Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Bigre, je me
ronge
les sangs !
Dans ton cul
Tant bien que mal, l'esprit décroche irrémédiablement la démocratie. Ainsi, la vie s'oublie en courant vers le silence du rationalisme
Confunius ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

9 Décembre 2007 ::

« Louis XVII, roi deux fois mort - 2ème partie »

:: Histoire contemporaine, 1833

Ce billet fait partie d'un sujet composé de deux parties :

1. Louis XVII, roi deux fois mort - 1ère partie
2. Louis XVII, roi deux fois mort - 2ème partie



Le cachot

Après les exécutions de Louis XVI et Marie-Antoinette, le jeune Louis-Charles n'a plus grand monde sur qui compter dans sa famille : son oncle, le comte de Provence et futur Louis XVIII, s'est exhilé en Westphalie, et sa soeur aînée Marie-Thérèse (surnommée Madame Royale), âgée de 15 ans[1], est elle aussi retenue captive à la prison du Temple. Le 5 janvier 1794, alors que débute la Grande Terreur, pendant laquelle Robespierre tente de réduire au silence les députés montagnards de tout bord, le cordonnier Simon abandonne son rôle de précepteur, et Louis-Charles est enfermé quelques jours plus tard dans une pièce sordide et sans lumière de la prison du Temple. Le temps d'en faire un bon citoyen est fini : son cachot est infect, il ne reçoit aucune visite et ne parle pas même à ses geôliers. Son état de santé devient vite préoccupant : amaigri, amoindri, il est en particulier très atteint par la gale.

Le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre est arrêté sur ordre de la Convention, qui le fait guillotiner le lendemain et proclame la fin de la Terreur. Les députés Girondins, plus modérés, sont rappelés au pouvoir. Dès lors, les conditions de détentions de Louis XVII s'améliorent un peu. Plusieurs personnes se succèdent auprès de lui, des médecins viennent le voir, mais son état de santé est médiocre : dès le début de l'année 1795, il apparaît que l'enfant souffre de tuberculose. Il vit prostré, ne pouvant plus déplier l'un de ses genoux rongé par la gale, et plusieurs des geôliers signalent au « Comité de Sûreté Générale » l'état de santé du jeune garçon. On envoie des chirurgiens auprès de l'enfant, mais il est trop tard : le 22 prairial an III (10 juin 1795), Louis-Charles de France meurt, dans les bras de son geôlier. Le jour même, son corps est inhumé dans une fosse commune du cimetière Sainte-Marguerite.

Naundorff, troublant imposteur

En 1833, 38 ans après la mort officielle de Louis XVII, des événements historiques majeurs ont marqué la France et l'Europe. Napoléon Bonaparte a tenu l'Empire et fait trembler l'Europe jusqu'en 1814, date à laquelle Louis XVIII est monté sur le trône lors de la Restauration. En 1824, Charles X a succédé à son frère, avant d'abdiquer après la « Révolution de juillet », les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les Trois Glorieuses. Depuis, le roi est Louis-Philippe Ier, duc d'Orléans, soutenu par les orléanistes, au grand dam d'Henri d'Artois, petit-fils de Charles X qui réclame le trône, soutenu par les légitimistes.

Le 28 mars, un homme arrive à Paris, après avoir fait courir le message qu'il était en réalité Louis-Charles de France. Il s'appelle Karl-Wilhelm Naundorff, et n'est pas le premier a prétendre pareille chose : des dizaines de prétendants s'étaient déjà fait connaître, mais aucun n'avait pu réellement convaincre. Naundorff semble plus habile : il fait croire qu'une substitution a été opérée à la prison du temple, près de 40 ans plus tôt. Il faut bien dire que tant de braves gens, le légitimisme chevillé à l'âme, rêvent d'un providentiel retour du descendant de Louis XVI, que Naundorff n'a pas même besoin de dire quoique ce soit : ses admirateurs bâtissent son succès à sa place. On souligne son étonnante ressemblance (la couleur de ses yeux en particulier) avec le jeune Louis-Charles, on s'étonne de la précision de ses connaissances sur la jeunesse du prince, sur le château de Versailles et sur le palais des Tuileries. C'est bientôt toute une petite Cour qui se forme autour de lui, des satellites qui pourvoient à ses besoins, financiers en particuliers, bien entendu !


Karl-Wilhelm Naundorff en 1845

Naundorff est un individu excentrique, qui se prend pour un mystique : il fait des prédictions, prétend qu'il communique avec les anges... Mais le masque ne tient guère, et ses motivations réelles apparaissent finalement : il intente un procès contre la duchesse d'Angoulême pour récupérer l'héritage paternel, demandant la restitution des 300 millions de francs qui lui auraient été confisqués. Le régime ne peut en supporter davantage, et exhile Naundorff, qui se retrouve en Angleterre. Là-bas, son délire mystique devient des plus farfelus : il converse directement avec le Christ, devient prophétique, et finit par créer une secte qu'il baptise Eglise catholique évangélique. Mais après bien des années de bouffonneries, ses plus fervents admirateurs se lassent, et les ennuis financiers commencent pour Naundorff : il passe quelques mois en prison, poursuivi par des créanciers, puis prend la poudre d'escampette vers la Hollande.

Il réussit à obtenir un passeport au nom de Monsieur de Bourbon, et tente de prendre un nouveau départ. Mais il meurt finalement du typhus, le 10 août 1845, dans la ville de Delft. Aujourd'hui encore, sa tombe se trouve là-bas, et l'on peut y lire :

Ici repose Louis XVII
Charles Louis Duc de Normandie
Roi de France & de Navarre
Né à Versailles le 27 mars 1785
Décédé à Delft le 10 août 1845

La fin du mystère

En 2000, après 150 années de controverse sur l'identité réelle de Naundorff, au cours desquelles les descendants de ce dernier (il avait eu 8 enfants) n'ont cessé de clamer leur légitimité à prétendre au trône de France, le mystère s'est enfin éclairci : une enquête historique menée par l'historien et écrivain Philippe Delorme, alliée à des analyses ADN comparant les restes du coeur embaumé du jeune garçon mort au temple avec un cheveu de Marie-Antoinette, a prouvé que ce jeune garçon mort le 10 juin 1795 avait bien un lien de parenté avec Marie-Antoinette. Dès lors, l'usurpation de Naundorff n'a plus fait de doute. Ses descendants ont fait effectuer de nouvelles analyses en 2004, mais refusent depuis d'en publier les résultats. Etonnant, non ?


Le coeur de Louis XVII, relique placée dans la chapelle
des Bourbons de la basilique Saint-Denis, le 8 juin 2004


_________________________________
1. Louis XVI et Marie Antoinette avaient également eu un autre fils (Louis), né en 1781 : il mourut à l'âge de 8 ans des suites d'une tuberculose, après une très pénible agonie. Le royal couple, qui aimait vraiment cet enfant intelligent et rieur malgré sa santé fragile, en fut totalement anéanti. Le peuple, quant à lui, n'en eut cure, alors qu'il s'était pourtant réjoui à la naissance du dauphin.

finipe, 01h08 :: :: :: [2 interventions abstruses]

:: COMMENTAIRES

 pilayrou, le 21/10/2008 à 17h14

Le 21/10/2008
POURQUOI PAS UN FILM SUR CETTE FORMIDABLE AVENTURE !

jean-claude.pilayrou@wanadoo.fr Guilers (Brest Métropole Océane)
Encouragé par Philippe Erlanger (historien , fondateur du festival de Cannes) – Maurice Etienne (historien de Louis XVII) – Ex-membre du cercle de recherches Louis XVII (50 membres )

NON ; LOUIS XVII N’EST PAS MORT LE 8 JUIN 1795.
MES DECOUVERTES NOUS LE PROUVENT (28 ans de recherches).

1/ Résumé du mystère Louis XVII.
2/ « Le roi perdu – Mémoires de Vaisons » d’Octave Aubry.
3/ Louvel le régicide, probablement Louis XVII.
4/ L’explication du mystère selon moi.

1/ RESUME DU MYSTERE LOUIS XVII.

Louis XVII est né à Versailles le 27/3/1785. Il fut enfermé aux tours du Temple avec ses parents, sa soeur et sa tante paternelle le 13/8/1792, après la chute de Louis XVI.
Roi de France pour les pays d'Europe et les insurgés français le 21/1/1793, il est enlevé à sa mère début juillet 1793 et confié au ménage Simon. Sa résidence est toujours au Temple. En octobre 1793, il dépose contre sa mère (qui va être jugée). Sa soeur, qui ne le voit plus, est confrontée à lui et dit : "Il a grossi sans prendre de croissance". Un chercheur pense que l'enfant n'est pas Louis XVII mais un substitué. L'évasion aurait eu lieu en juillet précédent. Dans ce cas, Mme Royale, soeur de Louis XVII, aurait menti.

En janvier 1794, le Dauphin est cloîtré dans une chambre du Temple. Le gardien Simon a du choisir entre sa place au Temple et son mandat de municipal à la Commune de Paris (non-cumul). Pas de remplaçant pour Louis XVII. L'enfant reçoit sa nourriture par un petit guichet. Il vit dans la pénombre. Les commissaires qui se succèdent chaque jour pour le garder ne peuvent le voir. Pas de visite de médecin.

Robespierre, tout-puissant maître du Comité de Salut Public, fut plus tard soupçonné d'avoir profité de cette situation pour enlever l'enfant et le remplacer par un petit malade. Un papier, retrouvé chez un de ses agents politiques après sa mort, indique laconiquement des mesures à prendre. L'une d'elle est intéressante : "Nommer un cuisiner, arrêter l'ancien".
L'ancien est Gagnié, déjà en service à Versailles. Il se targuera d'avoir pénétré dans la chambre de Louis XVII, qui lui déclara : "Que veux-tu mon ami ? je veux mourir". Il attestera à la Restauration que l'enfant était bien le fils de Louis XVI.

Enlèvement ou pas, Robespierre meurt, on sait comment, le 28/7/1794. Il a pris une balle dans la bouche auparavant durant la prise de l'Hôtel de Ville par les sections révolutionnaires favorables à la Convention en rébellion. Il n'a donc pas pu parler devant un tribunal s'il a enlevé le Dauphin.

Barras lui succède aux affaires. Il se précipite au Temple et trouve un garçon affaibli dans la chambre murée. Il sera soupçonné par les historiens d'avoir kidnappé Louis XVII. Il aurait déclaré, en 1803, lors d’un repas arrosé, qu’il verrait pendu le scélérat corse (Bonaparte, qui l’avait renversé) et savait Louis XVII vivant. A sa chute pourtant, et plus tard, il ne fait pas usage de sa botte secrète. Il décédera en 1828.

Barras a mis à la disposition du Dauphin le créole Christophe Laurent, un protégé à lui.
Les conditions de vie de l'enfant s'améliorent un peu. Gomin vient bientôt assister Laurent, qui, en mars 1795, quitte le Temple : sa mère est mourante; il faut qu'il regagne les Antilles. En fait, sa mère est morte depuis vingt ans !

Lasne rejoint Gomin. En mai 1795, des médecins sont demandés pour visiter Louis XVII. L'état du pauvre enfant se dégrade, et il meurt le 8/6/1795. Le docteur Pelletan prélève son cœur et le garde chez lui.

A partir de 1798 commence la saga des faux dauphins.
Un dénommé Hervagault, en fugue pour la X ième fois, annonce qu'il est Louis XVII (des rumeurs circulaient dés 1795 sur la survie de Louis XVII). Il sera jugé et finira ses jours en prison en 1812. Notons que lors d'une fugue précédente, son père n'a pas voulu le reconnaître !!!

A la Restauration, voici l'ignare Bruneau et le dandy "Baron de Richemont". Puis arrive Naundorff, apparu en Prusse. On trouve des traces du lui en 1809. En 1819-1820, il aurait contacté le duc de Berry, fils du futur Charles X. Il se rendra en France dans les années 1830, vivant de l'hospitalité de ses partisans. Certaines personnes ayant connu Louis XVII reconnaîtront en lui le fils de Marie-Antoinette. Mais que peuvent valoir ces témoignages 40 ans après les faits ? Naundorff donnera des renseignements sur la vie du Dauphin. A-t-il soutiré ces informations des gens qui le reconnaissaient ?

Naundorff sera expulsé de France. Il vivra à Londres, fondera une religion, partira pour les Pays-Bas où il mettra une bombe connue sous le nom de " bombe Bourbon ". Le roi l'autorisera à porter le nom de
Bourbon. Naundorff meurt le 10/8/1845 à Delf. Ses partisans se battront pendant des décennies pour sa reconnaissance.

Sa famille existe toujours. Une branche vit en France, l'autre au Canada. Elle a été déboutée lors d'un procès en 1954.

En 1999-2000, l'historien et journaliste Philippe Delorme a contacté la noblesse française afin que le coeur du petit décédé le 8/6/1795 soit analysé avec la méthode ADN. Le résultat fut que le coeur examiné était celui d'un parent de Marie-Antoinette, donc en principe de Louis XVII.

Monsieur Delorme a officiellement mis un terme à cette énigme; mais certains avancent que le coeur est celui du frère de Louis XVII, décédé en 1789. Le cœur embaumé de cet enfant a disparu sous la Restauration. Une bataille acharnée se déroule depuis entre Mr Delorme et les partisans de l'autre thèse. Mais une médecin-légiste a affirmé au cours d’une émission diffusée en janvier 2007 qu’elle serait bien en peine de faire la différence entre un cœur embaumé (frère de Louis XVII) et un cœur non embaumé (cœur du décédé le 8/6/1795).

2/ « LE ROI PERDU – MEMOIRES DE VAISONS », D’OCTAVE AUBRY.

Bref rappel : l’historien et futur académicien Octave Aubry reçoit en 1923 le manuscrit des mémoires du comte de Vaisons, collaborateur du comte Decazes, président du conseil de Louis XVIII.
Dans ce manuscrit, Vaisons est chargé par le roi d'enquêter sur l'affaire Louis XVII. Il visite des témoins de l'époque (le docteur Pelletan, qui a prélevé le fameux coeur des analyses de 1999-2000 - la veuve Simon, femme du 1er gardien du Dauphin – la duchesse d'Arbrantés - le gardien Gomin). Puis il va voir Barras, "tueur" de Robespierre.

Barras lui dit qu'il a fait sortir le fils de Louis XVI du Temple le 25/8/1794. Ses complices étaient le tout nouveau gardien de l'enfant, Christophe Laurent (un protégé créole du secrétaire de Barras) et la soeur de celui-ci, qui introduisit le substitué déguisé en fille. Joséphine de Beauharnais est mise au courant de l’affaire. Fouché, chef de la police secrète de Barras, le sera bientôt.

Louis XVII sera envoyé à St Domingue l'année suivante. Barras n'en sait pas plus. Fouché aura entre temps pris l'affaire en mains. Bonaparte arriva (1799); Barras sera éloigné et Fouché ne lui donnera que de vagues nouvelles du jeune homme.

Vaisons rapporta à Louis XVIII les faits. Le roi envoya aussitôt (1er mars 1820) Vaisons chez Fouché, exilé à Trieste (Italie).

Fouché ne dira mot à Vaisons. Il veut son retour en France contre la vérité sur l'énigme du Temple. Et Louis XVIII ne veut pas de Fouché ! Le comte de Vaisons termina ainsi son enquête.

Début février 1821, la veuve de Fouché, décédé en décembre 1820, se présenta devant Vaisons. Elle lui remit un paquet de lettres : des courriers de Laurent à Fouché, et un courrier expliquant la fin de
Louis XVII, tué lors d'une émeute à Port-au-Prince (Haïti) le 16/9/1803. Le Dauphin vivait jusqu'ici chez une dame Rolland de La Toste. Vaisons en informa Louis XVIII.

Aubry fut acclamé lors de la sortie des « Mémoires » de Vaisons (Le roi perdu). Mais il déclara bien vite que c'était un roman sorti de son imagination ! Dans un courrier adressé à un abbé, sa fille, avocate, déclara que son père fut convoqué par le pape Pie XI au Vatican. Il revint de Rome et ne parla plus jamais de cette affaire. Il détruisit sans un mot ses papiers peu de temps avant sa mort en 1946.
J'ai photocopie de ce courrier de 1957.

Le comte de Vaisons n'aurait donc jamais existé, pas plus que la dame de la Toste.
DONC ROMAN !!!!!

Et bien sans doute que non !

Intrigué, j'ai tapé sur Internet les dates de naissance et de mort de "Vaisons" : 1786-1873.

El la merveilleuse machine me donna ceci :

"Mémoires du marquis-général de Bonneval - 1786-1873" éditées chez Plon - 1900

Curieux, j'ai lancé ma petite enquête sur Bonneval.

Au début de l'Empire, il entre dans l'armée, côtoie l’Empereur et ses proches épisodiquement, accède à des postes comme aide de camp des maréchaux Duroc et Soult. En 1814, il se rallie à Louis XVIII, reste fidèle au roi aux Cent-Jours. Il sert ensuite aux Tuileries aux gardes du corps de 1814 à 1830. Il refuse de servir Louis-Philippe et se retire. La famille Bonneval est sur la liste des descendants d’Hugues Capet.

Voici les points communs entre "Vaisons" et Bonneval.

Les années de naissance et de décès : 1786-1873

Aubry reçoit le manuscrit de "Vaisons" des mains d'un petit-neveu de ce dernier,
LE MARQUIS DE B....... (Bonneval ?)

Vaisons parle de Charles X, "son vieux maître". Bonneval accompagne ce roi jusqu'à Cherbourg lors de l'exil de 1830.

Vaisons refuse de servir Louis-Philippe, comme Bonneval.

Vaisons est doué pour l'écriture; Bonneval écrit ses "Mémoires anecdotiques".

Vaisons dit qu’il a un ancêtre prénommé Melchior, tout comme Bonneval.

Dans « Le roi perdu – Mémoires du comte de Vaisons », Vaisons dit page 201 :

« Le duc Decazes ne me le pardonna jamais, je crois, tout à fait ».
(il s’agit d’une histoire de jalousie entre le premier ministre du roi et Vaisons).

Dans ses « Mémoires anecdotiques », Bonneval dit page 271 :
« Monsieur Decazes fit bonne mine à ce coup droit, mais il ne me le pardonna jamais, je le crois ».
(Bonneval a reproché à Decazes d’avoir rallié Louis-Philippe).

Pratiquement la même phrase !!! Un acteur commun : Decazes ! et un noble au service des Bourbons.

Vaisons était Bonneval ! C’est certain.
Nous pouvons résumer les choses en trois solutions possibles:

1- L’ouvrage publié par Aubry est la vérité; donc le cœur analysé en 2000 n’est pas celui de
Louis XVII ;
Bonneval a brouillé les pistes dans son manuscrit afin que l’on ne sache pas qui l’a écrit, ainsi qu’Aubry.

2 -Bonneval a perdu la tête et a écrit cette fantaisie. Curieux pour un personnage qui est sur la liste des descendants d’Hugues Capet, et qui est général ! D’autre part, il devait être très documenté ! Hypothèse douteuse.
3 - Aubry a écrit cette fantaisie en prenant comme exemple la vie de Bonneval. Mais pourquoi un écrivain sérieux aurait-il pondu ce roman ? Il implique un grand nombre de familles nobles (Vaisons a un ancêtre qui a épousé une ancêtre de la famille de Castellane-Majastres ; la famille Decazes est au courant,
les Arbrantés ont leur ancêtre Laure Junot qui est visitée par Vaisons – en 1923, toutes ces familles existent !). D’autre part, pourquoi avoir fait naître Vaisons au château de Saillans (dans la Drôme – où il n’y a pas de château - mais château à Saillans, dans la Gironde, non loin du lieu de naissance de Decazes !)

Sur la couverture du « Roi perdu » est imprimé « publié par Octave Aubry ». Publié : synonyme d’édité, pas d’écrit ! On n’imprime pas cela comme on va faire ses courses ! Octave Aubry déclara après la publication être l’auteur de cet ouvrage. D’autre part, le titre de la collection est « Le roman dans l’Histoire ». Cela voudrait dire qu’Aubry ne savait pas ce qu’il publiait, du vrai ou du faux. Donc, « Le roi perdu » est l’œuvre du marquis de Bonneval !

Vaisons dit qu’il a un ancêtre qui a pour prénom Melchior. Cela n’est pas dans l’ouvrage de Bonneval. Il a donc fallu qu’Aubry le sache !!! Et pourquoi Aubry n’a t-il pas recopié à l’identique la phrase de Bonneval sur Decazes, tant qu’à faire ? Pourquoi le récit qu’aurait écrit Aubry est-il si précis ?

Vaisons interroge Gomin, l’adjoint de Laurent, gardien du prisonnier de juillet 1794 à mars 1795.
Il demande à Gomin pour quelle raison Laurent quitta le Temple. « Il voulait retrouver sa liberté, son jardin. Il se sentait comme enfermé dans la Tour » répondit Gomin. Nous sommes loin du prétexte de la mère de Laurent bien malade ! (mère décédée depuis 20 ans au demeurant). Aubry aurait-il décidé une fois de plus de berner ses lecteurs ? Un futur académicien !

Pourquoi Vaisons parle-t-il de Louis XVIII assis sur un fauteuil parsemé d’abeilles impériales ? La duchesse d’Angoulême avait fait disparaître toute trace du passage de Napoléon aux Tuileries !
Louis XVIII aurait-il gardé un « souvenir » de l’Empereur ? Où Aubry a-t-il pu trouver cette anecdote ?

Vaisons arrête son enquête en mars 1820, après avoir fait son rapport à Louis XVIII sur le refus de Fouché de livrer des informations sur Louis XVII. Pourtant les mémoires de Vaisons sont datées d'avril 1819 à juin 1820. D'avril à juin 1820, qu'a fait Vaisons ? Cette date de juin 1820 est celle de la mort du régicide Louvel.

J'ai parcouru quelques pages du "Roi perdu". Il manque bien une partie du récit de "Vaisons", comme si Octave Aubry n'avait pas voulu faire éditer les avant-dernières pages. Ces pages qui concernent la période fin mars-juin 1820. Que pouvez donc raconter ces pages ?

Petit rappel : il est imprimé "Relation fidèle des recherches qui me furent prescrites et des événements auxquels j'ai été mêlé d'avril 1819 à juin 1820". Et le récit de "Vaisons" s'arrête en mars, à son retour de Trieste, ou il a visité Fouché ! Et la suite ? LA SUITE QUI EST LA PERIODE DE L'ENQUETE CONCERNANT LOUVEL !

Page 254, "Vaisons" raconte que les dossiers qui lui avaient été confiés furent donnés à la duchesse d'Angoulême et que cela explique leur disparition (dont on accusa Decazes). Et Aubry note que ces dossiers devraient se trouver dans les mains des héritiers d'Henri V (1924).
Invente-t-on cela en parlant de vivants ? Il devait être fou, ce futur académicien !

J’ai reçu les parutions antillaises d’un prêtre, l’abbé Paul Delisle, décédé en 1947. Il a fouillé dans les registres d’état-civil de plusieurs communes des antilles. La sœur de Laurent, qui enleva le prisonnier du Temple, fut marraine en 1797 aux Antilles avec un dénommé La Taste. La dame qui abrita l’enfant était Mme de la Toste (nom imaginé, comme beaucoup dans le livre d’Aubry-Bonneval). De la Toste – La Taste !

Aubry n'a pu inventer cela; si il avait voulu écrire un roman, il ne se serait pas donné tout ce mal !!!.



Voici les dernières pages du « Roi perdu – mémoire du comte de Vaisons »
publié (comme le précise la couverture) par Octave Aubry en 1924.

Un historien tel qu’Octave Aubry a-t-il pu se moquer de ses lecteurs à ce point en écrivant ces lignes ? Si oui, cela est grave, car il induit les gens dans l’erreur. Si ce n’est point lui l’auteur de ce texte, « Le roi perdu » est la preuve quasi-certaine d’une évasion de l’enfant du Temple.


Dernières notes du comte de Vaisons – Septembre 1862


« Je rouvre ce cahier après plus de vingt ans, je le relis et maintenant que je suis un très vieil homme, sans autre passion possible que celle de l’honneur, je me demande si je dois laisser après moi un tel témoignage ou l’anéantir de mon vivant.

Ce n’est qu’à mes fonctions près de M. Decazes que je dois d’avoir découvert le secret de la destinée de Louis XVII. A ne considérer que cela, je devrais me taire. Mais n’y a-t-il que cela ? Je suis, aujourd’hui, le seul dépositaire de ce legs mystérieux du passé. Louis XVIII est mort dans son lit royal, heureux après un tel exil de pouvoir rendre le dernier souffle sous le toit de ses pères. Mon vieux maître, Charles X, a fini tristement, mais avec un beau courage, sur la terre d’Autriche. Le duc et la duchesse d’Angoulême sont morts eux aussi. Voici de nouveau la France aux mains d’un Bonaparte.
Napoléon III règne depuis dix ans et sans doute M. le comte de Chambord, héritier de l’antique lignée de nos rois, ne ceindra-t-il jamais la couronne de Saint-Louis. Le duc Decazes, qui sut ce que je sais, est mort l’an dernier sans rien laisser, - je m’en suis assuré – de relatif au problème qui nous occupa avec une passion, et par moments, une angoisse si vives.

Tous ceux qui furent possesseurs du secret ont donc disparu ; si je ne parle pas, il sera enseveli à jamais. Nous ne devons point, je crois, avoir souci seulement de l’opinion de notre époque, il nous faut aussi nous préoccuper de ce que penseront les générations futures. On a des devoirs envers la vérité et envers l’histoire ; quand le silence encourage l’imposture ou les égarements romanesques, il me semble qu’on est autorisé à le rompre pour dire : « voilà ce qui fut. »

Du reste, dans la révélation de ce secret que nul, - je tiens à le signaler, - ni le Roi, ni son ministre, ne me fit promettre de taire, il n’est rien qui puisse porter préjudice à la mémoire vénérée de mes anciens souverains. J’estime même que c’est servir ; en particulier, c’est défendre le souvenir de Louis XVIII que certains publicistes accusent aujourd’hui de je ne sais quel marché infâme avec Barras pour faciliter son accès au trône… par la perte de son neveu.

Puis, et c’est au fond ce qui me décide, parler sera rendre un dernier, un suprême hommage, celui de la vérité, de qu’à travers la vérité respectueuse et émue à ce petit fantôme couronné dont on n’aperçoit plus la pâle figure qu’à travers cinquante ans de contes absurdes et de soupirs intéressés !

Tout cela pesé, - longuement, - je me résous à laisser derrière moi cet écrit. Toutefois, je prendrai les précautions nécessaires pour qu’il ne vienne pas satisfaire la curiosité souvent indiscrète de mes contemporains : je choisirai l’heure où il lui sera permis de voir le jour. (ce fut 50 ans après sa mort, en 1923)


Rappel : Barras avoua sous la menace à Vaisons qu’il enleva Louis XVII. Fouché s’empara ensuite du garçon et l’envoya en Haïti où il mourut en 1803.

Le « comte de Vaisons » est le marquis de Bonneval, officier à la Cour (1815-1830). Aucun doute n’est permis là-dessus.

« Vaisons » nous parle d’égarements romanesques. Quel indice ! Car si c’est Aubry qui a écrit ce livre, il n’a pas manqué d’air ! Il a du être payé par les anti-naundorffistes ! Un futur académicien qui raconte n’importe quoi !



3/ LOUVEL LE REGICIDE ETAIT SANS DOUTE LOUIS XVII.

Assassin du duc de Berry en 1820, il fut guillotiné après son procès. Depuis 1980, j’ai trouvé
13 éléments qui peuvent laisser penser qu’il était Louis XVII, enlevé par Robespierre.

Louvel était sobre et travailleur. Il était cultivé, ne se liait à personne. Il a toujours dit avoir agi seul.

Louvel-Louis XVII. des confidences ? De qui ? Ils sont tous morts ! (le père Louvel - 1796, Robespierre – 1794 – la mère est décédée en 1787).

1: le vrai Louvel était en pension de juin 1791 à octobre 1795, donc possibilité d'introduire dans la famille Louvel un inconnu et de le faire passer pour le fils de la famille de retour à Versailles (1794);

2: Robespierre est passé devant chez les Louvel à Versailles tous les jours d'avril à novembre 1789 (première possibilité d'un lien),

3: Le conventionnel Lecointre accompagne Robespierre le 17/7/1791 (fusillade du champs de Mars) dans la quête d’un abri sûr. les Lecointre et les Louvel sont liés (le père Lecointre était parrain chez les Louvel);

4: En 1804, Louvel déclare avoir 19 ans (âge de Louis XVII), alors qu'il en a presque 21 ! (ce n'est pas un témoignage, c'est marqué sur son livret ouvrier !)

5: En 1806, Louvel est réformé de la garde impériale par Larrey et Sue, amis de Desault, médecin au
Temple en mai-juin 1795. en 1820, Louvel veut dire au médecin qui l'a réformé quel bon soldat la France a perdu ce jour-là !!!!!!!!!

6 : En 1814, Louvel, qui n'aime pas l'armée, rejoint Napoléon à l'ile d'Elbe. il y restera deux mois comme sellier. A-t-il voulu parler à l'empereur ?

7 : L'abbé Arnoux, chargé par la famille royale de tirer les vers du nez du régicide, meurt à 28 ans le jour de l'ouverture du procès Louvel !!!!!!! (d'un maladie poitrinaire, officiellement).

8 : Louvel écrit : je n'ai pas déshonnoré ma Nation, je n'ai pas déshonnoré ma fille. N'ayant pas d'enfant, la fille de Louvel est-elle la Nation ? (texte lu aux pairs de France : fille est remplacé par famille - il existe 2 documents).

9 : Louvel ressemble étrangement à Joseph II d'Autriche, oncle de louis XVII (test réalisé sur 15 personnes - 11 ont mis Joseph II en premier, et François II en second, cousin de louis XVII - sur 20 portraits de même taille).

10 : Louvel a obtenu du Bourreau Sanson le droit de garder son chapeau pour aller à la guillotine ! (comme Louis XVI et Charles 1er d’Angleterre) Sanson avait-il des ordres de « choyer son patient ? »

12 : Louis XVIII ordonne une messe à la mémoire de Louis XVII pour le 8 juin 1821, soit un an et un jour après la mort du régicide. (cérémonie annulée). C'était la 1ere fois que Louis XVIII ordonnait cela.

11 : Les restes de Louvel sont transférés dans une fosse commune, mais bien vite, un petit nombre de personnes les exhument et les transportent dans un lieu toujours inconnu. Volonté de Louis XVIII de ne pas créer un lieu de pèlerinage républicain, ou d’inhumer Louvel dans une tombe royale ? (il existe des emplacements vides à la basilique de Saint-Denis).

13 : Le comte de Vaisons (Le roi perdu, de l'académicien Octave Aubry), qui n'a jamais existé, (mais le général-marquis de Bonneval correspond à son profil) arrête son enquête diligentée par Louis XVIII à la mort de Louvel (juin 1820).

4/ L’EXPLICATION DU MYSTERE SELON MOI

Robespierre a enlevé le Dauphin et l’a confié au père Louvel. On sait ce qui adviendra par la suite.
Barras a enlevé le remplaçant de Louis XVII. Caché à St Domingue, il meurt en 1803 ( ?).
Louis XVIII fit faire une enquête par Bonneval. Entre temps, Louvel tue le duc de Berry.
Louis XVIII, qui est perturbé par les apparitions continuelles de faux dauphins (Hervagault, Bruneau, Dufresnes…), se demande si Louvel n’est pas Louis XVII, qui vient de se venger de son état de roi déchu en tuant Berry. Il fera faire une enquête approfondie. Louvel n’ayant pipé mot, il le laissera aller à la guillotine.
Aujourd’hui comme hier, les héritiers du secret gardent le silence. Et l’analyse ADN de 2000 fut un pieux mensonge, destiné à protéger la mémoire du roi assassin : Louis XVII.

 finipe , le 21/10/2008 à 19h05

Dès lors que l'on met en doute la crédibilité d'une preuve scientifique quasi irréfutable, il devient aisé de bâtir les théories de complot les plus fumeuses. Je suis sceptique, mais si vous estimez avoir de quoi écrire un ouvrage susceptible d'intéresser un éditeur, alors jetez-vous dans la bataille !

Décidément, on n'aime pas voir les mystères séculaires enfin résolus :)

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