Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Comme disait Joffre, je les grignote !
Et ta soeur ?
Ces temps-ci, Dieu embrasse irrémédiablement la morale. C'est pourquoi l'Histoire s'enfuit, se précipitant vers l'extase du post-modernisme
Lao Meuh ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

19 Juin 2011 ::

« Mine de rien, c'est dangereux... - 2ème partie »

:: Professorat

Ce billet fait partie d'un sujet qui en comporte deux :
1. Mine de rien, c'est dangereux - 1ère partie
2. Mine de rien, c'est dangereux - 2ème partie


Je me souviens, il y a quelques années, j’avais vu un film publicitaire de Mathieu Kassovitz où on voyait deux gamins français et blancs jouer dans une forêt près de chez eux. A un moment, l’un d’entre eux saute sur une mine et se met à hurler comme un âne, son frère arrive et panique en voyant dans quel état il est, état que le film ne montre pas, mais suggère habilement… C’était en fait un film pour la lutte contre la prolifération des mines anti-personnel dans les pays en guerre, et il devait finir par un message du type : « et si ça arrivait aussi chez nous ?… »

Comme quoi, la réalité rejoint parfois la fiction.

Car aussitôt que j’identifie approximativement la nature de l’objet que je tiens dans ma main, je dis à tous les gamins qui se trouvent autour de moi de s’éloigner immédiatement. Je le dis probablement sur un tel ton qu’ils réalisent aussitôt que je ne dis pas cela à la légère, aussi non seulement ceux qui sont là ne s’éloignent pas, mais d’autres arrivent, telles des mouches attirées par un étron.

Entre temps, je pose délicatement l’objet dans le sable, tout près du muret en béton pour limiter les dégâts en cas d’explosion, en prenant bien soin d’éviter tout contact du sol avec les deux pointes menaçantes qui se trouvent à la base et au sommet.
Puis, je recule de plusieurs pas précautionneux et vire manu militari les inconscients petits curieux.

Je saisis ensuite mon téléphone portable et tape les deux chiffres du numéro de police secours. Au fur et à mesure que je décris l’objet à mon interlocuteur le plus précisément possible, je réalise qu’il s’agit sans aucun doute d’une mine anti-personnel, potentiellement l’un des engins explosifs les plus sensibles que la connerie humaine ait engendré. Et une très grosse, donc pas le genre destiné à estropier juste une personne.
Le flic me demande des détails, encore des détails, c’est difficile à décrire. Je lui donne les coordonnées précises, et le préviens que la batterie de mon portable est en train de lâcher. A en juger par sa voix, soit il est très calme et professionnel, soit il a deux de tension.
Soudain, en pleine tergiversation, plus de batterie.

Entre temps, mes ennuis se sont amoncelés. Alors que j’ai la plus grande peine à maintenir les miens à plus de 10 m., quelques ados, qui s’ébattaient un peu plus loin sur le front de mer en s’entretenant dans un lexique caractéristique de leur âge, sont attirés par l’émoi et les clameurs qu’ils ont perçus de loin. Car on est en juin, et les bahuts sont fermés pour examen !
Parmi eux, un en particulier m’avait déjà demandé auparavant si je croyais qu’on pouvait plonger de la jetée voisine.
- Là en ce moment ? Seulement si tu tiens absolument à finir à l’hosto ou à la morgue, voire les deux successivement.
- Bah nan hein, j’vais attendre marée haute, chuis pas con non plus !
- A marée haute, c’est mieux oui. Avec le ressac, c’est directement la morgue, sans passer par l’hôpital…

Le revoici donc avec sa tête de vainqueur :
- Eh m’sieur c’est quoi qu’vous avez mis sur la plage là ?
- A priori, c’est un engin explosif, il ne faut donc surtout pas s’en approcher et encore moins y toucher.
- Ah ouais ? Ca déchire trop, ça… Eh les gars, v’nez voir, y’a une bombe sur la plage !
- (ici, consternation)
- Eh m’sieur, si j’veux me suicider, vous pensez que j’peux y arriver avec ça ?
- Oui sans problème. Mais je suis sûr que tu ne veux pas, alors tu vas t’éloigner avec tes copains, d’accord ? Si tu veux te rendre utile, tu n’aurais pas plutôt un téléphone portable ? Le mien est tombé en panne de batterie quand j’étais en ligne avec la police.
- Nan, mais Jordan il en a un. Eh ! Jordan ! Tu passes ton portable au monsieur pour téléphoner aux keufs ?

Jordan s’exécute. Je repasse par trois services avant de retrouver mon interlocuteur. Celui-ci me demande où exactement l’engin a-t-il été trouvé.
- Un élève de ma classe l’a trouvé dans les rochers.
- Oui mais quels rochers ?
- Euh, ben des rochers quoi, sur la plage, au bord de la mer !
- Oui, mais ils étaient immergés dans l’eau ou pas ?
- Eh bien a priori non puisque les élèves n’avaient pas le droit d’aller dans l’eau, mais j’imagine qu’à marée haute, ils le sont !
- Non parce que vous comprenez, c’est compliqué. Si l’engin a été trouvé sur la plage en dehors de l’eau, ça dépend de nous, mais s’il a été trouvé dans l’eau, ça dépend de la Marine Nationale…
- (???) Oui, mais vous savez, les 25 élèves que j’ai ici ne dépendent que de moi, et les ados que j’essaie désespérément d’éloigner de ce truc, eux, ils ne dépendent de personne, alors est-ce que oui ou non vous allez envoyer… (coupure)

Je regarde Jordan :
- ah oui j’avais oublié de vous dire, j’étais en batterie faible…

Et mon suicidaire en herbe qui en rajoute une couche :
- Eh m’sieur y vont v’nir les keufs ?
- Euh a priori oui… enfin j’espère ! Faites-moi plaisir s’il vous plaît, éloignez-vous d’ici. Pourquoi tu ne retournes pas préparer ton suicide sur la jetée ?
- Eh non, eh, trop d’la bombe, moi j’veux voir les keufs !
- Trop d’la bombe oui, c’est l’cas de le dire…

Et finalement, cinq minutes après, une équipe de trois jeunes gardiens de la paix arrive avec entrain. Je leur montre aussitôt l’objet de mon anxiété.
- Alors déjà, fait la demoiselle en uniforme sur un ton autoritaire, vous allez vous écarter, là. Normalement le périmètre de sécurité c’est 100 mètres !
- Oui, certes. Malheureusement j’ai oublié mon service d’ordre à la maison, et en plus à 100 mètres, je les mettais soit sur la route, soit dans l’eau. Bon, je peux partir maintenant ?
- On va prendre vos coordonnées, oui, et vous allez pouvoir partir.

Cet après-midi là, il fut très difficile d’obtenir quoi que ce soit d’eux qui ressemblait de près ou de loin à du travail. Mais bon, c’était pas très grave.


J'ai trouvé sur le web cette petite photo d'archive montrant un soldat allemand minant la plage d'Omaha Beach en Normandie. Le machin qu'il enfonce dans le sol ressemble comme deux gouttes d'eau à celui que Justin m'a rapporté, si l'on enlève la rouille et les huitres.


Copyrat draleuq 2008

draleuq, 12h38 :: :: :: [1 vilénie]

18 Juin 2011 ::

« Mine de rien, c’est dangereux… - 1ère partie »

:: Professorat

Ce billet fait partie d'un sujet qui en comporte deux :
1. Mine de rien, c'est dangereux - 1ère partie
2. Mine de rien, c'est dangereux - 2ème partie



Il est maintenant l’heure de vous conter une petite mésaventure, de ces trucs qui n’arrivent qu’à moi et qui font que mon métier est vraiment frétillant.

C’était au mois de juin, lors d’une de ces sorties pédagogiques à la journée près d’un port. Le midi, au lieu de faire déjeuner ces chérubins sur le tarmac du parking du musée, je me disais que ce serait franchement plus sympathique qu’ils engoinfrent leur pique-nique sur la petite plage voisine, ils pourraient ainsi s’ébattre sur un sol plus moelleux une fois leur sandwich avalé, ce qui ne manquerait pas d’être fait en 5 mn chrono.

A la suite de ce déjeuner si promptement avalé, je m’entretenais donc avec une élève (mais oui, mais oui, cela m’arrive encore), confortablement assis au soleil sur le muret de béton qui séparait la plage du trottoir, lorsque le jeune Justin vint me remettre un objet en ces termes :
- Tiens maître, regarde ce que j’ai trouvé dans les rochers au bord de l’eau…

Il faut préciser que Justin était le seul de la classe à s’obstiner à m’appeler encore « maître » malgré mon interdiction formelle, ce terme étant rigoureusement opposé à ma philosophie personnelle. Etait-ce par pur vice de sa part, ou par sens de la provocation ?
Pas vraiment. Justin avait tout simplement du mal à imprimer la consigne même la plus simple, ceci par l’action délétère et conjointe d’une forte limitation génétique et d’une éducation désastreuse, les deux allant souvent de paire, je vous le concède. Toujours est-il qu’à ce stade de l’année, j’avais abandonné pour lui toute idée de progrès et son regard vitreux et vide de toute étincelle d’intelligence me faisait plus pitié qu’autre chose.

Mais comme je peux être distrait parfois… Car justement, connaissant ses capacités de discernement pour le moins défaillantes, j’aurais dû me méfier et regarder ce qu’il me tendait avant de m’en saisir.
Or, le mal était fait. Je n’avais pas encore posé mon regard sur cet objet qu’il était déjà dans ma main. Intrigué par sa densité apparente, sensiblement supérieure à celle d’un caillou, je cessai instinctivement ma conversation pour donner toute mon attention à ce mystérieux objet.

Il ressemblait à un gros ananas métallique surmonté d’une tige qui se terminait en une sorte de galette épaisse ressemblant à un brûleur de gazinière, avec des barbelures très nettes tout autour de la dite galette, le dessus comme le dessous se terminant en une grosse pointe métallique dépourvue de corrosion. L’ensemble était couvert de rouille, d’algues et de coquilles d’huîtres par endroits.
Ces huîtres étaient à n’en pas douter d’une variété suicidaire, car un instant après que j’eus vu cet objet de mon œil exercé, mon sang ne fit qu’un tour : il s’agissait sans nul doute possible d’une munition non explosée datant de la deuxième guerre mondiale.

Pourquoi « un œil exercé », me direz-vous ? Que vais-je maintenant vous révéler comme scoop explosif sur mon sombre passé ? Avant de devenir instit’, ai-je été démineur dans les casques bleus en Bosnie ? Suis-je officier de réserve dans l’armée de terre ? Joue-je un peu trop aux jeux video ? Suis-je militant actif à Handicap International en mémoire de la regrettée Lady Diana ?
Rien de tout cela, je le confesse. En vérité, j’ai seulement eu le rare privilège d’exercer ma profession dans une région, la haute Picardie, dont la terre fut jadis entièrement retournée par les obus, les mines, les grenades, et toutes ces choses sympathiques qui simplifièrent tant le travail de nos amis agriculteurs.
Là-bas, les gens sont accoutumés à côtoyer les forêts de croix ou de stèles blanches, mais aussi les munitions rouillées qui, depuis juillet 1916 en particulier, ne se lassent pas de continuer à sortir de terre, pour 700 ans encore paraît-il, mieux vaut donc s’habituer à faire avec.


Spectacle classique dans certains coins de notre douce France : un obus tout ce qu'il y a de plus dangereux et de non désamorcé, faisant tranquillement du stop en bord de route


Dans ce petit coin de France, les paysans ne font jamais de feu pour détruire leurs déchets, contrairement à ce qui se pratique régulièrement ailleurs, car Dieu seul sait ce qui se cache près de la surface du sol qui pourrait exploser au contact de la chaleur.
On ne peut pas parcourir 5 km en campagne sans voir sur le bas côté des obus de tous calibres, mais en majorité du 75 ou du 77, sagement alignés et bariolés de peinture orange fluo par les agriculteurs qui les ont trouvés en travaillant leur terre, et qui les ont amenés là, en attendant que les services de déminage viennent les chercher, ce qui n’intervient parfois pas avant des mois.

En attendant, il peut tout arriver…

Tenez, une fois, un alcoolo avait fait une sortie de route en revenant un peu tard du bistro et était allé droit dans un obus qui avait démoli sa bagnole. Mais comme il y a un Dieu pour les alcoolos, il n’avait été que légèrement blessé.

Par contre, une autre fois, le pare-chocs de quatre jeunes qui rentraient de boîte de nuit avait heurté un obus qu’un petit plaisantin avait mis en plein milieu de la route. Ils avaient tous les quatre rejoint le cimetière.

Tout près d’un site appelé le Trou de la Boisselle, qui n’est en fait qu’un immense entonnoir de 10 m. de profondeur et d’un diamètre de plus de 100 m., creusé par l’explosion d’une mine enterrée de 27 tonnes, on avait exhumé un obus de 400, qui devait faire près d’1m50 de haut et dont le percuteur était bien visible et parfaitement conservé. A défaut que les gens du déminage puissent l’évacuer facilement puisqu’il devait peser plusieurs tonnes, il est resté là plusieurs années… Et tout autour de lui, des cars entiers de touristes, souvent des Anglais, manoeuvraient pour faire demi-tour, puisque le site est dans un cul-de-sac. J’en ai vu un le frôler de moins de 50 cm, dans l’indifférence générale…

A côté de ça, il y avait les collectionneurs amateurs passionnés, bien souvent des psychopathes totalement inconscients. Dans un village près de chez moi, un d’entre eux s’était fait arracher un bras en déterrant une de ses trouvailles. Et encore, il avait eu de la chance… Mais on savait qu’il continuait sa collection avec son bras restant. Probablement n’aimait-il pas le chocolat, mais il y a tout de même des façons moins radicales de s’en priver[1].

Dans le village où je travaillais, un autre collectionneur émérite avait, à l’aube, déclenché une déflagration qui avait soufflé son hangar, réveillé toute la population, et provoqué des dégâts dans le voisinage, heureusement matériels. L’enquête a établi par la suite que ce brave homme avait entrepris d’ouvrir un obus avec un lapidaire (!) dans le garage où il avait entreposé d’innombrables obus empilés les uns sur les autres comme des bûches pour une cheminée… Bien entendu, le gugusse n’avait pas survécu à l’explosion, et on murmure même qu’il aurait pu être enterré dans l’équivalent d’une boîte à chaussures. Si jamais l’affaire avait été médiatisée, je pense qu’elle aurait figuré en bonne place dans les Darwin Awards[2].


Voilà à quoi peut ressembler, par exemple, le garage d'un collectionneur.
Et là, c'est plutôt gentil !


Copyrat draleuq 2008

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1. Selon le bon vieil adage : "pas de bras, pas de chocolat !", pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

2. Récompenses décernées chaque année aux personnes mortes de la manière la plus stupide. Bien entendu, c'est américain. Pourquoi Darwin me direz-vous ? Eh bien, parce que beaucoup d'américains n'aiment pas Darwin, j'imagine. Certains d'entre eux, souvent les mêmes d'ailleurs, sont pourtant les premiers concernés par notre ascendance primate.

draleuq, 13h41 :: :: :: [11 soupirs de satisfaction]

11 Juin 2011 ::

« Les buzz du printemps »

:: Paparatzi

Fukushima mon amour

Sur l’aspect purement nippon du buzz, ça a été l’occasion de vérifier que le stoïcisme des japs n’est pas une légende : pas étonnant que les GI’s en chiaient dans leur froc à la seule idée de débarquer dans une de leurs îles. Par contre, je croyais globalement les inventeurs de l’électronique et de la robotique de pointe plus intelligents que ça : tout de même, construire des centrales nucléaires en zone sismique, était-ce bien raisonnable ? Si j’étais méchant, je dirais qu’Hiroshima et Nagasaki ne leur ont probablement pas suffi et qu’ils en voulaient d’autre !


Projet de nouveau drapeau pour le Japon


Mais nos chers médias, n’ont mis, comme d’habitude, pas plus d’une quinzaine de jours à décontaminer le Japon, pour porter le débat sur le terrain franco-français.
D’abord, mon Dieu mon Dieu, est-ce que la radioactivité, déjà négligeable au Japon à part dans les quelques km autour de la centrale, allait faire le tour du monde et nous empoisonner insidieusement ? Est-ce qu’on allait nous mentir comme on nous avait menti pour Tchernobyl ?
Et puis, lorsque ce danger fut écarté, MON DIEU MON DIEU est-ce qu’il fallait vraiment continuer à construire des centrales nucléaires chez nous, et à exploiter celles existantes ? N’était-ce pas risquer un Fukushima à la française, tant il est vrai que les séismes de force 8 et les tsunami sont légion dans l’hexagone ?
C’est vrai, bigre, appliquons le principe de précaution, fermons les centrales nucléaires. Voici d’ailleurs quelques solutions alternatives :

- Construire à nouveau des tas et des tas de centrales à charbon. Ce sont les moins coûteuses, après tout, les Chinois ne le savent que trop bien. Bon, c’est vrai que ce sont aussi les plus polluantes et que cette solution est de loin la pire pour les émissions de gaz à effet de serre. Mais on s’en fout, après tout, non ?

- Construire une éolienne tous les 100 m, sur tout le territoire français. Ça fait beaucoup, ok. Mais il faudrait au moins ça pour se fournir en électricité rien qu’avec l’énergie éolienne, et encore, seulement quand il y a du vent, car ça ne stocke presque rien. Tous avoir un pylône de 50 m. de haut devant votre fenêtre qui fait WOUF… WOUF… la nuit, je suis sûr que vous vous y ferez très bien. Et ne vous inquiétez pas, une éolienne ne fonctionne en moyenne que 35 % du temps, le reste du temps il n’y a pas assez de vent. Et si le wouf wouf vous berce, ne vous inquiétez pas non plus, ils peuvent l’actionner sans vent, ce qui dépense de l’électricité au lieu d’en produire[1] !

- Chaque français devra pédaler bénévolement 2 h. par jour dans la centrale à pédales la plus proche. Une fois par mois, il faudra aller pédaler de nuit pour alimenter les services d’urgence. Pour les autres, couvre-feu au coucher du soleil, saisie de toutes les télévisions, fours, micro-ondes, machines à laver, lave-vaisselles, sèche linge, ordinateurs, téléphones portables, iphones, ipod, DS, consoles… Une vraie solution de santé publique, bien meilleure que de dire « pour votre santé, bougez plus ! » dans les publicités Mac Donald. Une vraie solution de santé mentale aussi, pour un certain nombre de nos concitoyens !



La mort de Ben Laden

Une petite pensée pour ce brave Oussama, car c’est l’un des plus vieux et des plus récurrents sujets de plaisanterie de la planète qui vient de disparaître. Avec lui a disparu l’image romantique de la taupe se terrant dans un souterrain des montagnes afghanes, image d’Epinal que l’on nous servait régulièrement depuis 10 ans. En fait, il était bel et bien dans un hôtel particulier 3 étoiles avec femmes et domestiques dans un faubourg du Pakistan.
Passons sur la consternation qui fut la mienne lorsqu’on nous montra les habitants de New-York danser dans les rues comme s’ils avaient gagné la Coupe du Monde, comme si ce pauvre clown avait pu penser, décider et planifier tout seul les attentats du 11 septembre, comme si sa mort allait faire revenir les 5 000 victimes du World Trade Center, et surtout comme s’il n’allait pas être aussitôt remplacé par un autre barbu tout aussi taré que lui.
Ce que j’ai trouvé le plus fantastique dans cette histoire, c’est qu’Obama a fait jeter le corps de ben Laden aux requins parce qu’il ne voulait pas qu’il devienne un martyr, et qu’on vienne prier sur sa tombe, MAIS il a fait un discours de 10 mn retransmis sur toutes les chaînes du monde pour se gargariser de sa mort. Il a refusé que toute photo de son cadavre soit publiée pour ne pas exciter la haine des musulmans, MAIS il a invité les journalistes à la petite cérémonie de remerciements et de félicitations où on le voit serrer les pognes des commandos qui l’ont buté avec son sourire Ultra Brite.



On the Ferry to hell

Parmi nos « penseurs » médiatiques, je trouvais a priori que Luc Ferry était nettement moins insupportable que BHL.
Quand ils nous l’ont foutu comme Ministre de l’Education Nationale, je me suis dit après tout pourquoi pas ? En tous cas il ne fera pas pire que bien d’autres.
Lorsque les collègues ont fait un grand autodafé avec son bouquin, je les ai trouvés injustes, même si déjà ce n’était pas forcément une bonne idée tactique que le Ministre de l’Education Nationale en exercice écrive un bouquin et le fasse publier et envoyer à tous les enseignants de France et de Navarre aux frais du contribuable.
Quand il a repris sa « liberté de parole » et que je l’ai vu s’enflammer avec son « ennemi » Jack Lang contre les indigents nouveaux programmes Darcos, il a remonté dans mon estime. Mais quand, un jour, dans une émission télé consacrée à l’éducation, il a dit : « C’est malheureux à dire, mais si l’on cherche l’innovation pédagogique aujourd’hui en France, il faut la chercher du côté de l’école privée sous contrat », alors là j’ai eu une subite envie de meurtre.
Quand j’ai vu qu’il a été assez con pour dire qu’il savait qu’un ministre avait commis des actes de pédophilie au Maroc, ne réfléchissant même pas au fait que ne pas dénoncer un tel acte quand on en a connaissance est un délit puni par la Loi, et qu’en plus pour un ancien Ministre de l’Education Nationale ça fait particulièrement désordre, là je me suis marré.
Et maintenant que je vois qu’il est payé 4 000 € à rien foutre par une Université alors qu’on sabre encore des milliers de postes dans l’E.N. au détriment des conditions d’apprentissage des gamins, là, je me roule par terre.
Entre DSK et lui, j’ai envie de dire que c’est malheureux à dire, mais si l’on cherche l’innovation dans la stupidité, il faut la chercher du côté des anciens ministres.

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1. Véridique ! On cherche encore l'utilité de ce dispositif, mais on ne désespère pas de trouver, un jour !

draleuq, 14h59 :: :: :: [6 contestations]

5 Juin 2011 ::

« Amère désillusion »

:: Professorat

Vous avez remarqué ? C’est vrai, je suis un vieux con. C’est venu tout doucement, je m’écoutais parler et puis ça m’agaçait alors je fermais ma gueule. Et puis, sans faire attention, maintenant ça vient tout naturellement.

(« Un inconnu dans la maison », de G. Lautner)


En tant que professeur des écoles en CM2 et également directeur d’école, je cumule non seulement les handicaps, mais aussi l’immense privilège d’accompagner à chaque fin d’année, durant une demi-journée ou une journée, les élèves qui quitteront cet été le primaire pour le secondaire, afin de leur faire visiter et découvrir le futur collège qu’ils chériront, dans lequel ils prendront leurs premières heures de colle, leurs premières exclusions temporaires, et dans lequel ils fumeront leur première clope, voire prendront leur premier fix joint.

J’y croise d’ailleurs généralement pas mal de mes anciens élèves dont les réactions sont aussi diverses qu’amusantes, en fonction de leur développement cérébral.

Il y a ceux qui me saluent, ceux qui me sourient et viennent me parler, voire me sautent presque dans les bras pour certains d’entre eux. Certains me tiennent des conversations de préadolescents tout à fait équilibrés lancés sur la route d’une adolescence sans (trop d’) histoires : ils me parlent de leurs profs, de leurs notes, de leur vie, du bon vieux temps dans ma classe (eh oui je cumule aussi le handicap d’être une star, c’est très difficile à vivre, il faudra que j’en parle à Closer et à Paris Match, tiens !)

Il y a ceux qui font semblant de ne pas me voir, c’est bien sûr un grand classique. Selon mon humeur, le temps dont je dispose, et le souvenir que j’ai du morpion en question, je m’amuse éventuellement parfois à lui adresser un « bonjour [prénom] ! » tonitruant, pour le faire rougir ou lui foutre la honte devant ses potes.

Et puis tout en bas de la chaîne (je n’ose dire alimentaire), il y a ceux qui gloussent comme des dindons, ou devrais-je dire celles qui gloussent comme des dindes, car je regrette d’avoir à dire qu’il s’agit invariablement de filles :
- Eh regardez les filles, y’a draleuq qui est là !
- Hi hi hi hi hi !
- Attends, trop la honte, faut pas qu’il me voie ! T’es grande toi, planque moi !
J’ajoute bien entendu que tout cela est vociféré à 200 décibels, de sorte que même un sourd profond l’entendrait à un kilomètre. Bref…

Or donc, une fois que je m’en revenais tout guilleret en début d’après-midi pour récupérer mes élèves après une matinée de visite et un repas au self pour habituer leur estomac à la nouvelle tambouille merdique qu’on allait leur servir pendant 4 ans (et plus si affinités), je me retrouvai bloqué par le portail fermé.
Il est vrai qu’il n’était pas encore l’heure. Je renonçai très rapidement à sauter le portail qui était fort haut, d’autant que de nombreux anciens élèves n’auraient pas manqué d’observer cet exploit sportif de la cour intérieure. Je renonçai également à héler le pion qui se prélassait à l’autre bout de la cour, et je décidai d’attendre qu’on vienne m’ouvrir.

Je n’étais pas seul, enfin pas tout à fait seul, devant ce portail. Il y avait aussi une jeune adolescente, probablement une externe qui était arrivée en avance. Elle lisait un livre de poche, assise sur l’herbe, adossée au grillage. Elle pouvait être en 4ème ou en 3ème, en apparence.
N’ayant rien d’autre à faire, je l’observai discrètement, non pas par pédophilie mais plutôt par désœuvrement, et en quelque sorte par curiosité sociologique.

Elle ne portait pas de mini-jupe ras la touffe, mais simplement un jean et un sweat shirt.
Elle n’était maquillée ni à la truelle, ni comme une voiture volée.
Elle ne fumait pas.
Elle n’avait pas la gueule recouverte de piercings, ni des boucles d’oreille lui faisant pendre les lobes auriculaires jusqu’au menton.
Elle n’écoutait pas de Rn’B à tue tête dans un mp3 de merde.
Elle ne mâchait pas un chewing-gum immonde de 5 cm de diamètre, aux fruits exotiques, avec la gueule grande ouverte et une vue plongeante sur ses amygdales.
Elle n’était pas en train de tapoter fiévreusement sur le clavier, ou plutôt l’écran (oui, c’est vrai, je retarde) de son téléphone portable.
Elle n’était pas non plus avec le dit téléphone à l’oreille en train de parler à une "coupine" en faisant profiter tout le quartier de sa syntaxe approximative entrecoupée de « z’y va ! », de « ça s’fait pas ! » et de « trop pas ! »
Elle lisait son bouquin, en silence.

Je fus, comment dire, saisi, ému par ce spectacle qui devrait être habituel, oui, j’en ai conscience ! Mais justement, parce qu’il est devenu tout sauf habituel, j’avoue que je fus touché au plus profond de moi-même par cette scène émouvante, que cela remit en moi une lueur de positivisme. Oui, j’ose le dire, cela me redonna un bref instant foi en l’humanité, car je me dis : « Mon Dieu, s’il en existe encore des comme ça, alors non, le monde n’est pas encore perdu ! Oui, il y a encore de l’espoir ! »

Cependant que je succombais au bonheur d’un humanisme retrouvé, un jeune garçon, un demi-pensionnaire qui était donc dans la cour, de l’autre côté du grillage, s’approcha de la merveilleuse demoiselle sus-décrite, en catimini, de toute évidence dans l’intention de lui faire une « blague ». Il arriva dans son dos et lança un : « Bouh ! » Ma foi, l’onomatopée fut tout sauf tonitruante, et fut même tellement timide que la créature idéale ne sursauta même pas.
En revanche, elle se retourna, et hurla :
- Putain, même pas tu m’parles gros bâtard, j’m’en bats les couilles de ta gueule espèce d’enculé d’ta mère !


Snif…

draleuq, 19h31 :: :: :: [5 confessions honteuses]

2 Juin 2011 ::

« DSKK »

:: Paparatzi

Le sexe sans amour n'est pas toujours drôle... Mais c'est plus drôle que l'amour sans le sexe !

Georges Wolinski


N’importe quel blaireau peut se faire offrir une sortie en Porsche, ou en Ferrari, selon les goûts, via un « coffret découverte » édité par je ne sais quel arnaqueur, mais ne risque pas de tomber dans une embuscade de paparazzi.
Gageons que le blaireau en question pourrait même être un militant communiste ou un délégué CGT, car les bagnoles peuvent exercer cette mystérieuse attraction sur les mâles, même gauchistes.
DSK aurait dû se douter que de retour pour quelques jours à Paris alors que les sondages le mettaient au zénith, les fouille-merde allaient l’attendre au tournant… Pas très malin, mais passons.
Par contre, pour se jeter sur une femme de chambre dans un hôtel New-Yorkais alors qu’il avait un boulevard devant lui pour la présidentielle, là il faut reconnaître que ce n’est plus de l’ordre de la stupidité, mais probablement de l’ordre de la maladie.
En tous cas y’en a un qui doit boire du petit lait, c’est Stéphane Guillon, lui qui avait déjà failli être viré de France Inter (comme on le sait, il l’a été par la suite) pour avoir demandé à ce que toutes les jeunes femmes évacuent les studios de la radio car DSK venait d’y arriver…



Consternation : voilà qu’on se rend compte qu’un brillant économiste, dont le bilan à la tête du FMI est salué de tous bords, peut également être un pervers sexuel.
Et quand on voit que ce (présumé) pervers occupe à lui tout seul 95 % de l’actualité, on se dit la chose suivante : si vous aviez l’intention de kidnapper 5 enfants de maternelle le même jour ou de procéder à un « mass murder » à la kalashnikov dans un restaurant chinois sans trop attirer l’attention des médias, eh bien c’était le moment ou jamais de le faire !

Là-encore, ce que je retiendrai de cette affaire, ce n’est pas ce qui arrive au personnage en lui-même. J’avais du respect pour lui, mais là j’avoue qu’il me consterne, en particulier par ses « dénégations fermes et énergiques ». Seul l’avenir nous dira comment il justifiera les traces de sperme qu’on a retrouvé sur la femme de ménage, et si complot il y a, je pense que les scénaristes hollywoodiens, pourtant experts en machinations retorses et improbables, devront en prendre de la graine.
Non, ce que je retiendrai encore une fois de cette affaire, ce sont les « analyses » qu’en ont fait nos chers « experts », qu’ils proviennent d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique.
Car ce qui se joue à travers ce pauvre satyre de DSK, il faut bien le dire, c’est une manche de plus de la bonne vieille guéguerre franco-américaine.

Grosso modo, les « analyses » peuvent se classer en deux grandes catégories :

La France c’est caca, les U.S.A. c’est ‘achement mieux !

La France, qui fait partie de la « vieille Europe » - ça dit bien ce que ça veut dire – est un pays dépassé, avec des mœurs dépassées. Les gens y sont macho, et sexistes. En France, une affaire comme celle là aurait été étouffée, voilà tout. La fille, on lui aurait fait comprendre qu’elle avait intérêt à fermer sa gueule, moyennant finances ou moyennant une bonne volée de plomb. C’est pas pour rien que c’est aux USA qu’il s’est fait choper, alors que c’est sûrement un pervers depuis toujours, mais tout ce qu’il a fait en France durant les 60 premières années de sa chienne de vie, ben ça a été étouffé, voilà tout ! Tu vas voir, maintenant qu’il est en taule, les langues vont se délier ! Et puis t’as vu comment ils parlent de la pauvre victime ? On met sa parole en doute, on ne la respecte pas, on la traîne dans la boue. Aux USA on respecte les victimes, même quand elles sont femmes de ménage et africaines. Africaines oui, et musulmanes, tu as compris ? La France est un pays raciste, et qui ne respecte pas les religions des minorités, on les savait déjà antisémites, ces salauds de français, mais en plus ils ont une dent contre l’Islam !

La France, ce pays corrompu jusqu’à la moelle, favorise les puissants. Ils nous font bien marrer, les français, avec leur devise d’égalité, alors que quand tu es un homme politique, tu es pratiquement immunisé contre toute poursuite en justice. Regarde Pasqua, Villepin, et récemment Chirac ! Et le pire c’est que même les français ça les dérange pas, ils trouvent qu’il y a prescription, qu’il faut pas emmerder les politiciens sur leurs magouilles, qu’il faut leur foutre la paix quand ils ont fini leur mandat. Aux USA, un homme politique doit être exemplaire, et pour cette raison, quand il fait une connerie, il est traité encore plus durement qu’une personne lambda. Ça, c’est un vrai pays de justice sociale ! God bless America, bordel !

Les U.S.A. c’est caca, la France c’est ‘achement mieux !

Toute façon les anglo-saxons c’est tous pudibonderie et compagnie. DSK est un mec, un vrai, il est viril, ptêt un peu macho OK, mais il aime le cul et l’assume. Alors évidemment quand on lui fait du gringue ou qu’on lui tend un piège, bah voilà quoi, un cul est un cul !
Chez les ricains toute façon, tout est prétexte à spectacle. Tu fais une connerie et voilà, on te traîne dans la rue entre deux flics en civil avec les menottes aux poignets. C’est tout juste s’ils te lyncheraient pas. C’est lamentable d’humilier un homme comme ça, quel que soit ce qu’il a fait !

Les USA violent la présomption d’innocence. Tout de suite, il a été traîné dans la boue et accusé d’être un prédateur par les journaux américains. Alors que nous, on la viole jamais, la présomption d’innocence. Jamais ! Bon, ptet une fois ou deux, comme quand Sarkozy a claironné : « nous avons arrêté Ivan Colonna, l’assassin du préfet Erignac. » alors qu’il n’avait même pas été jugé. Mais bon, c’était pas pareil, lui il avait assassiné un préfet, quand même ! Il n’avait pas juste troussé[1] une femme de ménage, noire en plus, et qui habitait dans un immeuble pour séropositifs[2] !

Pour la justice américaine, tout est une affaire de fric. Si tu as les moyens de te défendre, tu as beaucoup plus de chances de pouvoir briser les reins de ton adversaire. Le mot est fort mais pas exagéré, car oui, la justice en Amérique, c’est un combat. La ligne de défense des avocats de DSK sera probablement de trouver le défaut qui leur permettra de discréditer la victime. C’est dégueulasse[3]. En France, jamais il n’aurait été libéré sous caution, même pour 1 million de dollars, et surtout pas dans un appartement tout luxe à 50 000 dollars par moi. Il croupirait en taule, comme l’avait fait Bernard Tapie !

En France au moins, on respecte la vie privée des hommes publics. On ne confond pas sphère privée et sphère publique. Chez les anglo-saxons ils mélangent tout. En quoi le fait que Clinton se soit fait tailler une pipe par Monica l’empêchait de présider ? En quoi le fait que Mitterrand avait une fille illégitime l’empêchait de présider ? C’est pas nos oignons, c’est tout !... Comment ? Que dites-vous ? Faut-il considérer le viol d’une femme de ménage comme de l’ordre de la vie privée qui ne regarde personne ? Oh la la, j’ai pas dit ça non plus… Tout de suite les grands mots !

C'est nous qu'on est les meilleurs !


Bien évidemment, je ne suis pas le mieux placé pour critiquer la perception des français par les états-uniens… Seuls ceux qui se trouvent immergés là-bas pourraient le faire correctement. Par contre, vu de notre côté de la lorgnette, il faut quand même dire que c’était du grand spectacle : en 15 jours, le discours dominant est passé de :

« Les français sont choqués par la manière dont DSK a été traité par la justice américaine, menotté et jeté en pâture à la presse, puis jeté en prison comme un malpropre. D’ailleurs, un sondage montre que 57% des français pensent qu’il a été victime d’un complot. [4] »

à :

« Les français sont choqués du traitement de faveur dont bénéficie DSK et du train de luxe qu’il continue à afficher dans sa résidence surveillée. Ils pensent que la puissance, et surtout l’argent, peuvent vraiment tout acheter aux USA ».

L’impression qui ressort de tout ça peut se résumer en deux mots : chauvinisme, xénophobie. Force est de constater qu’à l’heure de la mondialisation, ni l’un ni l’autre de deux pays du G8, tous deux parmi les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, tous deux ayant a priori la même « civilisation », en l’occurrence occidentale, restent définitivement incapables non seulement de se comprendre, mais même de s’envisager l’un l’autre avec un minimum de bienveillance.

On n’est pas dans la merde.
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1. Le terme est de Jean-François Kahn, à la radio. Et il l’a prononcé, semble-t-il, en gloussant.

2. Information exclusive du Journal du Dimanche, qui l’a repiqué dans le New-York Post. Comme quoi, américains et français peuvent être unis, au moins sur un point : la connerie.

3. Les imbéciles qui ont dit ou écrit ça ou quelque chose s’en approchant, et ils sont nombreux, ça se voit qu’ils n’ont jamais été dans une cour d’assises française en tant que plaignants.

4. Sachant qu’une loi de 2000 interdit en France de faire des sondages sur la culpabilité ou non d’un prévenu (source : acrimed). Mais la Loi pèse bien peu face au « droit à l’information ».

draleuq, 12h22 :: :: :: [0 déclaration infondée]