Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Il faut essayer d'obliger tout le monde
Pauvre
tocard...
Ces temps-ci, l'Humanité assassine horizontalement l'intelligence, de sorte que la piété filiale s'évade en courant vers le secret de l'imagination
Caporal de Bol ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

20 Octobre 2006 ::

« Le pigeon de Vaux »

:: Histoire contemporaine, 1916

L'un des épisodes les plus tragiques de la bataille de Verdun fut celui du fort de Vaux, un ouvrage de béton qui fut assiégé par les Allemands du 2 au 7 juin 1916, dans des conditions abominables pour la garnison française dirigée par le Commandant Raynal, dont le nom est passé à la postérité. Cinq jours et cinq nuits d'un combat de taupes, pied à pied, mètre à mètre, les assaillants bouchant l'aération avec de la terre, faisant descendre des paniers pleins de grenades dans les trous, introduisant des tuyaux coudés dans le moindre orifice pour y projeter des fumées suffocantes et des liquides enflammés, les défenseurs montant des barrages de sacs de terre dans les couloirs à demi éboulés, défendant le terrain centimètre par centimètre avec des grenades et des mitrailleuses, ne reculant que devant les cordons Bickford, pétards explosifs et autres charges de mélinite qui faisaient sauter les barrages un par un, au milieu d'une atmosphère irrespirable, saturée de gaz toxiques et de fumée, où l'on n'y voyait souvent plus à un mètre, et dans la torture de la soif, les réserves d'eau étant épuisées à partir du 4 juin et la seule ressource étant une flaque d'eau marron au fond d'un trou d'obus, dans laquelle coulait la cervelle d'un cadavre... ou l'urine.


No man's land aux alentours du fort

Le 7 juin à 6 heures, Raynal est contraint de capituler : il n'y a plus une goutte d'eau, plus assez d'hommes, le fort est un véritable enfer sur Terre. Les survivants seront faits prisonniers et beaucoup cités à l'ordre de l'armée étant donnés les faits héroïques qu'ils ont accomplis pendant 5 jours. Mais un de ces soldats, cité à titre posthume, attire tout particulièrement l'attention du fait qu'il s'agit d'un pigeon.

En effet, le fort de Vaux étant encerclé et coupé de ses arrières, ces volatiles étaient devenus (outre les communications optiques avec un autre fort, celui de Souville) le dernier moyen de communication pour le commandant. Ainsi, on peut maintenant lire cette plaque commémorative sur les ruines du fort de Vaux :

Aux colombophiles morts pour la France. Au pigeon de Verdun.

De ce fort est parti pendant la bataille de Verdun le 4 juin 1916 le dernier pigeon du Commandant Raynal portant le message suivant : "Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées, très dangereuse. Il y a urgence à nous dégager. Faites nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C'est notre dernier pigeon."


Plaque commémorative

Le pigeon accomplit sa mission et obtint la citation suivante :

Malgré les difficultés énormes résultant d'une intense fumée et d'une émission abondante de gaz, accomplit la mission dont l'avait chargé le Commandant Raynal. Unique moyen de communication de l'héroïque défenseur de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier. Fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier.



Allée centrale du fort de Vaux, après qu'il ait été repris par
le général Mangin, le 2 novembre 1916

draleuq, 23h04 :: :: :: [5 déclarations d'amour]

:: COMMENTAIRES

 finipe , le 21/10/2006 à 02h54

Pour plus de détails sur le fort de Vaux, lire le bon article de Wikipédia :

-> [http]

 draleuq , le 23/10/2006 à 13h28

Plus choli avec des images vraiment, si laides soient-elles. Intéressante contradiction.

 arrierepetitefilsdetué, le 01/10/2009 à 14h45

Pourquoi "contradiction" dans ces images ? Parce que l'héroïsme vous semble laid à regarder ? La souffrance aussi ? Pourtant c'est grâce au sacrifice de ces hommes-là et de bien d'autres que notre pays a gardé sa souveraineté malgré deux guerres meurtrières... Peut-être qu'en comprenant le sens de cette "déchéance", vous verrez que la plaque n'est pas si contradictoire avec la photo...

 finipe , le 01/10/2009 à 19h20

Du calme, du calme, cher commentateur. Votre pseudo et votre pugnacité semblent montrer que vous êtes un fervent admirateur des sanglantes et héroïques batailles du XXème siècle, comme il y en a déjà eu de nombreux sur ce blog à venir s'insurger contre le moindre propos ayant ne serait-ce qu'un tout petit goût d'antimilitarisme ; sachez donc bien que le propos n'est pas de dénigrer, de quelconque façon que ce soit, les soldats de quelque bord qu'ils soient, ni leur bravoure ou leur sens du sacrifice. Il a déjà été dit plusieurs fois ici que ces actes n'étaient pas vraiment compréhensibles dans un pays qui vit en paix depuis 70 ans.

Mais il ne s'agit en aucun cas non plus d'en faire l'apologie : car oui, en effet, ces images sont laides. Un paysage lunaire, rasé tant il a été retourné par des milliers de tonnes d'obus ; des hommes affamés, blessés, pouilleux, sales, crevant dans des trous boueux souillés d'urine, d'excréments et de tripes... Ce sont assurément des images dont la laideur est indiscutable, quel qu'en soit le sens symbolique.

 draleuq , le 06/10/2009 à 13h57

Pour ton information, arrièrepetitfilsdetué, le texte est de moi à l'origine, c'est d'ailleurs marqué en haut : est-ce qu'il déshonore le sacrifice des poilus ?

Me faire ce procès à moi... Sur la guerre 14-18 en plus ! Ah ah ah ! Apprends donc à lire, pauvre couillon !

Signé : un arrière arrière petit neveu de tué, arrière arrière petit fils de gazé tuberculeux du côté de ma mère, et également arrière arrière petit fils d'unijambiste du côté de mon père, comme près de 100 % des français, pauv'tache !

Nan mé oh.

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