Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Patience et longueur de temps
Eh
ouais
Malheureusement, l'envie escalade affreusement le respect. Par là même, la vie s'enfuit, se précipitant vers les cieux de l'existence
La Rochefaucud ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

23 Avril 2007 ::

« Jacques des Isles, le meurtre avorté d'Henri IV »

:: Histoire moderne, 1605

19 décembre 1605. Le Pont-Neuf, pas encore tout à fait achevé, fourmille déjà d'activité : c'est le premier pont de la capitale à n'être pas couvert ni bordé de maisons, et il constitue une artère majeure de la ville, dont les problèmes chroniques de circulation découragent les plus aguerris des parisiens. Peu avant la tombée de la nuit, le roi Henri IV revient de la chasse, en passant sous les balcons circulaires de ce pont qui arborera dix ans plus tard sa propre statue en bronze. Ce roi au destin singulier est maître d'un royaume qui l'a haï pendant longtemps, mais désormais les choses s'améliorent : les constructions se multiplient, les maçons et les charpentiers s'activent, et la ville se débarrasse des derniers oripeaux du Moyen Âge et de la Renaissance pour entrer de plein pied dans l'ère moderne.

Ainsi, Henri IV chevauche paisiblement, en compagnie d'une mesnie plutôt réduite, et sans pompe particulière : le roi aime à affirmer qu'il n'a rien à craindre de ses sujets, et il s'agace fréquemment des prévenances sécuritaires trop importantes de son entourage[1]. C'est alors que surgit un homme, qui empoigne le manteau du roi : l'agrafe qui retient le vêtement ne cède pas, et Henri IV se retrouve violemment tiré en arrière, renversé sur la croupe de son cheval, à la merci de l'individu. Celui-ci brandit un poignard au-dessus de la gorge du roi impuissant, et crie : « Rends-moi mon royaume ! ». Heureusement, les valets de pied profitent d'une hésitation de l'agresseur, et se précipitent pour le repousser et le désarmer : Henri IV est sauf...


Portrait d'Henri IV

Tandis que les valets vont pour assommer l'assassin, Henri IV s'interpose, semblant n'être pas tant affecté par la mort qu'il a failli connaître à l'instant même. Il défend qu'on blesse l'homme, et ajoute : « Qu'on le mène en prison sans lui faire de mal ». L'homme, maîtrisé au sol, éclate de rire : « Au moins, je vous ai fait belle peur ! », dit-il. Puis l'on mène l'individu à la prison de For-l'Evêque, et c'est Pierre Jeannin[2] en personne qui l'interroge.

L'assassin s'appelle Jacques des Isles[3] : il prétend être un descendant de Pharamond, l'ancêtre mythique de l'antique lignée des Mérovingiens, éteinte depuis près de 1000 ans, depuis l'avènement de Pépin le bref... Il affirme être le "roi de tout le monde", et déclare avoir voulu châtier Henri IV en tant qu'usurpateur du trône qui devait lui échoir.

Procureur dans la ville de Senlis (actuelle Oise), Jacques des Isles semble clairement avoir perdu l'esprit : on reconnaît qu'il est fou, mais on le traite tout de même comme un criminel de lèse-Majesté. A nouveau, Henri IV intervient et interdit qu'on l'exécute : Jacques des Isles passe ainsi le reste de sa vie en prison et y meurt, sans avoir livré un seul élément pouvant attester d'un quelconque complot. Cinq ans plus tard, le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie, c'est finalement François Ravaillac qui assassinera le "bon roi Henri IV", et qui subira pour son crime le pire supplice de l'Histoire de France...

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1. On peut relever une amusante similitude avec le général De Gaulle sur ce point précis...

2. Henri IV estimait réellement cet homme, ancien membre de la Ligue Catholique (souvent surnommé Président Jeannin), qui s'était notamment distingué en se montrant un négociateur extrêmement habile lors de la rédaction de l'Edit de Nantes. Le roi, en le présentant à Marie de Médicis, avait dit de lui : « Voyez-vous ce bon homme : s'il arrive que Dieu dispose de moi, je vous prie de vous reposer sur la fidélité de Jeannin, et sur la passion. Je sais qu'il a du bien de mes peuples. »

3. On trouve parfois également le nom de Jean des Isles

finipe, 20h55 :: :: :: [6 lettres de suicide]

:: COMMENTAIRES

 Viou , le 26/04/2007 à 18h03

Ben alors pourquoi ya pas de commentaire ? Elle est drôlement bien pourtant cette histoire :D

 finipe , le 29/04/2007 à 18h08

Bah ouais ! En plus, j'en ai l'exclusivité sur internet :)

 draleuq , le 29/04/2007 à 22h34

C'est tellement beau, ça se passe de commentaire :)

 finipe , le 29/04/2007 à 22h46

Oh oui, oui ouiiiiiiiiiiiiii dis moi des mots saaaaaaaales !!!

Eeeuh hem, hem. Enfin oui, certes.

 draleuq , le 29/04/2007 à 22h58

Plait-il ? Tu te prends pour *BIIIIP* là ?

NdF : une partie de ce commentaire a été censuré, pour cause de déontologie.

 finipe , le 29/04/2007 à 23h25

Iiiiiiiiiirrk !! Reste poli !!

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