Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Patience et longueur de temps
C'est pas faux
En vérité je vous le dis, Dieu répudie amoureusement l'art. Ainsi, la mort s'enfuit, se précipitant vers le néant de l'imagination
Saint Tobustin ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

3 Avril 2007 ::

« La mécanique des caddies »

:: Misanthropie

Peu d'entre nous doivent pouvoir se targuer de n'être point des clients réguliers de ces succursales de la toute puissante consommation que sont les supermarchés. Bon gré mal gré, il faut bien avouer que ces magasins possèdent d'innombrables avantages : moins chers, concentrant tous les produits dont on peut avoir besoin au quotidien, pratiques, organisés. Bref : indispensables. Ces lieux de débauche ont toutefois en juste retour des choses une floppée d'inconvénients, dont il serait probablement assez vain — voire obscène — de dresser une liste. L'on peut en revanche citer l'un de leurs défauts majeurs : ils sont remplis de gens.

Ces gens ont à leur tour probablement une batterie de qualités diverses et variées, mais ils ont surtout un tombereau de défauts tous plus handicapants les uns que les autres : ils puent la cigarette et/ou la sueur et/ou la vinasse (le défaut olfactif est des plus incommodants), ils parlent fort, ils se foutent en travers des rayons avec leurs chariots, au mépris de l'obstruction du passage ainsi créée, ils se pressent les uns contre les autres, attirés par quelque inexplicable et ontologique instinct grégaire, bref, ce sont des gens. Ils existent, et chaque espace que l'on tente d'occuper paisiblement est systématiquement à moitié rempli de leur pénible présence.

Mais, au-delà de toutes ces considérations, il demeure un comportement qui est particulièrement tangible dans les supermarchés, en particulier aux abords des garages à chariots. Mais si, vous savez ! Ces longues files de chariots emboîtés les uns dans les autres, tels des chapelets de boîtes de conserves sodomites... Depuis longtemps munis d'un procédé antivol consistant à y insérer un jeton ou une pièce d'un euro, ils attendent sagement deux types de client : Le client qui arrive pour faire ses courses, et qui prend le chariot, et le client qui repart après avoir fait ses courses, et qui rend le chariot.

Généralement, il y a au moins deux files de chariots rangés. Eh bien, après une longue et rigoureuse étude comportementale, il ressort un fait statistiquement significatif : il y a presque toujours une file ne comportant que deux ou trois misérables chariots miteux, tandis que l'autre est pleine à craquer de dizaines de chariots, tant et si bien que cette file déborde de l'emplacement qui lui était assigné, allant même parfois jusqu'à gêner la circulation des piétons et des véhicules. Notons au passage que la mécanique des fluides chariotesques est une science encore méconnue, et dont les développements actuels laissent penser qu'elle serait d'une étonnante complexité, la moindre feuille de salade pourrie oubliée au fond d'un chariot pouvant perturber durablement les flux.

Observons donc un client qui vient de faire ses courses et qui range son chariot : que fait-il ? Il se dirige vers les deux files, et, voyant pourtant parfaitement que l'une des deux files est pleine, il remet quand même son propre chariot dans cette dernière. Il ajoute sciemment un grain de sable supplémentaire qui grippera encore un peu plus les rouages organisationnels du supermarché. Et pourquoi ? Parce que cet individu est une LARVE, et que ça lui ferait trop mal de bouger son GROS CUL et faire quatre mètres et demi de plus avec son chariot vide pour le ranger là où ça ne gênera personne.

Comme l'avait fait indiquer Richelieu sur les canons du roi : « Ultima ratio regum ». Je suggère donc qu'on applique à ces gens la bastonnade à coups de poireaux, histoire de leur apprendre le civisme. Non mais oh !

finipe, 17h48 :: :: :: [8 contestations]

:: COMMENTAIRES

 Jarnac, le 03/04/2007 à 21h56

une pancarte indiquant ce probleme au usager serais peut etre plus moderé mais o combien moins efficace

 draleuq , le 04/04/2007 à 00h13

"des chapelets de boîtes de conserves sodomites"... ça fait trois quatre fois que j'essaie de m'imaginer la scène, mais je n'y arrive pas à cause d'une crise de fou rire nerveux.
Quant à ça : "ce sont des gens. Ils existent, et chaque espace que l'on tente d'occuper paisiblement est systématiquement à moitié rempli de leur pénible présence."
Tsss tsss attention, tu es sur la corde raide qui mène tout droit vers la sociopathie ! Crois en mon expérience ! ;o)

 draleuq , le 04/04/2007 à 00h18

Par ailleurs, il faut préciser que j'ai maintes et maintes fois constaté ce problème également, mais que j'ai constaté également que cette fainéantise aiguë de l'usager de grande surface a permis de créer des emplois, puisque dans les plus grands hyper ils payent carrément des gars pour égaliser les files de chariot. Si si !

 finipe , le 04/04/2007 à 01h06

N'empêche, battre à plat mes congénères à coups de poireaux pour des raisons futiles est une expérience qui me tente assez o:)

 Yannou , le 04/04/2007 à 11h26

Très bonne observation, notamment pour la feuille de salade ! Je te rassure, c'est la même chose partout, le plus court chemin l'emporte sur l'encombrement minimum.

Exemple : tu vois les bouquins de chants à l'entrée des églises ? Chez moi, il y en a deux étagères. L'étagère A est plus proche de l'entrée, mais la B plus proche de la sortie ! Résultat : la A se vide inexorablement au profit de la B, et une personne passe son temps à rééquilibrer les étagères...

 Silgu, le 04/04/2007 à 15h26

Plutôt que les poireaux je serais plus pour la boule de pétanque dans une chaussette ou la barre à mine mais bon, parait que c'est interdit. Pour ma part, j'ai trouvé une manière plus simple : je ne fous plus les pieds dans ces taudis remplis de gens. Ma femme s'en sort très bien .

 Castelroussine, le 04/04/2007 à 22h24

Ooooooh, mais qu'est-ce que je me reconnais dans cette diatribe contre toutes ces choses absurdes !!! C'est mille fois vrai... Moi, j'ai une solution : quand on en a la possibilité, aller faire ses courses le midi en semaine... Y'a carrément moins de "gens", donc moins de sources de misanthropie... Sinon, moi il y a autre chose qui m'horripile, et c'est ce que dit Roland Magdane dans je ne sais plus quel sketch : tu prends 1 fois les produits pour les mettre dans ton chariot ; tu les prends une 2è fois pour les poser sur le tapis à la caisse ; 1 3è fois pour les remettre dans le caddie ; 1 4è fois ds le coffre de la bagnole ; une 5è fois tu les transportes jusqu'à chez toi ; une 6è fois tu les reprends pour les mettre au frigo... Et comme dit Magdane, le soir, quand t'ouvres la boîte, y'a un con qui trouve le moyen de dire : "oh, on mange encore des petits pois ce soir ?"

 Silgu, le 07/04/2007 à 13h42

C'est pour ça que la société a inventé le larbin. Maximo te livre et hop pas besoin de te coltiner la foule et ces miasmes, ton esclave vient te livrer directement chez toi. C'est beau le progrès.

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