Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

On a souvent besoin d'un plus petit que soi
Ah
bon ?
Tant bien que mal, l'esprit répand silencieusement son destin. Par là même, l'amour s'oublie en atteignant la fin de l'imagination
Confunius ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

30 Novembre 2006 ::

« Thémistocle & la bataille de Salamine »

:: Histoire antique, -480

Ce billet fait partie d'un sujet composé de quatre parties :

1. La bataille de Marathon
2. Léonidas & la bataille des Thermopyles
3. Thémistocle & la bataille de Salamine
4. La fin des guerres médiques



La difficile situation grecque

Au lendemain de la mort de Léonidas Ier aux Thermopyles, et malgré l'échec de la flotte perse à l'Artémision, la Grèce est en très mauvaise posture : Thémistocle, commandant athénien de la flotte grecque, a volontairement abandonné Athènes aux envahisseurs, sachant qu'il n'était pas en mesure de la défendre. Seul le Péloponnèse demeure libre, et l'armée grecque, autant terrestre que maritime, est en large infériorité numérique. Aussi, les conversations sont âpres entres les différents généraux grecs pour décider de la stratégie à adopter. Deux hommes s'opposent encore une fois, Eurybiade et Thémistocle.

Eurybiade, général de Sparte, est partisan d'une attaque combinée de la flotte et des troupes terrestres après une remise en condition de chacun. Thémistocle quant à lui affirme que la seule issue victorieuse passe par un conflit exclusivement naval visant à détruire les navires de ravitaillement perses et ainsi priver l'armée ennemie de son soutien, la condamnant à reculer. Un jeu d'influence s'engage entre les différentes cités état ayant chacune engagé plus ou moins de troupes dans la bataille, afin de trancher la stratégie qui sera appliquée. Dans cette coalition panhéllenique, on trouve notamment les cités situées entre l'Attique et le Péloponnèse telles que Corinthe, Mégare, Eleusis, Sicyone et Egine, ainsi que d'autres telles que Chalcis, qui fut pourtant pendant longtemps une grande rivale d'Athènes.


C'est finalement le plan de Thémistocle qui est retenu, et c'est autour de l'île de Salamine que tout se jouera : l'endroit se révèle propice à la stratégie choisie, et permettra notamment à la flotte grecque d'éviter de se faire submerger par le nombre, du fait de l'étroitesse du lieu de bataille. Pour y attirer Xerxès, Thémistocle ruse et envoie une fausse information par l'intermédiaire d'un de ses hommes originaire d'Ionie, affirmant que de nombreux généraux grecs fuient la bataille : Xerxès tombe dans le piège et ordonne l'attaque immédiate. La flotte perse commence à encercler l'île de Salamine, malgré la configuration de la baie.

Choc naval

Cette flotte perse, malgré ses nombreux déboires depuis le début de cette guerre, compte environ 800 navires, contre à peine 350 navires grecs. Les grecs se savent bien supérieurement armés, disciplinés et entraînés, aussi doivent-ils à tout prix maintenir une ligne de défense solide, sans reculer, sous peine de permettre à l'ennemi de s'avancer en nombre dans la rade de Salamine, et de la submerger : sur l'île se sont retranchés l'immense majorité des athéniens ayant fui leur cité, et la prise de Salamine par la perse serait un désastre. Les grecs n'ont donc d'autre choix que de vaincre.

Sur la rive de Salamine, le peuple grec hurle ses encouragements, tandis que de l'autre côté, Xerxès et son état major observent le déroulement du combat en notant soigneusement les faits de bravoure et de lâcheté que chacun peut commettre... Car la perse n'est pas seule : avec elle combattent de nombreux vassaux, tels que phéniciens, ioniens, chypriotes, égyptiens ou ciliciens. Du côté grec, il existe malgré tout une grande compétition entre les camps de Sparte et d'Athènes.


Buste de Thémistocle

Lorsque la bataille s'engage, les grecs prennent tout de suite l'initiative et chargent les navires ennemis afin de mener des abordages et des combats à effectifs équivalents : Eurybiade flanche un peu, mais Thémistocle fait des prouesses, profitant d'une désorganisation patente des ennemis. En peu de temps, la situation commence à basculer en faveur des grecs : les lourdes trières éperonnent les flancs des fragiles navires perses, les abordages s'enchaînent, et l'habileté grecque doublée de la confusion perse amène rapidement un sauve-qui-peut général des envahisseurs. Bloqués dans la rade de Salamine, les bateaux en déroute se font éperonner de plus belle, c'est un véritable carnage.

Les grecs poussent leur avantage, poursuivent et coulent quelques navires ennemis supplémentaires et font déguerpir Xerxès en catastrophe, l'obligeant même à abandonner son trône en pature au camp victorieux. Thémistocle ne poursuit toutefois pas plus loin ses adversaires, sachant que malgré tout la flotte grecque reste en infériorité numérique. Après une demie journée de combat naval, la Perse, totalement démoralisée, a perdu près de 500 navires, et la Grèce dix fois moins : c'est une victoire écrasante.

Les suites de la bataille de Salamine

Malgré sa cuisante défaite, l'armée Perse est loin d'être anéantie : sa flotte reste encore bien supérieure en nombre, son infanterie est intacte, mais surtout elle dispose d'une infrastructure gigantesque et peut se remettre rapidement sur pieds, tandis que la Grèce a perdu les irremplaçables chantiers d'Athènes. Cependant, contre toute attente, Xerxès semble se désintéresser de la Grèce : il décide de laisser le commandement à son beau-frère Mardonios, et rentre à Persépolis, sa capitale, se satisfaisant de la prise d'Athènes.

De leur côté, les grecs sont à nouveau divisés : Thémistocle veut poursuivre la lutte immédiatement pour profiter de l'avantage, tandis qu'Eurybiade plaide pour la prudence. Sparte et Athènes restent concurrentes malgré tout, et la soudaine prudence d'Eurybiade n'est guère étonnante : en effet, les spartiates ont achevé de construire un mur pour barrer l'isthme de Corinthe et se prémunir de l'infanterie perse, aussi la menace est-elle soudain beaucoup moins imminente, et le sort athénien nettement moins important...

Nous sommes en septembre 480 av. JC : l'armée perse décide de refluer au nord vers la Thessalie pour y passer l'hiver. Les athéniens regagnent quant à eux leur cité détruite, et demeurent déterminés à résister aux envahisseurs. C'est l'année suivante que le sort final des grecs se jouera face à la perse, lors de la bataille de Platées, une des plus gigantesques batailles de l'Antiquité.

finipe, 02h05 :: :: :: [11 remarques spirituelles]

27 Novembre 2006 ::

« Léonidas & la bataille des Thermopyles »

:: Histoire antique, -480

Ce billet fait partie d'un sujet composé de quatre parties :

1. La bataille de Marathon
2. Léonidas & la bataille des Thermopyles
3. Thémistocle & la bataille de Salamine
4. La fin des guerres médiques



La revanche des perses

Après la première guerre médique (cf. La bataille de Marathon), l'empire perse, malgré son échec à Marathon et devant Athènes, a quand même conquis les Cyclades, et a assuré sa mainmise sur l'Ionie et la Thrace. Mais la Perse voit ses envies de suprématie sur la Grèce contrariées : de graves troubles éclatent en Egypte, et l'armée perse doit se concentrer sur la répression de cette révolte. En 486 av. JC, Darius meurt de maladie, et son fils Xerxès Ier devient empereur de Perse : il s'emploie tout d'abord à mettre fin aux contestations d'Egypte, ce qu'il fait avec une brutalité et une cruauté peu communes. Une fois ceci fait, Xerxès commence à préparer minutieusement la conquête de la Grèce.

Il tente tout d'abord des actions diplomatiques auprès de certaines cités puissantes traditionnellement rivales de Sparte et Athènes, notamment Argos (dans le péloponnèse) ou Carthage (de l'autre côté de la Mer Méditerranée). Cette dernière est vivement soutenue dans une guerre d'invasion de la Grèce, et malgré plusieurs tentatives maritimes, Carthage est repoussée. Parallèlement, l'empire perse met sur pied l'une des armées les plus gigantesques de l'Antiquité : plus d'un millier de navires, et près de 200.000 soldats, dont des troupes d'élite nommées les Immortels.

La Grèce quant à elle, après sa victoire à Marathon, a repris ses querelles intestines pendant quelques années : mais les préparatifs de Xerxès ne passent pas inaperçus, et toute la Grèce réagit rapidement. En 481 est organisé le congrès de Corinthe, à l'initiative de Sparte, dont Argos est la principale concurrente dans le Péloponnèse. Les 31 cités réunies mettent de côté leurs différends et signent un pacte d'union panhellénique, puis organisent une armée de défense conséquente (bien qu'assez nettement inférieure en nombre). Léonidas Ier, roi de Sparte, est le général de l'infanterie ; Eurybiade (un spartiate) et Thémistocle (un athénien) sont maîtres de la flotte navale. Toutefois, la ligue ne parvient pas à se mettre d'accord sur un plan de bataille, et l'armée perse en profite : les hostilités sont déclenchées en 480, la Thessalie est envahie et soumise.


Début de la seconde guerre médique

Comme lors de la précédente guerre, les perses choisissent de mener une double offensive, par mer et par terre : ils poussent leur avantage et continuent leur conquête. Alarmés, les grecs se mettent enfin d'accord : ils placent leur flotte navale en un lieu nommé l'Artémision (en référence au temple d'Artémis de la ville d'Ephèse, l'une des sept merveilles du monde, située de l'autre côté de la mer Egée). L'infanterie, quant à elle, attend l'armée perse au défilé des Thermopyles, ainsi nommé en raison des sources chaudes qui s'y trouvent. Ce défilé est un passage obligé pour l'armée perse si elle veut conserver le contact avec sa flotte, et c'est un endroit extrêmement étroit, donc stratégiquement idéal pour une défense efficace.

L'offensive navale des troupes de Xerxès manque de chance, comme lors des toutes premières tentatives de Darius, douze ans auparavant : Eurybiade bat en retraite, impressionné par la puissance de l'ennemi, mais une violente tempête éclate et coule une grande partie de la flotte perse. Après de nombreux atermoiements des grecs, qui parviennent tout de même à couler quelques navires adverses, une nouvelle tempête ravage la capricieuse mer Egée et emporte ce qui reste des navires envahisseurs.

Les troupes de Léonidas, de leur côté, tiennent bon le défilé des Thermopyles : ils repoussent les offensives ennemies, et infligent de sévères pertes aux fameux Immortels. Mais un traître du nom d'Ephialtès indique aux perses le sentier d'Anopée, un chemin qui permet de contourner les Thermopyles et d'attaquer les grecs à revers. Léonidas, se voyant perdu, choisit le sacrifice : afin de permettre au gros des troupes grecques de se retirer et de préparer la résistance ultérieure, il reste aux Thermopyles, entouré d'à peine un millier de soldats spartiates, et tient en échec l'armée perse toute entière. Exaltés, ces héroïques soldats parviennent même à pénétrer dans l'enceinte du camp perse et à y faire vaciller la suprématie adverse, mais en vain : tous sont finalement massacrés sur ordre de Xerxès, mais ce sacrifice permettra aux grecs de poursuivre la résistance...

Les suites de l'invasion perse

L'invasion perse, malgré la ruine de leur flotte à l'Artémision, se poursuit après la victoire des Thermopyles : les portes de l'Attique sont désormais ouvertes, et Athènes n'est pas en mesure de se défendre. Sur décision de Thémistocle, les athéniens arment des navires et fuient la ville pour poursuivre la lutte sur les mers : la cité sera mise à sac par les perses, l'Acropole pillée et brûlée. De la Grèce libre ne subsiste désormais que le Péloponnèse, et la lutte se poursuivra lors de la bataille navale de Salamine.

Les restes de Léonidas Ier seront plus tard ramenés à Sparte (aussi appelée Lacédémone) : des fêtes nommées Léonidées seront instituées en son honneur, et un magnifique mausolée lui sera érigé. L'héroïque sacrifice des spartiates sera a tout jamais consacré par ces vers du poète Simonide de Céos :

Etranger, va dire aux gens de Lacédémone
Que nous gisons ici, obéissants à ses lois.



Statue commémorant de nos jours la mémoire
de Léonidas, à Sparte





Un parallèle a été fait entre les Thermopyles et la bataille de Camerone en 1863. C'est à voir...

finipe, 00h11 :: :: :: [13 interventions abstruses]

25 Novembre 2006 ::

« Le jeu du mime »

:: Les aventures du lion

finipe, 00h00 :: :: :: [9 cris de désespoirs]

23 Novembre 2006 ::

« Haineuse diatribe à l'encontre du mois de novembre »

:: Misanthropie

C'est à nouveau par ce liminaire pléonasme que j'introduis céans le sujet qui me hante depuis 23 jours : le mois de novembre. A-t-on déjà vu mois plus laid que celui-ci ? Est-il possible d'imaginer pires décades que ces trois-là ? Le mois de novembre — honni soit-il — cumule toutes les tares d'une année statistiquement bien calibrée : il y fait froid, humide, gris, sombre, morose... Le brouillard règne sur les chemins et les routes, le jour baisse à une vitesse affligeante, et le passage à l'heure d'hiver détruit le moral du plus joyeux des Turlurons, Séraphin Lampion compris. Mais regardons-y de plus près : d'où vient-il ? Etymologiquement, il est le neuvième mois du calendrier romain (novem), ce qui, chers amis, est tout à fait significatif de... eeuh de... de rien du tout, mais quand même, merde, c'est le mois de novembre !

Ce fourbe commence par la Toussaint, puis la fête des morts le lendemain : avouons tout de même qu'il y a plus guilleret que ce genre de célébration, sans compter les sempiternelles visites au cimetière de notre jeunesse, pour aller voir de vieilles grandes tantes que l'on n'avait jamais connu, et s'ennuyer quelques instants devant un rectangle de marbre arborant une photo sinistre. Le 3, on s'emmerde. Le 4, on célèbre l'invention de la caisse enregistreuse, et on déplore l'incident de Fachoda avec ces cuistres d'anglois, cette perfide albion qui se complaît (cela ne peut être une coïncidence !) dans la brume qui tapisse Novembre. Du 5 au 10, on s'emmerde : c'est tout juste si l'on célèbre la mort de Paul Ricard, inventeur du breuvage éponyme.

Le 11, il est de coutume d'exhiber quelques Poilus tout décrépis par l'âge aux informations télévisées, afin de célébrer l'armistice de la "der des der" : ne pourrait-on pas leur foutre la paix à ces pauvres vieillards, et leur laisser vivre paisiblement leurs dernières années de vie ? Enfin bon. Il n'en restera bientôt plus, la poignée des derniers rescapés sont largement centenaires. Après cela, l'on sombre dans la morosité la plus inextricable, la plus indécrottable de toute l'année : novembre nous enveloppe de sa sinistre écharpe, et nous file une grande piqûre symbolique de thiopental sodique.

D'ailleurs, je me suis emmerdé à écrire ce billet. Et les lecteurs se sont emmerdés à le lire. Je hais novembre.

finipe, 00h49 :: :: :: [5 pensées profondes]

19 Novembre 2006 ::

« La bataille de Marathon »

:: Histoire antique, -490

Ce billet fait partie d'un sujet composé de quatre parties :

1. La bataille de Marathon
2. Léonidas & la bataille des Thermopyles
3. Thémistocle & la bataille de Salamine
4. La fin des guerres médiques



Le contexte

Nous sommes au Vème siècle av. JC : la Grèce est divisée en une multitude de cités états, dont les plus puissantes sont Athènes et Sparte, tandis qu'à la tête de l'empire perse règne Darius Ier, dit Darius le Grand. Ce grand roi perse est un homme d'exception, contrôlant un territoire immense et une armée monstre, qui s'étalent de l'Asie mineure à l'Inde, dans tout le Moyen-Orient, et même en Thrace, une région partagée entre les actuelles Bulgarie, Turquie et Grèce. C'est un adversaire redoutable et potentiellement expansionniste pour les cités Grecques. En 499, les cités ioniennes (actuelle Turquie) se révoltent, ulcérées par les brimades successives et la mauvaise image des occupants perses. De l'aide est demandée aux cités grecques occidentales, mais seules Athènes et Erétrie répondent timidement. Sparte est quant à elle empêtrée dans des querelles internes de succession.

Jusqu'en 492, le soulèvement tient bon, et parvient même à remporter quelques victoires : mais Darius Ier renforce son armée, et finit par écraser les troupes ioniennes et mater l'insurrection, en particulier dans la cité de Milet, coeur de la révolte initiale. Cette défaite a deux importantes conséquences : la Grèce occidentale est très affectée par le sort des ioniens et prend conscience du danger que représente l'empire perse, et Darius Ier, quant à lui, se prend à rêver d'une conquête de toute la Grèce. C'est ainsi que vont débuter les guerre médiques.



Débuts de la première guerre médique

En 492, peu après la fin tragique de Milet, une première expédition punitive est lancée par Darius contre la Grèce occidentale. Mais en raison d'un manque de préparation et de diverses circonstances malheureuses, c'est un échec retentissant. Les perses ne se découragent pas, et deux ans plus tard, en 490, une seconde expédition est organisée. L'armée d'invasion est gigantesque : près de 100.000 hommes et plusieurs centaines de navires traversent la mer Egée, et commencent à saccager plusieurs cités grecques. Erétrie est rasée, en représailles de l'aide que la ville avait apportée quelques années auparavant aux cités ioniennes. La prochaine cible est Athènes.

A la fin de l'été 490, la moitié de l'armée perse débarque tout près de Marathon, une cité située à environ 40 km d'Athènes, tandis que l'autre moitié continue sa route navale vers Athènes, de façon à attaquer simultanément par voie de terre et voie de mer. Entre temps, les grecs avaient convenu de se porter au devant des assaillants plutôt que d'attendre derrière les remparts d'Athènes : c'est ainsi qu'une troupe de hoplites, l'infanterie lourde grecque, constituée de quelques milliers de soldats des cités de Platées et d'Athènes, s'avance dans les terres. La première partie de l'armée perse s'avance sur la plaine de Marathon et leur coupe la route pour les empêcher de revenir défendre Athènes.

Le soldat athéniens Phidippidès avait été envoyé à Sparte pour chercher des renforts (parcourant près de 200 km !), mais ceux-ci se font attendre, et il devient vite évident pour les grecs qu'il faudra absolument vaincre, pour ensuite revenir à Athènes et défaire l'autre moitié de l'armée perse.

La bataille

Bien que très inférieure en nombre, l'armée grecque possède deux avantages importants sur ses ennemis : elle est très bien équipée, et très bien organisée. Au contraire, l'armée perse est dépareillée, ses soldats ne parlent pas tous la même langue, ils portent des boucliers et des armures rudimentaires... Les grecs choisissent donc de charger très rapidement, sûrs de leur organisation et de leur équipement, et cette stratégie s'avère efficace. Rapidement, les perses sont mis en déroute, et c'est la panique : dans la débandade, chacun essaye de remonter dans les bateaux, et de nombreux soldats se noient, piétinés et pressés par les hoplites.

En quelques heures seulement, les perses perdent près de 6000 hommes, quand seule une poignée d'athéniens tombent au combat. C'est une victoire éclatante, mais partielle : la seconde moitié de l'armée perse atteindra Athènes en 10 heures en contournant le cap de Sounion, et il faut que les soldats grecs arrivent là-bas avant l'ennemi en coupant par les terres, pour participer à la défense de la cité, alors qu'ils viennent tout juste de livrer une première bataille !

Phidippidès est envoyé en éclaireur pour prévenir Athènes de la première victoire sur les perses : il parcourt les 40 km en quelques heures seulement, prévient ses concitoyens, et meurt d'épuisement[1]. Les hoplites entament également le retour vers Athènes à marche forcée, et y parviennent une heure à peine avant l'arrivée des assaillants : voyant cela, le reste de l'armée perse renonce à son invasion et se retire, mettant fin à la première guerre médique.

_________________________________
1. Cet épisode ne semble toutefois pas être confirmé historiquement, bien qu'étant l'origine de l'épreuve sportive du marathon.

finipe, 23h51 :: :: :: [14 insultes scandaleuses]

15 Novembre 2006 ::

« De l'art de parler sans rien dire »

:: Métroboulododo

Ce matin, je me levai aux aurores, l'oeil encore poisseux de sommeil, la chevelure hirsute et l'humeur inégale : le travail réclame parfois de tels sacrifice paraît-il. Je me préparai ainsi du mieux possible, puis pris le volant de ma quelconque automobile pour m'en aller vers une mairie perdue au fin fond d'un bocage agricole, afin d'y assister à ce qu'il est convenu d'appeler, dans les milieux laborieux, une réunion. Et, tandis que je roulais vers cet hypothétique futur fait de plans topographiques, d'hydraulique et de joyeux cours d'eau sillonnant de vertes prairies, je fondis dans une agréable et poétique insouciance, bercé par le ronron des kilomètres et la plénitude matinale d'un soleil levant apaisant.

C'est ainsi que, environ quatre-vingt-dix minutes plus tard, j'arrivai à destination, avec une nonchalance des plus singulières. Plongé dans cette douce torpeur, je passai le cap des fastidieuses et pénibles civilités que chacun des participants se doit de faire : vingt personnes inconnues jusqu'à ce jour, vingt noms qui se suivent, accolés des provenances de chacun.

- Bonjour : Robert Dupont, de la société Machin.
(poignée de main)

- Bonjour. Je suis Gisèle Durand, du bureau d'études Bidule.
(poignée de main)

- Bonjour : Hector Martin, du syndicat intercommunal de Méroubi-les-quiquettes.
(poignée de main)

[...]

En vérité, ce furent autant d'informations aussitôt oubliées, car par la suite, chacun s'apostropha joyeusement de lapidaires "madame" ou "monsieur".

Nous entrâmes alors dans le vif du sujet : rétroprojecteur, plans et schémas divers, rose des vents, statistiques pluviométriques... Le bougre qui dirigeait cette comédie était plus bavard que deux adolescentes au téléphone ! Mais, fort heureusement, sa soliloquie ne m'empêcha pas de rester dans ma bulle : bercé par la même plénitude qui m'accompagnait depuis le lever, je demeurai totalement imperméable à cette logorrhée inepte, perdu dans mes pensées, voguant au gré de songes agréables et intimes.

Hélas, trois fois hélas ! Bientôt parvint devant moi, par le truchement d'une discrète translation depuis le fond de la salle, l'ignoble "feuille d'émargement", sur laquelle je devais apposer mon patronyme et ma signature, afin de prouver ma présence physique. Cette ignominie eut tôt fait de se transformer en feuille d'émergement : sorti brusquement de mon nébuleux coma, je fus parfaitement incapable de m'y replonger après avoir signé. Et ainsi commença une longue agonie : pendant d'interminables instants, les divers acteurs de cette farce grotesque se succédèrent, et, l'un après l'autre, parlèrent encore et encore, avec toujours un peu moins de pertinence que le précédent.

C'est inouï de constater cette aberrante faculté qu'ont ces gens de parler des heures pour dire si peu de choses. Un flux de paroles inutiles, stériles et incohérentes. Une collection de banalités et d'analyses infondées. Une incoercible verbigération...

Lorsqu'enfin fut venue la libération de cet enfer, le bilan personnel que j'en tirai fut rapide : j'eusse pu régler les problèmes me concernant directement par téléphone ou par email, en cinq minutes environ. Mais comme l'enfer est pavé de bonnes intentions, et qu'il m'est malheureusement impossible de déterrer quelques uns de ces pavés pour les balancer en travers de la gueule de ces sombres thuriféraires architecto-administratifs, j'eus droit pour clore cette séance de torture au coup de grâce : en effet, j'appris qu'une précédente réunion avait eue lieu un mois auparavant, à laquelle diable merci je n'avais point été convié. Je rangeai donc mon stylo et mon petit carnet (resté aussi virginal qu'une abbesse), et m'apprêtai à quitter ce lieu maudit pour rejoindre mon doux quotidien.

Tandis que je passai le pas de la porte, le coeur léger et l'humeur joyeuse, la voix aigrelette d'une secrétaire de mairie me vrilla les tympans : « La prochaine réunion est prévue pour le 19 décembre. Au revoir messieurs dames ! »

finipe, 23h15 :: :: :: [1 assertion inepte]

10 Novembre 2006 ::

« Camerone, le sacrifice des légionnaires »

:: Histoire contemporaine, 1863

Le contexte de l'intervention française au Mexique

Nous sommes au Mexique, en 1861 : depuis le 28 septembre 1821, le pays s'est affranchi du joug espagnol, après une pénible guerre d'indépendance de onze années. Mais pendant les quarante années suivantes, aucun pouvoir stable n'a su rester en place, et les gouvernements se sont succédés, renversement après renversement. Les coups d'état se succédant ainsi à un rythme soutenu, la guerre civile est quasiment continuelle, et le Mexique est écrasé sous les dettes : le pays doit plusieurs millions de pesos à la France, l'Espagne, mais surtout à l'Angleterre. Benito Juarez, le président au pouvoir, décide en juillet 1861 de suspendre le remboursement de sa dette, les caisses de l'état étant vides.

C'est dans ces conditions que Napoléon III se lance dans un plan audacieux. Utilisant le prétexte de cette suspension des paiements de la dette, il décide d'intervenir militairement au Mexique, avec une idée bien précise derrière la tête : favoriser un état mexicain stable, impérialiste et d'une certaine façon inféodé à la France, et créer ainsi un nouvel El Dorado en Amérique qui serait en mesure de tenir tête à la puissance montante des Etats-Unis, alors empêtrés dans la guerre de Sécession.

Le siège de Puebla de Los Angeles

Le 5 mai 1862, après quelques escarmouches contre les juaristes, les troupes françaises essuient une cuisante défaite à Puebla de Los Angeles, laissant près de 500 morts sur le champ de bataille, écrasés par les terribles cannonades de l'artillerie ennemie. Mais en mars de l'année suivante, après quelques modifications d'état-major, les soldats français reprennent les hostilités et assiègent la ville de Puebla qui les avait si durement battus. Le siège dure deux mois en tout, et verra finalement la victoire de l'armée française. C'est dans ce contexte que la bataille de Camerone se déroule, un épisode somme toute secondaire de la prise de Puebla de Los Angeles, mais qui reste dans l'Histoire comme le plus haut fait d'arme de la Légion Etrangère.

Tandis que le siège de Puebla se déroule, les renforts sont envoyés depuis les lignes arrières : vivres, munitions, artillerie, autant d'éléments indispensables au bon fonctionnement de l'armée. Un de ces convois part de Veracruz le 29 avril 1863. Mais un renseignement recueilli par l'état major français révèle que des soldats juaristes seraient en route pour intercepter le convoi : afin de le protéger, on dépêche alors une troupe du Régiment Etranger de la Légion Etrangère, composée de 62 légionnaires et 3 officiers. L'un d'eux, le capitaine Jean Danjou, commandant du détachement, est un militaire d'expérience : un dur à cuire dont la main articulée en bois fait sensation...

Résistance héroïque à Camerone

Le 30 avril 1863, à l'aube, et après une nuit de marche forcée, le détachement de légionnaires se trouve face-à-face avec une troupe mexicaine : formant le carré, ils parviennent tout d'abord à briser deux charges de cavalerie, puis sont contraints de se replier et se retrancher dans une hacienda proche, dans le village de Camerone, et ce en devant abandonner leurs vivres et leurs munitions. Les tables, les chaises, tout ce qui leur tombe sous la main leur permet d'organiser des barricades de fortune, et chacun s'apprête à tenir bon, coûte que coûte : en face des légionnaires, c'est près de 2000 soldats juaristes qui arrivent !


Le capitaine Danjou fait jurer à ses hommes
de combattre jusqu'au bout

A 10 heures du matin, les mexicains allument des incendies, hésitant à prendre l'hacienda d'assaut. A midi, voyant que les français tiennent bon, l'ennemi passe à l'attaque, mais sans parvenir à conquérir tout le bâtiment : le capitaine Danjou meurt dans l'assaut, frappé d'une balle dans la poitrine. Le sous lieutenant Jean Vilain, un combattant expérimenté lui aussi, prend la relève du commandement, mais pour peu de temps : deux heures après, il tombe à son tour, la tête percée par une balle. C'est au tour du sous lieutenant Clément Maudet, un vieux briscard bardé de médailles militaires, de prendre le commandement. Au milieu de l'après-midi, il ne reste plus que douze hommes debouts autour de lui : les autres sont morts ou trop gravement blessés pour se battre. Tous sont accablés par la chaleur, tourmentés par la soif et la faim, étouffés par les fumées des feux ennemis.


Résistance désespérée des légionnaires dans l'hacienda

Enfin, vers la fin de l'après-midi, après plus de huit heures de combats héroïques, il ne reste plus que le sous lieutenant Maudet et 4 hommes encore en état de se battre, et ils tiennent toujours les juaristes en respect. Dans une ultime bravade, les légionnaires chargent l'ennemi, baïonnette au canon ! Après cet assaut, deux hommes de plus ont trouvé la mort : le colonel Angel Cambas, un officier mexicain qui avait été élevé en France, conjure les survivants de se rendre. Maudet transige et fait jurer à Cambas que les prisonniers seront bien traités et pourront conserver leurs armes et leurs effets : Cambas accepte. En voyant la poignée de combattants français, le colonel Francesco Milan, qui commande les juaristes, n'en revient pas, et s'exclame : « Ce ne sont pas des hommes, ce sont des démons ! ».

Bilan & postérité

A l'issue de cette incroyable journée, 34 légionnaires sont morts. Sur les 31 rescapés, quasiment tous sérieusement blessés, 19 meurent des suites de leurs blessures, dont le vaillant sous lieutenant Maudet. De leur côté, les juaristes déplorent la perte de plus de 300 hommes. Quelques semaines plus tard, les 12 survivants sont progressivement échangés contre des prisonniers mexicains, après avoir semble-t-il été particulièrement bien traités par leurs adversaires victorieux. Sur une décision de Napoléon III, les noms de Danjou, Vilain, Maudet et Camerone sont gravés sur le mur des Invalides...

Aujourd'hui, tous les drapeaux de la légion étrangère portent l'inscription "Camerone 1863", et lors des cérémonies de commémoration de la légion, on présente la main en bois du colonel Danjou, telle une véritable relique. L'expression "Faire Camerone" signifie désormais "se battre jusqu'au sacrifice ultime". Enfin, un monument en hommage aux français comme aux mexicains s'élève sur les lieux de la bataille ; érigée en 1892 et restaurée en 1965, cette stèle voit tous les ans l'armée mexicaine y commémorer la bravoure de tous ceux qui sont tombés là, et l'on peut y lire ces mots inscrits dans le marbre :

Ils furent ici moins de soixante
Opposés à toute une armée
Sa masse les écrasa
La vie plutôt que le courage
Abandonna ces soldats français
Le 30 avril 1863

finipe, 00h02 :: :: :: [19 déclarations d'amour]

7 Novembre 2006 ::

« Discours type de chez Pipeau & frères (©) »

:: Misanthropie

A consommer de préférence avant : 07/2007
Prix maximum conseillé : 14.99 euros TTC
Traçabilité : certifié ENA (®), organisme affilié Sciences Po Incorporated (©)
Lieu de production : toilettes publiques de l'assemblée nationale



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« Un fait sociétal majeur marque l'évolution de nos cités, et souligne l'échec des politiques en place depuis ces dernières années en matière de logements sociaux, d'emploi et d'intégration dans le tissu social. En l'occurrence, il s'agit de la ghettoïsation de nos banlieues, alliée à une pipolisation du paysage politique français, phénomène tout à fait déplorable, qui exclut tout débat de fond, sans lequel il n'est pas de progrès possible.

En effet, cette stigmatisation continuelle des minorités conduit à l'incompréhension et au désengagement citoyen, avec en toile de fond un refus de plus en plus grave de l'autorité. Il faut que la République aille à la reconquête de ces milieux et de ces couches défavorisées de la société, afin que l'ascenseur social puisse à nouveau fonctionner. A fortiori, il devient urgent de réformer activement tout l'appareil de l'Etat, afin qu'il réponde mieux aux attentes des françaises et des français. Premier point, l'éducation est un enjeu crucial de ce changement tant attendu par nos concitoyens, et il convient de prendre des mesures concrètes et rapides, au contraire des nombreuses réformes ayant déjà été adoptées par le passé, sans succès comme chacun a pu s'en apercevoir.

Deuxième point, la réforme des conditions de vie au sein même de ces cités, ces ghettos dans lesquels le jeune est non seulement désoeuvré, mais en plus le jouet d'une accumulation de facteurs sociaux victimisants : inégalités, abandon des valeurs, dérive sécuritaire, manque de logements sociaux, discrimination à l'embauche et spirale de la délinquance.

Enfin, troisième point, le jeune doit pouvoir redynamiser le tissu social, et cela passe inévitablement par la réduction du chômage de masse des jeunes. Il faut donc, et c'est très urgent, mettre sur la table toutes les cartes que nous avons en main, avec l'aide de tous les partenaires sociaux, les collectivités, les associations et le public, et définir une ligne d'action claire et efficace, afin de réduire ce fléau qu'est le chômage, et de refonder un ciment social sur les valeurs de la République.

Je vous remercie de votre attention. »
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Les produits Pipeau & frères (©) ne sont ni repris ni échangés. En cas de défaite électorale, la société Pipeau & frères (©) ne peut en aucun cas être tenue pour responsable. Quoiqu'il en soit, nous assurons à nos aimables et très fidèles clients des ministères, assemblées, conseils et divers cénacles politiques, que nos produits sont réalisés avec un soin tout particulier.

Pipeau & frères (©), SARL au capital de 3.000.000 d'euros, SIRET 123 456 789 000 99
RCS de Jarnac (aucune ville en France ne s'appelle "J'encule", malheureusement).

finipe, 02h08 :: :: :: [3 sarcasmes grinçants]

5 Novembre 2006 ::

« Histoires de barbes - 2ème partie »

:: Histoire - Inclassable

Ce billet fait partie d'un sujet composé de deux parties :

1. Histoires de barbes - 1ère partie
2. Histoires de barbes - 2ème partie



Khizir Khayr ad-Dîn, dit Barbe Rousse (1466-1546)

Sans rapport avec Frédéric Barberousse, ce Barbe Rousse là était un des plus grands marins de son temps, et fut notamment amiral de la flotte ottomane. Né en 1466 dans l'île de Lesbos (entre la Grèce et la Turquie), il vient à la vie militaire par la force des choses : il rejoint son frère Arudj et à ses côtés accomplit quelques actes d'éclat, en Tunisie notamment, où les deux frères défont les Hafsides, une grande dynastie berbère qui règnait sur l'Afrique du nord depuis le XIIIème siècle.

Barbe Rousse devient ainsi régent de la ville d'Alger, tandis que son frère Arudj part conquérir l'Ouest du territoire des Hafsides. Mais Arudj échoue, et les populations locales grondent contre l'autorité de Barbe Rousse. En situation difficile, il fait alors allégeance à l'empire ottoman du sultan Sélim Ier : celui-ci offre au maître d'Alger des renforts importants de janissaires turcs. Barbe Rousse parvient ainsi à garder le contrôle de sa ville et à mater la révolte.

Mais la situation est délicate : les espagnols sont maîtres de la forteresse de Peñon qui se trouve juste en face d'Alger, et les attaques se succèdent. Barbe Rousse contient plusieurs assauts espagnols, mais finit par céder devant une contre attaque des Hafsides. Il quitte Alger et retourne à la vie de combattant pendant plusieurs années, notamment pour remettre ses finances à flots. Il s'ensuit donc une longue série de batailles dans tout le territoire algérien notamment, au terme desquelles Barbe Rousse parvient à reprendre Alger en 1525, avec la complicité de la population qui avait dû subir les mauvais traitements des berbères revenus au pouvoir.

La résistance s'organise face aux troupes espagnoles de l'empereur Charles Quint : le 21 mai 1529, après un siège épique de trois semaines, Barbe Rousse s'empare de la forteresse de Peñon et devient maître de toute la région. Dès lors, de nombreuses expéditions pirates sont lancées depuis Alger sur toute la méditerranée. En 1533, Soliman Ier le magnifique nomme Barbe Rousse Pacha de la flotte ottomane. Ainsi, il écume les côtes italiennes, la Provence, et se retrouve sans cesse confronté aux troupes de l'empereur Charles Quint, contre lequel il connaît défaites et victoires, au rang desquelles on peut notamment citer la prise des Cyclades à l'empire chrétien, qui rejoignent le giron de l'immense et puissant empire ottoman.


Khizir Khayr ad-Dîn, dit Barbe Rousse

Pendant ce temps, François Ier, roi de France et grand ennemi de Charles Quint, rêve d'étendre sa domination sur l'Italie[1]. Il passe une alliance avec l'empire ottoman, et, en 1543, laisse à Barbe Rousse la jouissance de la ville de Toulon, afin qu'il s'en serve de base arrière pour une conquête future (pendant ce temps, Soliman le magnifique conquiert la Hongrie...). La cathédrale est à cette occasion transformée en mosquée, mais tout ceci n'aura servi à rien : l'année suivante, Barbe Rousse se désintéresse de la cause de François Ier, et quitte la rade toulonnaise avec ses 200 navires et ses 30.000 hommes.

Pendant les trois années suivantes, il écume à nouveau la méditerranée, commettant plusieurs attaques, jusqu'en 1546, date à laquelle il meurt dans son palais d'Istanbul, à l'âge très respectable de 80 ans.

Barbe Rouge, le démon des Caraïbes

Celui-ci est un personnage de fiction ! Il s'agit d'un personnage de bande dessinée créé par Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, héros d'une série fleuve dont les premiers épisodes sont parus dans le mythique journal Pilote dès 1959.



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1. Voir les billets suivants :

- Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche
- Marignan, un carnage célèbre

finipe, 23h54 :: :: :: [1 méditation grotesque]

2 Novembre 2006 ::

« Histoires de barbes - 1ère partie »

:: Histoire - Inclassable

Ce billet fait partie d'un sujet composé de deux parties :

1. Histoires de barbes - 1ère partie
2. Histoires de barbes - 2ème partie



Plusieurs personnages historiques se sont fait connaître par des noms ou des surnoms évoquant leur barbe. Mais même si nous avons tous entendu parler de Barberousse, Barbe noire, Barbe bleue, ou Barbe rouge, l'on ne connaît pas toujours qui se cache réellement derrière ces barbes et ces couleurs ! Voici donc une bonne occasion de tirer tout cela au clair, afin de ne plus confondre les uns et les autres.



Frédéric Ier, dit Frédéric Barberousse (1122-1190)

De son véritable nom Frédéric de Hohenstaufen, il est issu d'une grande famille allemande. Le 4 mars 1152 il succède à son oncle Conrad III en étant élu empereur d'Allemagne par les princes électeurs. Deux ans plus tard, il conquiert l'Italie, et se fait couronner empereur du Saint Empire romain germanique. C'est le pape Adrien IV qui le couronne, à contrecoeur, car Rome s'oppose fermement à cette conquête, et rêve de rétablir une république en Italie.


Pourtant, Frédéric Barberousse continue sa conquête de l'Italie à partir de 1158. Après un siège pénible pour les assaillants comme pour les défenseurs, il prend la ville de Milan, et finit par soumettre à sa loi la quasi totalité de l'Italie, qui revient ainsi dans le giron du Saint Empire, après qu'elle s'en fût progressivement libérée sous la tutelle du prédécesseur de Frédéric Barberousse. En 1160, le désormais pape Alexandre III, exaspéré, excommunie l'empereur, et soutient une résistance active contre le pouvoir du Saint Empire. Deux ans plus tard, de graves insurrections éclatent un peu partout, en particulier à Milan qui ne décolère pas. Frédéric Barberousse vient en Italie avec son armée et mate sévèrement les rebelles, puis rase Milan. Alexandre III fuit en France, et c'est la confusion entre le pape et l'antipape, l'un reconnu par la hiérarchie religieuse, l'autre par les états. Les italiens s'organisent en ligues, et après une dizaine d'années de valse hésitation, Barberousse finit par subir une défaite cuisante à la bataille de Legnano en 1175. En 1177, il doit reconnaître la légitimité du pape Alexandre III.

En 1189, à l'âge honorable de 67 ans, il part pour la troisième croisade, à la reconquête de Jérusalem, rejoint par Philippe II, roi de France, et Richard Ier, roi d'Angleterre. Un an plus tard, le 10 juin 1190, il se noie dans la rivière Saleph, en Anatolie, bien qu'on le disait excellent nageur et en très bonne condition physique malgré son âge.

Pour en apprendre un peu plus sur toutes ces guerres en Italie et sur Barberousse, lire notamment l'excellent roman d'Umberto Eco : « Baudolino »

Gilles de Retz, dit Barbe bleue (1404-1440)

Pour cet illustre meurtrier, reportez-vous aux notes du 26 octobre et 28 octobre.

Edward Teach, dit Barbe noire (1680-1718)

Né en 1680 à Bristol, en Angleterre, Edward Teach commence sa carrière navale comme corsaire, et fait ses premières armes en participant à plusieurs batailles en Jamaïque. En 1716, il rejoint le pirate Hornigold et écume les Caraïbes, faisant plusieurs captures importantes, dont la plus fameuse est celle de la Concorde, un navire négrier français. Il gagne ensuite la côte américaine et sème la terreur sur les Antilles, capturant tout navire ayant la malchance de tomber entre ses griffes. A la moindre résistance, il ne fait pas de quartier et massacre tout le monde. Il fait des états du sud de l'Amérique ses bases arrières, en Caroline notamment où il soudoie les gouverneurs en place, mais également aux Bahamas et plus particulièrement à New Providence, dont il fait une véritable capitale de la piraterie dans les Caraïbes.

Mais la couronne britannique est ulcérée par les rapines et commence une chasse à la piraterie : c'est ainsi que Woodes Rogers, gouverneur des Bahamas, commence à pourchasser Barbe noire un peu partout. Il est rapidement rejoint par Charles Eden, le gouverneur de Caroline du Nord. Enfin, le 22 novembre 1718, Robert Maynard, commandant d'un vaisseau de la couronne, le Pearl, rattrape le terrible pirate au large de la Caroline. Une bataille terrible s'engage, au cours de laquelle Barbe noire reçoit près de 30 blessures, avant de mourir décapité par Meynard en personne. La légende raconte que son corps privé de tête, une fois jeté à la mer, aurait fait deux fois le tour du bateau à la nage avant de couler...


Les diverses histoires rapportées font état de la terrible apparence du pirate : on le décrit avec plusieurs pistolets disposés dans son baudrier, la barbe tressée, et des mèches de canon allumées, disposées dans son tricorne. Terrible !

Pour plus d'infos sur Barbe noire, voir notamment le documentaire-fiction anglais pas mal du tout de Timan Remme et Richard Dale : « La Véritable histoire de Barbe Noire le pirate », dont provient la photo ci-dessus.

finipe, 23h32 :: :: :: [0 insulte scandaleuse]

1er Novembre 2006 ::

« Vertueux exemples »

:: Les aventures du lion

finipe, 03h54 :: :: :: [6 observations emphatiques]