Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

On a souvent besoin d'un plus petit que soi
Ah
bon ?
Malheureusement, l'Homme répudie doucement son destin. C'est pourquoi la mort se délite en rampant depuis l'extase du rationalisme
Jean-Sol Partre ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

15 Juillet 2010 ::

« Charles-Henri Sanson, la Terreur à travers les yeux du bourreau - 5 »

:: Histoire contemporaine, 1793

Ce billet fait partie d’un sujet qui en comporte neuf :
1ère partie2ème partie3ème partie4ème partie – 5ème partie
6ème partie7ème partie8ème partie9ème partie



29/11/1793 : Barnave

Né en 1761, issu de la haute-bourgeoisie grenobloise, Antoine Barnave fut dès le début de la Révolution, en tant que député du Tiers-Etat, un orateur influent. Partisan d’une monarchie constitutionnelle, il fut l’un des leaders du club des feuillants[1], et fut choisi par la Convention pour ramener la famille royale à Paris lors de la Fuite de Varennes. Il exhorta le Roi, par l’entremise de Marie-Antoinette avec laquelle il eut une correspondance très suivie, à reconnaître sincèrement la Constitution et à condamner les menées des émigrés, mais en vain. A la Prise des Tuileries, il fut compromis par la découverte d’une partie de sa correspondance dans le secrétaire du cabinet du Roi. Arrêté dès le 17 août 1792, il fut jugé les 27 et 28 novembre 1793. Avocat à l’origine, c’est lui qui prononça sa propre plaidoirie, qui fut brillante, mais ne le sauva pas bien entendu !


Au moment de la toilette, Barnave s’avance vers Sanson et lui dit en lui montrant ses mains : « Lie ces mains qui ont signé les premières la déclaration des droits ! »[2]

Emmené dans la même charrette que l’ex-ministre de la justice Duport du Tertre, qui doit être exécuté en même temps que lui, Barnave s’entretient avec lui. Ils disent que la ruine prochaine de la République entraînera la Liberté avec elle (ce qui n’est pas loin d’être totalement vrai !)
Les cris et les moqueries fusent autour de la charrette. Ainsi, un spectateur dit à Barnave :
- Si jeune, si éloquent, si courageux, en vérité, c’est dommage !
L’autre lui répond simplement :
- Vous l’avez dit !

Il sera guillotiné le dernier des 5 qui doivent y passer ce jour-là, juste après Duport du Tertre. Montant à l’échafaud, il s’arrête un moment pour regarder l’instrument du supplice et dit :
- Voilà ce qui va récompenser les services que j’ai rendus à la liberté ![3]


Antoine Barnave


30/11/1793 : Quatresous de Marolles père, mère et fils

Ce jour-là, avec 6 autres condamnés, sont exécutés Gédéon-Alexandre Quatresous de Marolles, noble, son fils Charles-Nicolas, 23 ans, officier de la garde nationale, et sa femme Louise-Madeleine.
Dès la toilette, la mère pousse des cris lamentables en voyant tomber les cheveux de son fils.
En entendant les supplications de la mère pour son fils, Sanson note que durant le trajet, les harpies habituelles n’osent même pas crier, et que certaines vont même jusqu’à la plaindre.
Le fils n’a de cesse de lui répéter qu’il est content de mourir avec elle, mais sa mère lui répond avec colère qu’il se taise, et qu’elle ne veut pas qu’il meure !
Elle est exécutée la première, et jusqu’à la guillotine elle se persuade que la grâce de son fils peut encore venir, elle en demande d’ailleurs la confirmation au bourreau, qui, apitoyé, répond affirmativement.

08/12/1793 : La comtesse du Barry

Née en 1743, Jeanne Bécu, devenue Comtesse du Barry par son mariage, devint en 1764, à la mort de Madame de Pompadour, la dernière favorite du Roi Louis XV. Durant les dernières années du règne de Louis XV, sa cohabitation avec Marie-Antoinette, épouse du dauphin et futur Roi de France Louis XVI, fut très difficile : Marie-Antoinette ne pouvait pas la voir. Aussi, à la mort de Louis XV en 1774, Madame du Barry fut aussitôt évincée de la Cour. Encore jeune, elle se consacra alors au mécénat et devint une véritable femme des Lumières. Durant la Révolution, elle soutint la monarchie jusqu’au bout et ne chercha pas à s’enfuir, et c’est ce qui causa sa perte.


Quand elle arrive dans l’avant-greffe du tribunal où l’on prépare déjà ceux qui doivent être exécutés avec elle, Mme Dubarry doit se tenir aux murs car ses jambes la soutiennent à peine. Quand elle aperçoit Sanson, elle pousse un grand « Ah ! » en se cachant les yeux derrière son mouchoir, puis tombe à genoux en criant « Je ne veux pas, je ne veux pas ! »
Ainsi, le ton est donné à cette exécution qui va être pitoyable.
La comtesse se relève bientôt et dit : « Où sont les juges ? Je n’ai pas tout déclaré ! Je n’ai pas tout avoué ! »
On fait alors revenir deux responsables, Royer et Denizot, qui la somment de tout avouer sur le champ.
Elle déclare encore quelques objets précieux[4] cachés dans sa maison ou confiés à des particuliers[5], mais elle s’interrompt sans cesse pour se lamenter.
On veut lui faire signer le procès-verbal de ses déclarations, mais à chaque fois elle repousse le papier, assurant qu’elle a encore des choses à ajouter, fouillant désespérément dans sa mémoire pour gagner quelques secondes de plus.
Royer et Denizot obtiennent finalement une signature et lui disent : « il faut maintenant vous soumettre aux décrets de justice, et racheter par votre courage l’ignominie de votre vie passée. »
Espérant probablement encore une grâce, Dubarry est anéantie par cette dernière phrase.

Un aide veut lui couper les cheveux, mais elle le repousse violemment, alors ils doivent se mettre à trois pour l’attacher et la maîtriser. Elle finit par se laisser faire, pleurant toutes les larmes de son corps.

Sur le chemin vers l’échafaud, des cris accompagnent les condamnés, mais sont bientôt couverts par ceux de la comtesse, de sorte que les spectateurs finissent par se taire, consternés.
- Bons citoyens, délivrez-moi, je suis innocente ! Bons citoyens, je suis du peuple comme vous, ne me laissez pas mourir !
Les « lécheuses de guillotine », les mêmes qui auraient volontiers lynché Bailly un mois plus tôt, baissent la tête en silence. Même Jacot le saltimbanque fait un bide avec ses grimaces habituelles !
Dubarry s’abandonne aux cahots de la charrette et doit être soutenue par les aides pour ne pas tomber. Elle claque des dents, passe par toutes les couleurs, supplie le bourreau, qui avouera avoir été à deux doigts de pleurer !
Ce dernier lui conseille de prier, mais elle ne se souvient plus des prières et ne fait que répéter machinalement : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu ! »

L’ordre d’exécution stipulait, ce jour-là, que la comtesse devait être la dernière à mourir. C’était la personnalité la plus importante, et plusieurs autres condamnés étaient « ses complices ». Mais voyant la tournure que cela prend, l’huissier vient voir Sanson et lui dit de « faire pour le mieux ».
Comme elle a une défaillance en voyant la guillotine, le bourreau décide d’en profiter pour la monter en premier. Mais se sentant empoignée, elle se réveille et commence à se débattre en criant : « Pas tout de suite ! Encore un moment messieurs les bourreaux, je vous en prie ! » D’autres aides prêtent main forte, mais elle se débat de plus belle et commence à mordre ! Comme elle pèse son poids, il faut plus de trois minutes pour la monter là-haut.
Le peuple se tait, beaucoup même se sauvent.
La comtesse hurlera jusqu’à son dernier instant.

Le lendemain sera exécuté Jean-Baptiste Noël, député des Vosges, hors-la-loi. Il demandera au bourreau « si c’est vrai que la Dubarry a eu si grand peur », et, un peu plus loin, il lui demandera s’il a bien essuyé le couteau, « parce qu’il ne conviendrait pas que le sang d’un républicain soit souillé par celui d’une prostituée ».


La comtesse Dubarry, par Elisabeth Vigée Lebrun
(qui était son amie)


Considérations misanthropiques :
Le spectacle consterna tellement l’assistance que Sanson écrira : « Si tous les condamnés criaient et se débattaient comme Madame Dubarry, la guillotine ne durerait pas longtemps ! »
Il s’interrogera longuement sur cette chose qui lui paraît si étrange : quand un condamné reste ferme et déterminé, qu’il affronte la sentence avec courage, voire une certaine morgue, la foule ne le supporte pas, l’injurie, voire lui jette des pierres. Par contre, quand le condamné pleure et se lamente, la foule se montre pleine de pitié et de compassion.
Pour les historiens en revanche, et en particulier pour les historiens à la petite semaine (comme moi, quoi), c’est exactement l’inverse : ils n’ont de cesse de glorifier ceux qui sont allés à l’abattoir la tête haute, en plaisantant ou en affirmant leurs convictions jusque sous le couteau, tels des martyrs. Par contre, ils n’ont généralement pas de mots assez durs pour qualifier ceux qui ont flanché, comme la Dubarry, ou plus tard, Camille Desmoulins : à les lire, ce sont de pitoyables lâches, des couards, des dégonflés.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas admirer la fermeté des Girondins, de Charlotte Corday, de Marie-Antoinette ou de Bailly. Je ne dis pas qu’il faut féliciter Dubarry d’avoir balancé d’autres personnes pour essayer de sauver sa peau. Mais par contre, j’aimerais bien que ceux qui fustigent sa couardise se demandent un instant comment ils réagiraient eux-mêmes s’ils étaient traînés dans une charrette pour avoir la tête tranchée !

31/12/1793 : Le général Biron

Armand Louis de Gontaut-Biron est né en 1747. Il épousa très tôt la carrière des armes et reçut son premier commandement en 1774. En 1778, il se porta volontaire pour la guerre d’indépendance américaine, et commanda l’expédition de conquête du Sénégal en 1779. De retour en Amérique en 1781, son rôle fut décisif face aux Anglais au siège de Yorktown. En 1789, il fut élu député de la noblesse aux Etats Généraux, mais rallia très vite la Révolution, combattant successivement à l’armée du Nord, à celle du Rhin, avant d’obtenir le commandement de l’armée d’Italie début 1793, d’où il fut rappelé en mai pour commander les armées de l’Ouest en Vendée, où il se distingua notamment par les victoires de Saumur et de Parthenay. Pourtant, sa modération envers les prisonniers le rendit suspect, et il fut notamment dénoncé par le général Westermann[6] qui lui reprochait de ne pas l’avoir secondé dans un combat. Il fut alors renvoyé à Paris et condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire pour avoir « conspiré contre l’unité et l’indivisibilité de la République. » Sa femme, Amélie de Boufflers, fut guillotinée le 27 juin 1794.


Quand Sanson arrive à la Conciergerie pour prendre le général, il mange des huîtres avec appétit.
- Ah ah ! Tu me permettras bien de manger ma dernière douzaine d’huîtres ! dit Biron en voyant le bourreau.
- Je suis à vos ordres ! répond Sanson.
- Non morbleu ! Malheureusement, c’est moi qui suis aux tiens ! continue-t-il en riant.
Le général finit ensuite son repas en plaisantant sur ses connaissances qui l’attendent dans l’autre monde et à qui il souhaitera la bonne année.

En sortant dans la cour de la Conciergerie, il salue ainsi d’autres prisonniers qu’il connaissait : « Messieurs, c’en est fait de moi, il faut partir pour le grand voyage ! »

Sur le chemin, il ne parle que de choses sans rapport avec lui-même, excepté une fois où il dit à Sanson : « Je devais m’y attendre, mais je n’ai pas de regrets, et ce serait à refaire que je ne me conduirais pas autrement ! »
A un moment, un soldat lui crie : « Adieu, mon général ! »
- Adieu, mon camarade ! répond Biron.


Armand-Louis de Gontaut-Biron, dit le Général Biron


Beaucoup d’autres généraux de la République furent envoyés à la guillotine avant et après Biron : inutile de trahir comme Dumouriez, il suffisait pour cela d’un peu d’incompétence, ou même d’une seule défaite malheureuse. Biron, en l’occurrence, ne pouvait se reprocher ni l’une, ni l’autre.
On ne peut en tous cas que constater la différence de mentalité avec la première guerre mondiale, où les généraux étaient devenus intouchables, et où c’étaient souvent les pauvres bidasses qui payaient de leur vie, devant un peloton d’exécution, l’incompétence de leurs chefs.

_________________________________
1. Après l’affaire de la Fuite de Varennes en juin 1791, le club des jacobins demanda la destitution du Roi. La partie aristocratique et modérée de ce club le quitta alors pour créer le club des feuillants, partisan d’une monarchie constitutionnelle. Parmi ses membres, on trouva Lafayette ou Bailly. En mars 1792, le gouvernement Girondin se débarrassa de ses ministres feuillants en raison de leur opposition à la guerre avec l’Autriche. Le 10 août 1792, après la Prise des Tuileries, 841 feuillants furent arrêtés pour trahison.

2. Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789. Ce texte, le premier du genre au monde, est encore aujourd’hui la raison pour laquelle la France est surnommée « la patrie des droits de l’homme ».

3. Sans vouloir ternir la mémoire de ce personnage qui ne fit pas que démériter, il faut tout de même préciser qu’il était attaché à la liberté des hommes à la condition expresse que leur peau soit blanche. En effet, c’était un farouche partisan du colonialisme et de l’esclavage, et en cela des gens comme Brissot ou Robespierre s’étaient violemment opposés à lui.

4. La fortune confisquée à la comtesse par la Révolution ne fut pas très considérable, car celle-ci avait notamment été ruinée par un récent vol de bijoux où était impliqué un espion anglais assez trouble du nom de Nathaniel Parker-Forth, qui les vendit aux enchères à son profit pour la bagatelle de 500 000 livres !

5. Particuliers qui iront sans doute rejoindre le palmarès de Sanson. On soupçonne la Dubarry d’avoir balancé pas mal de noms pour sauver sa peau. Or, vue l’ambiance de l’époque, cela suffisait amplement à perdre la tête ! Dans son journal du 24/12/93, Sanson écrit : « les révélations de Mme Dubarry n’ont pas sauvé sa tête, mais elles en ont fait tomber deux autres : Jacques-Etienne Labondie pour intelligence avec les ennemis de la république, et Denis Morin, valet de chambre de la Dubarry, pour recèle de bijoux précieux appartenant à la nation. » Et joyeux noël !

6. Il est vrai que celui-ci, surnommé « Le Boucher de la Vendée », ne pouvait guère être suspect de trop de compassion envers les prisonniers.

draleuq, 13h23 :: :: :: [4 assertions ineptes]

:: COMMENTAIRES

 skogkatt, le 15/07/2010 à 16h09

C'est fantastique à quel point on peut trouver un fil conducteur à toute ces exécutions qui nous amènent à Marx et à tous les régimes de dégénérés qui se sont constitués sur la même forme de paranoïa/haïne/délation pour aboutir à autant d'exécutions sommaires sur de futiles prétextes.
J'ai du mal à comprendre comment les royalistes (enfin les 50 qui reste en 2010 :) peuvent mettre dans le même panier toutes les Républiques de France qui se sont succédées, la 1er porte en elle toutes les tares futures.

J'aime bien ces chroniques, on découvre des noms plus ou moins connus.

 draleuq , le 17/07/2010 à 16h09

Ouais, et encore, comme tu vas le voir, plus on avance dans le temps, pire c'est. En 1793 c'était déjà très fort, en 1794 ça devient encore plus du grand n'importe quoi.

 skogkatt, le 17/07/2010 à 20h54

J'ai terminé cette semaine les "Mémoires" de Victorine de Chastenay, et ça découpe à tout va. Quand certain reproche aux nobles d'avoir emmigré, je comprend mieux quand le moindre prétexte pouvait les faire atterir sur le billot. Il ya une anecdote d'un gueu inconnu qui s'est vanté d'en avoir profité pour se débarasser de tous ses ennemis; pas de bol, il ne valait mieux pas s'en vanter, ça s'est retourné contre lui.

 Brath-z , le 21/07/2010 à 01h36

A propos de Barnave et en complément à la troisième note de l'article, précisons qu'il fut le principal responsable, en tant que rapporteur du Comité sur les Colonies, de l'inscription dans la Constitution de 1791 - jamais appliquée - de l'esclavage et du "préjugé de couleur", concept théorisé par certains orateurs suisses et français "négrophiles", c'est-à-dire membres de la Société des Amis des Noirs (qui militait non pas pour l'abolition de l'esclavage mais pour l'abolition de la traite négrière, combat pour lequel se retrouvaient aussi bien des anti-esclavagistes comme Brissot et des esclavagistes partisans d' "élever" des esclaves sur place comme Bacon de la Chevalerie, oncle de Barnave et principal financier du "triumvirat" Barnave-Duport-Lameth), qui prétend que la couleur de peau induit une inégalité naturelle, à ne pas confondre avec les théories climatiques très en vogue à l'époque.
On ne peut pas dire que cette "face noire" de Barnave ai marqué les esprits : dans son article Barnave du Dictionnaire Critique de la Révolution Française, feu François Furet (qui fut, en son temps, l'équivalent de BHL pour l'histoire moderne) occulte purement et simplement cet aspect. Pire encore : dans le Dictionnaire des Parlementaires Français 1789 - 1889 qui sert de référence sur le site de l'Assemblée Nationale, on trouve à ce propos dans la notice de Barnave : "omme membre du comité des colonies, il fut l'éloquent défenseur de la liberté humaine, et s'il ne prononça peut-être pas le mot célèbre : « Périssent les colonies plutôt qu'un principe », il conseilla une politique dont ce mot était du moins la formule" ( [http] ). Propos à la pertinence soumise à caution, comme vous pouvez en juger.

Mentionnons encore le mépris affiché par Barnave à l'encontre des pauvres, qui se traduisait par le propos suivant : lorsque, dans sa circonscription du Dauphinée, il revenait des grands diners donnés par les propriétaires terriens, les commerçants de sucre et autres notables qui constituaient son entourage sans appartenir à la noblesse (on dirait aujourd'hui la haute bourgeoisie), il lançait à la cantonade "j'ai rencontré le peuple !" De fait, en compagnie de Duport et de Lameth, il se fit (et s'assuma comme tel) le défenseur des intérêts des riches, confondant le Tiers-État tout entier avec sa fraction la plus privilégiée (à sa décharge, soulignons que Saint Simon fit de même, et qu'il faut attendre les années 1840 et la première pensée sociale - Proudhon, notamment - pour que les penseurs et intellectuels distinguent l'intérêt des seuls riches de l'intérêt du peuple en général).
On pourrait exprimer les opinions de Barnave en la matière par cette formule que j'ai entendue en séminaire à son propos : "au fond, s'il n'aimait pas les noirs, il n'aimait pas non plus les blancs, à moins qu'ils ne fussent riches". Il est assez étonnant que beaucoup en aient fait un véritable héros, l'exemple même du révolutionnaire modéré, le contre-Robespierre.

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