Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Je vais te
ratiboiser
la colline !
Dans ton cul
En vérité je vous le dis, l'Homme assassine irrémédiablement le respect. Ce faisant, la justice s'échappe en atteignant le silence des sens
Phosocle ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

4 Septembre 2006 ::

« The right to be cold »

:: Environnement

J'ai appris très récemment quelque chose qui m'a procuré un certain plaisir. Non, il ne s'agit pas de la mort subite dans d'atroces souffrances de Vincent Delerm, ni d'une baisse drastique du prix des préservatifs aromatisés à la papaye. Non, c'est moins prosaïque que tout cela, c'est même ce que l'on pourrait qualifier une "cause désespérée". Mais, d'une part, j'ai toujours eu un petit faible pour les causes désespérées (faire travailler un cégétiste, réussir à me lever de bonne heure, etc.), et, d'autre part, celle-ci me touche plus particulièrement, car je m'en fais régulièrement le chantre (avec un nez rouge la plupart du temps, mais le chantre quand même, le chantre du soir au matin, le chantre sur les chemins).

Voici donc : le peuple Inuit vient d'assigner les Etats-Unis devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme (basée à Washington). Vous n'êtes pas sans savoir qu'en effet, les Etats-Unis n'ont pas ratifié le traité de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, allant ainsi dans le sens du fameux réchauffement global de la planète (puisque ces chers amerloques se goinfrent quelque chose comme 40% de l'énergie consommée dans le monde). De ce fait, les Inuits considèrent que les américains violent leurs droits, tels qu'ils ont été définis dans la déclaration des droits de l'Homme de 1948. Ils appellent cela "Le droit d'avoir froid". Génial non ? Totalement illusoire certes, nous savons tous pertinemment que jamais aucun tribunal ne condamnera les USA pour cela, mais je tiens à saluer l'effort des Inuits avec la plus grande admiration.

Et c'est là que j'en viens à ce "droit d'avoir froid". La chaleur me liquéfiant dès que la température dépasse les 25°C (elle pourrait me sublimer la bougresse, mais non !), j'apprécie grandement les températures clémentes ; et le froid, aussi extrême soit-il, ne m'incommode nullement. Aussi me navré-je de constater cette manie de plus en plus flagrante que l'on a de se désespérer un peu partout de la moindre baisse du mercure durant les mois généralement chauds. Tu parles d'un cauchemar : le mois d'août a été pluvieux. C'est très, très GRAVE.

J'aimerais donc céans conspuer, voire conchier sans vergogne ces troupeaux beuglants de gnous entassés sur l'autoroute du sud dès que le moindre rayon de soleil se présente, tous prêts à la migration pour aller prier le dieu Soleil sur les plages méditerranéennes, cette antique divinité remontée du fin-fond des âges pour se refaire une jeunesse au troisième millénaire. Là, entassés par millions sur un coin du temple sableux, ils s'agenouillent sur leur tapis de prière à eux (la serviette de bain), et font sporadiquement leurs ablutions rituelles dans l'eau sacrée du dieu Soleil (la mer). Ils communient ainsi en masse, et se désolent en retour dès que le dieu Soleil n'a pas l'heur de se montrer à sa foule d'adorateurs dévôts, comme une punition divine, sorte de 11ème plaie biblique.

Au risque donc de subir un cuisant auto da fe pour hérésie manifeste, puis de me faire torturer par le bras séculier, eh bien moi j'aime la pluie, j'aime la neige, j'aime le froid, et j'aime avoir froid. Et je sais que je suis loin d'être le seul ! Seulement aujourd'hui, dire cela, c'est s'exposer à l'incompréhension, les quolibets et les lazzis en tout genre, car ce n'est pas normal. Aimer avoir froid, c'est comme être homosexuel : pour la majorité des gnous, c'est bizarre, curieux, dérangeant, incompréhensible.

Je n'en conclus certes pas que tous les porteurs de moufles sont homosexuels : mais pour être quelque peu trivial, je me contenterai simplement d'affirmer que les Inuits, c'est pas des pédés !

finipe, 02h18 :: :: :: [8 critiques dithyrambiques]