi, j'avais même pas pensé à cette vanne pourrie !!

 Lohen, le 23/11/2006 à 00h00

Un des gros avantages des hoplites consistait en leurs lances très longues (6 m, de mémoire !) qui transformaient leurs rangs serrés en véritable porc-épic.

(moi c'est trop tard pour que je dise une connerie valable, alors je donne dans le sérieux \o_)

(mépourkoi ce #$@ de code antispam n'est jamais bon du premier coup ????)

 Fixx, le 26/07/2007 à 14h44

Juste pour apporter une precision, c'est PhiDippides et non PhiLippides ;-)
Tres tres bon site au demeurant

 finipe , le 26/07/2007 à 14h56

Eh ma foi, j'ai trouvé les deux versions en fait : PhiDippidès, ou PhiLippidès... Alors, la vérité est peut-être ailleurs :)

Au plaisir de te revoir !

 finipe , le 26/07/2007 à 15h12

Au temps pour moi, Hérodote parle bien de PhiDippidès, je corrige.

 imo, le 23/02/2008 à 11h45

vive tous les hommes qui defendent leurs patrie avec bravour @@@.

 finipe , le 23/02/2008 à 14h48

Puissent-ils vivre, certes... En l'occurrence, ceux-là sont tous morts ^^

 draleuq , le 24/02/2008 à 14h42

Il est un fait que ceux qui défendent leur patrie avec bravoure ne sont habituellement pas ceux qui vivent le plus vieux.

 Mari, le 21/09/2008 à 10h25

quelle est l'origine antique du mot marathon ?

 Brath-z, le 26/02/2011 à 19h49

Lohen > En fait, les hoplites grecs étaient équipés de lances de deux mètres à deux mètres et demi de long seulement. Ce sont les hoplites macédoniens de Philippe II (père d'un certain Alexandre) qui utilisaient des lances de plus de quatre mètres de long, les sarisses.

Sur le marathon de Pidippidès, j'avais toujours entendu dire qu'il était mort non pas de fatigue mais de s'être allongé à l'ombre sans boire après un tel effort.

 Lohen, le 07/03/2011 à 13h10

@Brath-z : merci pour l'info, sur ce coup là, je n'avais clairement pas prétention à l'exactitude ;)

 ambrouille , le 29/11/2012 à 16h39

ya bcp dexplikation et g unn pe kaptééé

 finipe , le 30/11/2012 à 22h28

Hein ?

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