Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Je ronge mon
frein, ça fait
mal
Eh
ouais
Parfois, Dieu embrasse silencieusement la religion. Ainsi, la sagesse se délite, immobile depuis le néant des sens
Jean-Sol Partre ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

23 Janvier 2013 ::

« Opération Chariot - 1 : la genèse »

:: Histoire contemporaine, 1942







C'est la première fois, mais aussi sans doute la dernière, que je me lance dans la narration aussi exhaustive d'un fait historique. Cet article m'a pris à lui tout seul le temps que je mettrais à en écrire des dizaines d'autres, d'habitude. Je l'ai fait non seulement parce que j'avais énormément de documentation (ce qui, ironie du sort, n'en a rendu les recoupements que plus difficiles), parce que j'avais à portée de main tous les vestiges, monuments commémoratifs, toutes les installations portuaires qui en furent le théâtre, mais aussi parce que, je l'avoue, cette opération, parfois surnommée "le plus grand raid de tous les temps", bien que curieusement assez méconnue, m'a toujours fasciné. Ce travail est une forme de coup de chapeau à toutes les têtes brûlées qui ont attaqué, cette nuit-là, avec des moyens dérisoires, l'un des points les plus fortifiés du puissant Mur de l'Atlantique, lui portant un coup terrible.


Photo aérienne de reconnaissance de la Cale Joubert


L'ombre du Tirpitz :

Nous sommes début 1942. La marine allemande vient de lancer le Tirpitz, frère jumeau du Bismarck qui avait donné des sueurs froides à Churchill en mai 1941, avant d'être finalement coulé, presque par chance, alors qu'il se rendait au Port de St Nazaire pour être réparé en cale sèche dans la forme-écluse Louis Joubert.
L'objectif de l'état-major britannique est simple : empêcher à tout prix l'entrée du Tirpitz dans l'Atlantique, où le géant ferait peser une trop lourde menace sur les convois de ravitaillement en provenance d'Amérique-du-Nord, vitaux pour l'effort de guerre du Royaume-Uni.
Pour l'heure, le Tirpitz est sur la côte Norvégienne. On essaie des attaques aériennes, sans succès pour le moment, le navire étant hors de portée des gros bombardiers, et très bien protégé par la redoutable flak.
On sait également qu'Hitler ne risquera jamais le fleuron de sa marine dans l'océan s'il n'a pas la garantie de pouvoir le faire réparer en cale sèche sur la façade Atlantique. Or, comme l'année précédente, il n'y a qu'un seul endroit où c'est possible : la Cale Joubert, que les Anglais surnomment le "Dock Normandie", car elle a été construite en 1931-32 pour le montage du célèbre paquebot "Normandie".
Cette forme-écluse de 350 m. de long, 50 m. de large et 17 m. de profondeur est décidément une épine dans le talon de l'état-major britannique.


La Cale Joubert aujourd'hui : le caisson nord vu du caisson sud. (photo draleuq)


Les préparatifs :

Churchill demande alors à Lord Mountbatten, cousin du Roi et chef des Opérations Combinées nouvellement créées, de concevoir un plan pour mettre le Dock Normandie hors d'état de nuire. Son plan initial fait essentiellement appel à la Marine des Forces Françaises Libres. Mais les relations entre de Gaulle et Churchill sont si orageuses qu'on y renonce bientôt. On fait finalement appel uniquement à une force combinée de marins de la Royal Navy et de commandos.
Selon Fernand Guériff, qui le tenait du Lieutenant Curtiss, commandant de la MGB 314, trois marins français participèrent au raid. C'est la seule source qui en parle.[1]
Pour autant, aucune source ne parle non plus de Néo-Zélandais, et pourtant on trouve la tombe d'un Marin Néo-Zélandais au cimetière de Cuy, parmi les morts du commando...
Mais qui sont les commandos ?
Nés au lendemain de la débâcle de 1940, ce sont des soldats d'élite, tous volontaires, recrutés dans tous les régiments de l'Empire Britannique. Leur nom est inspiré des "kommandos" afrikaners de la guerre des boers, qui harcelaient l'armée britannique par petits groupes avant de disparaître dans la brousse. Pourvus d'armes légères, mais parfaitement entraînés et préparés, ils doivent harceler le Reich par des "piqûres de guêpe" sur des objectifs limités.

Avant d'être breveté commando, il faut affronter un entraînement quasi-surhumain, comprenant des manoeuvres l'hiver dans les neiges des highlands écossais, des débarquements dans les eaux glaciales des îles Hébrides, des marches forcées de 100 km en moins de 24 heures... Chaque homme apprend à tuer à mains nues et au couteau.
Les commandos ont déjà brillé par des succès certes stratégiquement limités, mais indéniables, comme en Norvège ou dans les Iles Lofoten.
Parmi ceux qui ont participé à ces succès, on trouve le Lieutenant-Colonel Charles Newman, et c'est à lui que Mountbatten va offrir le commandement de l'opération en ce qui concerne les commandos.

Quant aux marins, ils seront commandés par le capitaine Robert E.D. Ryder, surnommé "red" (le rouge), déjà vieux loup de mer à 34 ans, lui aussi auteur de faits d'armes notables dans lesquels il a failli laisser la peau.

A gauche : Lord Louis Mountbatten (1900-1979), chef des "Combined Operations" (Opérations Combinées). Il fut tué dans un attentat de l'IRA.
Au milieu : Lieutenant-Colonel Charles Newman (1904-1972), provenant à l'origine du Régiment de l'Essex, il est nommé chef de l'Opération Chariot pour les Commandos. Fait prisonnier à l'issue du raid, il sera décoré de la Victoria Cross.
A droite : Capitaine Robert "R.E.D" Ryder (1908-1986), chef de l'Opération Chariot pour la Royal Navy. Véritable aventurier, il avait participé à une expédition en antarctique dans l'entre deux-guerres, et avait déjà connu deux naufrages depuis le début du conflit. Après l'opération Chariot, pour laquelle il obtint également la Victoria Cross, il se distingua encore lors de l'opération Jubilee (débarquement canadien raté à Dieppe). Il eut une mort de marin, puisqu'il disparut dans la Manche.


Le raid comptera 611 hommes, tous volontaires : 345 marins britanniques, 257 commandos anglais, écossais et canadiens, 3 officiers de liaison, 2 correspondants de presse, 4 médecins.
Les 257 commandos sont répartis en équipes de démolition (91 hommes) et en équipes de protection et d'attaque (166 hommes). Ils sont tous envoyés à l'entraînement à Southampton, sur le dock King George V qui est celui qui ressemble le plus à leur objectif.

Les équipes de démolition sont entraînées par le Lieutenant Nigel Tibbets, de la Royal Navy, un spécialiste des explosifs, et par le Capitaine WH Pritchard, des Royal Engineers, un spécialiste de la destruction des ponts et des écluses qui avait fait sensation pour ralentir les Allemands lors de la retraite du Corps Expéditionnaire Britannique en France, en juin 1940.
Les équipes de protection et d'attaque, elles, sont entraînées par le capitaine écossais Stanley Day, et par le Major Copeland, dit "Bill", un vétéran de la première guerre mondiale et spécialiste du combat de rue.

Inlassablement, les commandos répètent et répètent encore leurs objectifs, sur la maquette, puis grandeur nature sur le dock de Southampton. De jour, puis les yeux bandés, puis de nuit. A chaque exercice, des hommes différents sont aléatoirement désignés "morts" à plusieurs stades de la progression du groupe, pour que chacun apprenne également les tâches dévolues aux autres hommes et puisse les assumer le cas échéant. Chacun doit savoir sa leçon par coeur, mais doit aussi pouvoir improviser.


A gauche : Original de la maquette sur laquelle les commandos répétèrent leurs objectifs.
A droite : Le capitaine Stanley Ambrose Day, l'un des deux responsables de l'entraînement des commandos. Pendant le raid, il faisait partie de l'escouade de commandement du lieutenant-colonel Newman et fut décoré de la Military Cross.


Au total, il y a 24 objectifs : 8 portes d'écluse, 4 ponts, 6 centrales, 6 batteries d'artillerie (totalisant 13 pièces). Les deux portes d'écluse du dock Normandie et la machinerie qui permet de la manoeuvrer et de la vidanger constituent bien évidemment la priorité absolue.

Le mot de passe des raiders, pour se reconnaître de nuit, est "war weapons week" auquel on doit répondre "weymouth". On a choisi ces mots parce que le son "w" n'existe pas en langue allemande.

On fixe le raid à la dernière semaine de mars 1942 car c'est le seul moment où la marée est propice, c'est-à-dire assez haute pour que les navires passent sur les hauts fonds de la Loire sans s'échouer.

Mountbatten fait convoquer Newman et lui dit ceci avec une franchise non dénuée de cynisme : "Je suis sûr que vous pouvez y aller et faire le boulot, mais nous n'avons pas beaucoup d'espoir de pouvoir vous extraire. Même si on vous perd tous, les résultats de l'opération en auront valu la peine. Pour cette raison, je veux que vous disiez à tous les hommes ayant des responsabilités familiales, ou qui pensent devoir se retirer pour n'importe quelle raison, qu'ils sont libres de le faire et que personne ne leur en voudra pour cela."
Newman rapporte fidèlement ces propos à ses hommes. Aucun ne se défile.
Leur entraînement terminé, ils sont transférés à Falmouth, en Cornouaille, leur port d'embarquement. Pour tromper d'éventuels espions, ils sont la "10ème force anti-sous marine", destinée à partir du côté de Suez. Des équipements pour les climats chauds et des lunettes de soleil sont ostensiblement entassés sur les quais.

Ils sont bientôt rejoints par l' "armada" de navires qui doit les mener sur leurs objectifs. Bien petite armada en vérité, comparée à la difficulté de l'objectif, mais il y a une condition qui empêche les Anglais d'envoyer des navires trop lourds : il faut qu'ils aient un tirant d'eau très faible (pas plus de 3 m. à marée haute !) pour espérer passer sur les fonds sablonneux de l'estuaire de la Loire, particulièrement redoutables dans sa partie sud.

En effet, on a choisi d'entrer dans la Loire plus près de la rive sud, beaucoup moins protégée et surveillée que la rive nord où se trouvent le port et la ville de Saint-Nazaire. Surtout, c'est près de la rive nord que se trouve le chenal, un couloir creusé qui permet aux navires lourds d'entrer dans l'estuaire, et d'en sortir. Et c'est aussi près de la rive nord que se trouvent la majorité des pièces d'artillerie de marine des Allemands.


L'USS Buchanan, un vieux destroyer, fut cédé aux anglais par l'US Navy, avec d'autres navires, en échange de la possibilité pour les Américains d'utiliser les bases britanniques aux Antilles (accord prêt-bail). Il fut alors rebaptisé HMS Campbeltown et devait devenir le navire-bélier de l'Opération Chariot.


Composition de la flotte anglaise du Raid :

- Le Campbeltown : pièce maîtresse du raid, cet ancien destroyer américain servirait de navire bélier pour enfoncer la porte écluse sud du dock Normandie. Bateau le plus lourd du dispositif, c'est aussi celui qui a le plus de risque de s'échouer et il faut donc considérablement diminuer son tirant d'eau. On lui retire ses tubes lance-torpilles, ses équipements anti-sous marins, tous ses canons sauf un de 76 mm qui est déplacé de la poupe à la proue. On lui retire également deux de ses quatre cheminées, et on raccourcit et biseaute les deux dernières pour lui donner l'allure générale d'un des destroyers-torpilleurs de classe "Möwe", très utilisés par les Allemands. On lui ajoute par contre des plaques de blindage pour protéger les commandos destinés à être débarqués après l'éperonnage de la porte-écluse. On lui ajoute également 8 canons "pom pom" Oerlikon de 20 mm dans des tourelles surélevées, propices à l'arrosage des rives de la Loire. Enfin, on créé un compartiment spécial d'acier coulé dans le béton qu'on dissimule soigneusement à l'avant du navire, et qui contient 24 grenades anti sous-marines reliées entre elles, totalisant 4 tonnes d'explosifs. Cette machine infernale, imaginée par Tibbets et Pritchard, doit exploser quelques heures après l'éperonnage, achevant de détruire la cale Joubert. La mise à feu doit se faire par un crayon explosif constituant un retardateur de plus ou moins 8 heures. Le Campbeltown est placé sous le commandement du capitaine Stephen Beattie. Destiné à être sacrifié, il comporte juste assez de carburant pour un aller unique jusqu'à St Nazaire.


Travaux de transformation du Campbeltown. Noter le retrait de deux cheminées et le biseautage des deux autres cheminées pour ressembler à la silhouette d'un destroyer allemand de la classe « Möwe ».


- La MGB 314 : c'est le bateau de commandement du Raid. Commandé par le Lieutenant Dunstan Curtiss pendant l'approche, puis par le capitaine Red Ryder en personne pendant le raid, il transporte également le Lieutenant-Colonel Newman et son escouade de commandement et de protection, qu'il doit bien entendu débarquer. La canonnière MGB est pilotée par le Lieutenant Green qui a la lourde tâche d'ouvrir le chemin au Campbeltown sur les hauts fonds de la Loire. Pour l'y aider, elle est équipée d'un radar et d'un sonar. Plus lourdement armée que les vedettes, elle comporte un canon semi-automatique "pom pom" de 40 mm à l'avant (sur lequel le Matelot Savage obtiendra la Victoria Cross au prix de sa vie), un canon anti-aérien de 40 mm à l'arrière et une mitrailleuse bi-tube de 12.7 mm de chaque côté. Elle est également plus rapide que les vedettes, atteignant 26 noeuds. Du coup, malgré des réservoirs supplémentaires, elle n'a pas une autonomie suffisante pour atteindre l'objectif et en revenir et elle est remorquée durant le voyage aller.


La canonnière MGB 314 (Motor Gun Boat), navire de commandement de l'Opération Chariot. D'autonomie insuffisante pour faire l'aller retour, elle fut remorquée par le HMS Tynedale.


- La MTB 74 : pilotée par l'excentrique Lieutenant Micky Wynn, cette vedette lance-torpilles est le navire le plus rapide de la flottille, pouvant atteindre la bagatelle de 40 noeuds. Avec une telle puissance, rien d'étonnant à ce qu'il n'ait pas lui non plus l'autonomie nécessaire pour l'aller-retour. Il est donc remorqué à l'aller comme la MGB, au grand dam de Wynn qui juge cela "déshonorant". Particulièrement délicate à manoeuvrer à vitesse moyenne, la MTB n'est à l'aise qu'à très grande ou à très petite vitesse ! Ses deux tubes lance-torpilles ont été déplacés sur le pont pour pouvoir larguer leurs projectiles par dessus un éventuel filet pare-torpilles. Les torpilles sont réglées à retardement pour ne pas détruire la MTB dans leur explosion. La MTB 74 a pour mission de torpiller l'écluse sud du dock Normandie si par malheur le Campbeltown échouait dans son éperonnage, ou de s'occuper de l'écluse de la vieille entrée.


La MTB 74 (Motor Torpedo Boat) du Lieutenant Micky Wynn, spécialement modifiée avec ses deux tubes lance-torpilles sur le pont. Très rapide, elle pouvait filer 40 noeuds. D'autonomie insuffisante pour faire l'aller-retour, elle fut remorquée par le Campbeltown.


- Les ML : ces vedettes en bois de 34 m. de long sont 17 à participer au raid. Atteignant une vitesse de pointe de 20 noeuds, elles comportent des réservoirs supplémentaires en caoutchouc pour leur donner une autonomie suffisante. Elles sont armées d'un canon "pom pom" Oerlikon 20 mm à l'avant et de mitrailleuses jumelées Lewis 7.7 mm à l'arrière (datant de la première guerre mondiale).
Quatre d'entre elles comportent en plus des tubes lance-torpilles. Celles-ci ne transportent pas de commandos et ont pour rôle d'une part d'engager le combat avec tout navire ennemi qui gênerait l'opération dans l'estuaire, et d'autre part d'aider à récupérer et à évacuer les commandos débarqués par les autres vedettes. L'une des quatre, la ML 446 du Lieutenant Falconar, deviendra en fait vedette de débarquement lorsqu'elle récupérera, au cours du voyage aller, les commandos de la ML 341 du Lieutenant Briault dont le moteur donnera des signes d'avarie.
Les treize autres, qui durant l'attaque proprement dite seront réparties en deux colonnes, transportent chacune environ 15 commandos et ont pour rôle de les débarquer en deux points : au Vieux Môle pour la colonne bâbord, à la vieille entrée pour la colonne tribord. Comme nous l'avons vu, la ML 341 du Lieutenant Briault, touchée par une avarie en cours de route, rentrera en Angleterre sans prendre part au raid, après avoir transféré ses hommes sur la ML 446.


Une des ML (Motor Launch) parmi les 17 vedettes rapides de défense côtière en bois qui participèrent à l'Opération Chariot. Pour avoir une autonomie suffisante pour faire l'aller retour, les ML se virent ajouter des réservoirs supplémentaires en caoutchouc, ce qui fit d'elles, malheureusement, des cibles d'autant plus fragiles.


- Les destroyers Tynedale et Atherstone, enfin, serviront de protection pour la flottille, à l'aller comme au retour, mais, beaucoup trop lourds, ils ne prendront pas part à l'action proprement dite. Le Tynedale remorquera la MGB 314 jusqu'au "point de ralliement". L'Atherstone, lui, transportera les deux commandants du raid, Newman et Ryder, jusqu'au même point de ralliement où ils embarqueront sur la MGB 314. A partir de là, les deux destroyers attendront le retour des guerriers pour leur offrir dès que possible une protection contre les avions ou bateaux allemands qui ne manqueront pas de se lancer aux trousses des fuyards.

Le départ :

Durant les derniers jours de préparation, les commandos sont emmenés en "croisière" par gros temps pour éprouver leur résistance au mal de mer.
L'entraînement se termine par une simulation d'attaque sur le port voisin de Plymouth. Cet essai n'est guère concluant car les raiders sont très rapidement découverts. On remarque notamment que l'aveuglement par les projecteurs pose de graves problèmes. Mais il est trop tard pour reculer.

Initialement, la flottille doit quitter Falmouth l'après-midi du 27 mars pour une attaque dans la nuit du 28 au 29 mars, car c'est la nuit où la marée est la plus importante. Mais le temps étant particulièrement clément le 26 mars et tout étant fin prêt, Ryder prend la décision d'appareiller le jour même pour profiter de ces bonnes conditions météo. L'attaque est donc avancée à la nuit du 27 au 28 mars.

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1. James Dorrian, l'historien qui fait autorité sur le sujet, a clarifié ce point en 2013 grâce à l'ouverture progressive des archives de l'armée britannique. Les 3 agents en question étaient en fait un Français, agent du SOE et ancien de la Légion Etrangère, qui s'appelait Raymond Couraud (sous l'identité du sous-lieutenant Jack Lee), un Juif allemand nommé Peter Najel et un aristocrate belge nommé De Jonghe. Raymond Couraud était à bord de la ML 447 du Lieutenant Platt, à bord de laquelle il fut blessé aux deux jambes. Il regagna l'Angleterre à bord de la ML 160 du Lieutenant Boyd, sans avoir pu débarquer, et récupéra à l'hôpital militaire de Falmouth. Il participa ensuite à nouveau à plusieurs missions en Europe occupée. Curieusement, ce héros de la résistance est très méconnu en France, au point que l'article wikipédia qui le concerne est uniquement en anglais. Né en 1920, il est âgé de 93 ans et toujours en vie au moment où j'écris ces lignes.

draleuq, 11h47 :: :: :: [5 confessions honteuses]

:: COMMENTAIRES

 finipe , le 24/01/2013 à 11h01

Bigre ! Un billet historique qui s'annonce bien !

 Lohen, le 24/01/2013 à 21h35

Ouiiiiii :)

(tiens, y a du progrès avec l'antispam oO)

 draleuq , le 05/04/2013 à 23h41

Note importante ajoutée ce jour à propos du Français ayant participé au raid.

 Erik Jellema, le 30/12/2014 à 14h16

Can you tell me where the original maquette can be found?

 draleuq , le 05/01/2015 à 21h27

I had found this picture on the web and I can't retrieve the source now. It seems to me
that it is in a british museum... but what ?

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