Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

J'en ai
vraiment
rat le cul...
Et ta soeur ?
Malheureusement, l'Homme ignore affreusement la démocratie, de sorte que la justice s'échappe en courant vers l'enfer du rationalisme
Jean-Sol Partre ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

25 Janvier 2012 ::

« Le séisme de Vrancea »

:: Histoire contemporaine, 1977




C'est à Zimnicea, durant l'été 2003, que j'eus l'occasion de faire un mensonge géographique éhonté, mais pour la bonne cause. Au cours d'une veillée tardive près du Petit Danube, nous fûmes pris à partie par deux gardes frontière Roumains armés de fusils Kalashnikov, dont l'un semblait passablement éméché. Il me demande de quel pays je suis, je dis que je suis Français. Par interprète interposé, il me demande ce qu'il y a comme fleuve, en France. Je lui fais répondre qu'il y a la Seine, la Loire, le Rhône, etc... Il me fait répondre que non, que tous ces trucs-là ne sont que des vulgaires rivières, et qu'il n'y a que deux fleuves en Europe, le Danube et la Volga. Je fais aussitôt traduire que je suis entièrement d'accord avec lui. Règle n°1 : un garde-frontière qui a une kalashnikov et qui a bu un coup de trop a toujours raison.
Il nous expliqua ensuite qu'ils devaient surveiller la frontière à cause des passeurs de drogue en provenance de la Turquie via la Bulgarie, qui transitaient ensuite par la Roumanie pour approvisionner l'Europe occidentale.


Sur une plage du Danube, juste en face de la ville bulgare de Svishtov. Les jeunes plagistes roumains ont descendu leurs Dacias rutilantes sur la plage et l'auto-radio crache de la musique techno... (photo draleuq)


Lever de soleil sur le "Petit Danube", affluent du Danube qui passe également dans le coin et que les autochtones appellent ainsi. (photo draleuq)


Le séisme de 1977

On ne sait pas toujours que la Roumanie est un pays à haut risque sismique. Pourtant, elle est frappée par un tremblement de terre majeur en moyenne une fois tous les trente ans. L'épicentre de ces secousses se situe presque invariablement dans le même coin, à l'est des Carpates, dans le Judetul (province) de Vrancea.
C'était d'ailleurs le cas le 4 mars 1977, lorsqu'un séisme de force 7,2 sur l'Echelle de Richter provoqua la mort de 1 500 personnes à Bucarest, ainsi que la destruction de 30 000 logements. 100 personnes trouvèrent également la mort dans l'effondrement de trois barres d'immeubles dans la ville Bulgare frontalière de Svishtov. Les Bulgares appelèrent d'ailleurs ce séisme "le tremblement de terre de Svishtov". Chacun voit midi à sa porte.



Lorsque j'ai eu l'occasion de séjourner près de Zimnicea, j'ai dû un jour me rendre dans la ville pour faire quelques emplettes. J'ai alors pu constater que beaucoup de maisons étaient de vulgaires cabanes de tôle ondulée, et qu'en revanche beaucoup de bâtiments en dur étaient en ruines, et que d'autres semblaient ne jamais avoir été terminés, ou avoir été désaffectés alors qu'ils étaient neufs. Par certains côtés, cela me rappelait un peu les images de Beyrouth après la guerre du Liban. N'ayant pas d'appareil sur moi ce jour-là, je ne pus malheureusement pas faire de photos, et vous devrez vous contenter de photos d'archives de Bucarest.
Interrogeant les habitants, ils m'apprirent que c'était le résultat du tremblement de terre de 1977 qui avait rasé 80 % de la ville. Celui-ci avait également fait de gros dégâts à Alexandria, la capitale du Judetul Teleorman (dont Zimnicea est une localité secondaire), située à environ 40 km plus au nord.


Dégâts du séisme de 1977 à Bucarest


Je m'imaginais alors que l'épicentre de ce séisme devait se trouver tout près de nous, et ce n'est que de retour en France et après quelques recherches, que je réalisai qu'il en était tout autrement. On peut même dire que les plus gros dégâts sont localisés très loin de l'épicentre.
Mais comment expliquer qu'on ne trouve plus de traces de ce désastre à Bucarest ni à Alexandria, et qu'en revanche Zimnicea ressemble toujours à un campement provisoire ? Je n'ai pas de réponse certaine à cette question, mais a priori le fait que Zimnicea soit une petite ville reculée et peuplée de gens assez pauvres pourrait être un bon élément de réponse.
D'autre part, il faut savoir que le conducator Nicolae Ceauçescu a utilisé les dégâts de ce tremblement de terre comme prétexte pour lancer une vaste campagne de travaux dans la capitale.


Le Victoria Hotel, ancien "Hôtel de France" de Bucarest, n'a pas survécu au tremblement de terre.
(Source Bucharest photo album)


Je profite de ce post pour saluer Rodica, mon interprète et amie moldave, qui doit traîner ses guêtres du côté de Toulouse en ce moment.

draleuq, 15h56 :: :: :: [0 obscénité]

21 Janvier 2012 ::

« Je rêve »

:: Baratin

J’ai vu des serpents grouiller sous mon oreiller. Ils étaient de tous diamètres, de toutes longueurs. Ils glissaient et s’entrelaçaient, comme un gigantesque paquet de nœuds impossible à démêler. Je ne voyais que leurs corps, leur peau luisante agitée de soubresauts musculaires qui se répandaient le long de leurs anneaux qui avançaient par reptations. Par contre, je ne voyais pas leurs têtes. C’était il y a très longtemps, il me semble.

Je suis tombé du haut d’un vertigineux précipice. Au moins cinq ou dix fois. Je ne me souviens plus si c’était toujours le même, mais ce qui est sûr c’est que de là-haut, on ne voyait pas le fond. Il y avait un fond pourtant, que je voyais distinctement s’approcher à toute vitesse alors que mon palpitant battait la chamade. J’ignore comment j’ai pu survivre tant de fois à une telle chute.

Une fois, je suis devenu bossu. Je suis sérieux : je ne l’étais pas avant, mais je le suis devenu, en quelques instants. J’ai d’abord senti ma colonne vertébrale se tordre, se recroqueviller vers l’avant, puis j’ai senti une excroissance osseuse me pousser au milieu du dos, suivie solidairement par les muscles et tous les tissus qui l’environnaient, qui m’arrachèrent des hurlements de douleur en se distordant mais en refusant catégoriquement de se rompre.

J’ai vu le pelage beige de mon chien se transformer en une mousse qui s’apparentait fortement à celle que produirait un bain moussant, et j’ai vu ce pauvre chien disparaître dans le tourbillon d’un lavabo qui se vidait. Ce dont je me souviens surtout, c’est des pleurs de l’animal pendant qu’il se dissolvait en tournoyant dans l’eau savonneuse. Des pleurs atroces, d’agonie, à mi-chemin entre la peur et la souffrance.

J’ai tué une petite fille avec un couteau de cuisine. C’était dans la cuisine de mes parents, comme elle était quand j’étais gosse, avec le vieux carrelage marron et la vieille tapisserie orange. Pour l’occasion, la chambre toute neuve qui, en principe, l’avait remplacé, avait disparu. Même la vieille table en formica blanc était revenue se mettre dans son antique position. Je ne connaissais pas cette petite fille, mais toute ma famille, parents, grands-parents, frère, sœur même je crois, présente autour de cette pièce, m’encourageait de son regard implacable, sans rien dire, à me saisir de ce couteau de cuisine et à frapper. Alors je l’ai fait. Elle s’y attendait et n’a pas protesté. Elle n’a même pas crié.
A l’époque, quelqu’un de vachement futé m’avait dit que j’avais fait ça pour montrer à ma famille que je n’étais plus un gamin. Que j’avais, en quelque sorte, tué l’enfant qui était en moi. Restait à savoir pourquoi c’était une petite fille plutôt qu’un petit garçon. Serais-je un transsexuel latent ?

Et puis, dernièrement, Richard Gere m’a filé un ticket à gratter déjà gratté : deux cents treize mille euros, qu’il y avait de marqué dessus. Il est comme ça, Richard Gere, son plaisir c’est de gratter des tickets, ça le détend, mais il a déjà tellement de pognon que quand il gagne quelque chose, même si c’est une fortune, il le donne à un de ses amis. J’avais oublié, d’ailleurs, que je comptais parmi les meilleurs amis de Richard Gere, il a fallu que son garde du corps m’apporte ce ticket pour que je m’en souvienne, ingrat que je suis. Ben oui, Richard est un ami très occupé, il ne pouvait pas me l’apporter en personne, mais c’est déjà bien de m’avoir envoyé quelqu’un. Par contre, j’étais un peu embarrassé car ce brave black en costard a dû trimballer son holster jusqu’aux douches publiques pour me débusquer. Et quand il a tapé à la porte, je me suis rendu compte que la douche n’avait pas de porte de l’autre côté et que j’étais à poil à la vue de toute la place, qui, heureusement, était vide.

J’ai vu et fait tant de choses encore, beaucoup d’ailleurs dont ma mère m’interdirait de parler ici. Heureusement, j’ai oublié la plupart d’entre elles.

Copyrat draleuq 2009

draleuq, 11h08 :: :: :: [0 sarcasme grinçant]

14 Janvier 2012 ::

« Essayages »

:: Les dérapages du rat

draleuq, 15h39 :: :: :: [3 observations emphatiques]

11 Janvier 2012 ::

« L'étrange cas de Monsieur Leymarché - 2ème partie »

:: Paparatzi

Ce billet fait partie d'un sujet qui en comporte deux :
1. L'étrange cas de Monsieur Leymarché - 1ère partie
2. L'étrange cas de Monsieur Leymarché - 2ème partie


Face au monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement !

(Francis Blanche)


Mais qui est donc Mr Leymarché ?

Il faut avouer que pour les profanes – dont je suis, Dieu merci -, le mystère a toujours été là sans qu'on s'en émeuve plus que ça, mais le jour où on nous annonce qu'il va falloir serrer pas un, pas deux, mais au moins trois crans de ceinture parce que d'un seul coup, trop c'est trop (comme si d'ailleurs ça pouvait arriver du jour au lendemain, surtout quand on parle de chiffres en milliers de milliards), et que ça va durer trrrrrès longtemps... Alors là, d'un seul coup, on s'intéresse beaucoup plus à la clef de ce mystère. On a vraiment envie de savoir QUI se cache derrière le masque de Mr Leymarché et de ses voyants rouges les agences de notation.

QUI, oui, parce qu'il y a forcément quelqu'un. Mais quand on voit les sommes en jeu... des milliers de milliards, je le rappelle, on se dit dès lors que même tous les rupins de la terre érigés en trust du fric ne parviendraient pas à prêter tout ça...


Diagramme représentant les détenteurs de la dette souveraine française, autrement dit le 3ème portrait robot, et le plus réaliste, de Mr Leymarché. Bon d'accord, c'est toujours pas très parlant. Ce qui saute aux yeux quand même, c'est que 57 % de Mr Leymarché, cette entité multiforme, sont constitués de "non résidents", euphémisme pour dire... étrangers ! AH AH ! ENCORE UN COUP DES ETRANGERS ! FALLAIT S'EN DOUTER !

Le devoir de l'Etat, clause d'exception ?

Donc on commence sérieusement à s'intéresser aux arguments de certains, comme Mélenchon et ses supporters par exemple, mais pas que, qui nous disent qu'en quelque sorte une dette d'Etat n'est qu'un chiffre théorique, et que la donner comme ça n'a aucun sens.
Et ça, je suis assez enclin à le croire, moi qui suis à longueur d'année obligé de faire remonter à mon cher Ministère de l'Education Nationale des chiffres qui, je le sais très bien car c'est mon domaine et je suis au plus près du terrain, n'ont aucun sens... Ce qui n'empêchera pas mon cher ministère de mettre ces chiffres dans un shaker, de les mélanger à ceux des autres écoles, et de les publier !

Les mêmes contestataires nous expliquent que dans le monde, et jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas d'autorité supra-nationale (toi qui as dit "si, y'a l'ONU", au fond de la classe... Oui, toi... Tu sors, s'il te plaît.) Autrement dit, les Etats sont la plus haute autorité existante. Et en tant que tels, ils ne peuvent pas "devoir" de l'argent à quelqu'un. Ils peuvent emprunter à des créanciers x, y et z, mais aux risques et périls de ces derniers. Autrement dit encore, l'Etat a le droit de dire : "cher créancier, je suis au regret de vous annoncer que je ne serai pas en mesure de rembourser ma dette, et ceci pour raison d'état."

Le seul devoir qui échoit à l'Etat, selon ces théoriciens, c'est de travailler à l'intérêt du plus grand nombre, et tant pis si pour cela il faut faire un pied de nez au mystérieux Mr Leymarché et lui dire que ses intérêts, voire son capital, il peut se les carrer profond.

Notons d'ailleurs qu'il y a des précédents : entre 1887 et 1913, d'abord pour financer des milliers de km d'installations de chemins de fer, puis pour panser leurs plaies et bosses contractées lors de la désastreuse guerre russo-japonaise de 1905, les russes lancent des emprunts colossaux. La France étant l'alliée de la Russie tsariste, le succès est immédiat auprès des épargnants français, encouragés par leurs banques, qui y investissent jusqu'à 15 milliards de francs, soit environ un tiers du volume total de l'épargne sur cette période.
Et puis en 1917, paf, Révolution bolchevique, et vlà t'y pas que Lénine prévient qu'il est hors de question que les camarades du peuple soviétique remboursent le moindre centime des dettes contractées par le tsar déchu (et défunt) auprès des bourgeois décadents occidentaux.
Disons-le : au vu de son idéologie, c'est le contraire qui aurait été étonnant !
Alors après la chute de l'URSS, les descendants de ces pauvres prêteurs spoliés ont réclamé justice auprès du nouveau pouvoir russe, mais n'ont pas davantage obtenu gain de cause.


Affiche publicitaire de Cassegrain vantant l'intervention française pour ravitailler Port Arthur où les Russes étaient assiégés par les Japonais. Malgré l'inestimable aide de nos boîtes de conserve, nos potes ruskoffs furent boutés à coups de botte dans le train par les Japs. Amateurs de caricatures, cette affiche est une mine ! (source : musée d'histoire de Nantes)

Rêvons un peu, amis Terriens

Oui, mettons-nous donc à rêver un instant : la France décrète qu'elle use de son véto financier et qu'en tant qu'état souverain , elle annule sa dette, ou du moins une partie de sa dette.
Aussitôt dit, aussitôt fait, Mr Leymarché coupera les vivres à la France et continuera de plus belle à prêter aux autres pays qui, eux, remboursent.

Imaginons donc un peu plus loin : un grand nombre de pays souverains, voire tous les pays souverains, annulent tout ou partie de leur dette. Là, cela devient plus intéressant, mais pour continuer cette extrapolation, il faudrait éclaircir ce mystère qui reste entier : qui se cache derrière Mr Leymarché ?
Que fait-il ? Où habite-t-il ? D'où lui viennent ses moyens ? Où stocke-t-il son pognon ?
Comment, en effet, vaincre un ennemi tout puissant sans avoir la moindre idée de ce à quoi il ressemble ?
"En voilà assez de ces agences de notation qui font la pluie et le beau temps, qui jettent de l'huile sur le feu, qui soufflent sur les braises et qui sèment la pagaille dans le monde entier impunément" vitupèrent les politiciens qui appellent de leurs voeux des mesures, des sanctions contre les dites agences.
"Mais nous on n'y peut rien, se défendent les Agences de Notation, on ne fait que des constats sur l'état de solvabilité des Nations, entre autres." Jean-Michel Six dit dans Le Monde : "Nous ne sommes pas des commentateurs mondains[1] (...) Nous établissons des diagnostics prospectifs (...) Notre légitimité vient de l'utilisation des agences faites par les investisseurs. Si ces derniers venaient à considérer que nos notes n'étaient pas fiables, ils s'en désintéresseraient et notre crédibilité s'effondrerait."
Autrement dit : c'est pas moi c'est l'autre.
Et c'est qui l'autre ? Les investisseurs, alias Mr Leymarché.

Mais bordel de Dieu, qui est donc ce Mr Leymarché ?

L'épouuuuuvantable spectre de la perte du triple A

En attendant, depuis le temps qu'on nous promet une baisse de notre note, la fameuse perte de notre AAA, comme l'équivalent d'une catastrophe d'ampleur inégalée, j'ai voulu aller voir, petit curieux que je suis, à quoi cela correspondait exactement. Et c'est là que j'ai découvert qu'il y avait un sacré éventail de notes. Jugez du peu : AAA (première qualité), AA (haute qualité), A (qualité moyenne supérieure), BBB (qualité moyenne inférieure), BB (spéculatif), B (très spéculatif), CCC (risque élevé), CC (ultra spéculatif), C (en défaut, avec peu d'espoir de recouvrement), D (en défaut).
Alors pensez donc, passer de AAA à AA, mon Dieu quelle tragédie. C'est comme si votre gamin passait de 19 de moyenne générale à 18, ça mérite bien une raclée sans précédent !


Comme on le voit bien sur ce document de Standard and Poor's, même au sein du vieux continent, le plus riche du monde, les pays AAA ne sont pas légion...

Non, ce qui est nettement plus intéressant, c'est d'imaginer la note du Niger, du Burkina Faso ou de la Somalie... Finalement tout ceci est le miroir de ce que nous vivons, de ce que nous constatons quand nous allons supplier une banque de nous prêter de l'argent pour nous payer un toit, mais à beaucoup plus grande échelle : on ne prête qu'aux riches.
De toute évidence, Mr Leymarché est donc un grand philanthrope, mais ça on s'y attendait un peu.

Alors qui donnera à ces pauvres africains de quoi ne pas crever, ou tout au moins de quoi crever moins vite, puisqu'ils sont "en défaut et sans espoir de recouvrement" et que Mr Leymarché ne leur donnera que dalle, et que même s'il leur prêtait quelque chose, ce serait à des taux de 34% et à rembourser pour le lendemain ? Eh bien les pays AAA et AA, tiens, bien sûr, avec leurs ONG, et avec quel argent ? Avec celui qu'ils empruntent à Mr Leymarché, qui là, pour le coup, accepte de prêter, même si de moins en moins. Voilà la haute moralité du monde capitaliste.

La tête à taux taux

Autre chose d'intéressant : à quel taux l'Etat est-il endetté ? Eh bien on l'aura compris, ce taux évolue en fonction de la super note attribuée par les super agences de notation, mais grosso modo on peut dire que pour la France cela fluctue autour de 4%.

Quiconque a déjà emprunté à sa banque chérie pour s'acheter... une maison, par exemple, sait que par les temps qui courent, 4% c'est pas si mal. Enfin, tout dépend sur quelle durée. Car sur 25 ans, si vous empruntez 200 000 € à 4 %, vous paierez quand même au bout du compte près de deux fois le montant de votre emprunt... Alors que si c'est sur une durée de 15 ans, là cela vous coûtera moins d'une fois et demi le montant de votre emprunt. Donc, porté à l'échelle de la dette d'un état, plusieurs milliers de milliards par les temps qui courent, ça veut probablement dire, mais ça on n'en sait rien parce qu'ils ne vont sûrement pas nous le dire, qu'une mesure d'austérité à quelques dizaines de milliards d'€ qui nous coûte un rein collectivement, ce n'est rien de plus que l'équivalent des intérêts de la dette sur quoi ? Quelques mois ? Quelques années ? Dans tous les cas, un gaspillage dantesque et quasiment un suicide collectif.


A apprécier particulièrement, et à comparer avec la Carte d'Europe de Standard and Poor's, les prévisions sur les taux applicables à la Grèce, qui est le seul pays d'Europe à être noté dans les C (en rrrrrrrrouge, vous les voyez bien, n'est-ce pas ?) Tu te noies ? Compte sur Mr Leymarché pour t'appuyer sur la tête. Et comme disait Cromwell : "ce qui est réjouissant, c'est que ceux qui ne savent pas nager mettent plus longtemps à se noyer."

Petite histoire de la dette souveraine

Certains théoriciens attirés par les thèses de complot vont même jusqu'à supputer que la dette souveraine serait quasi inventée de toutes pièces par les politiciens comme nouvel épouvantail à agiter sous le nez des foules pour les effrayer et les obliger à se tenir tranquilles pendant qu'on leur demande toujours plus de sacrifices, vu que maintenant la religion ça ne marche plus trop.

Et de fait, je ne sais pas s'il y a un lien, mais dans les pays du monde sous le joug islamique, ils n'ont pas l'air de trop se préoccuper de la dette souveraine. Mais je m'égare.

Quoiqu'il en soit, comme souvent, quand on ne trouve pas l'explication à un problème dans le présent, il faut la chercher dans le passé, et à ce titre l'Histoire est encore une fois riche d'enseignements.

Au moyen-âge, manipuler beaucoup d'argent ça ne se faisait pas quand on était un bon gentilhomme chrétien bien élevé. Car dans l'enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ, l'argent c'était caca boudin, alors on laissait ça aux mécréants... Les juifs par exemple. Le problème, c'est que l'argent avait beau être sale (eh oui, déjà), on en avait quand même un furieux besoin. C'est ainsi que les riches marchands juifs sont devenus les usuriers de beaucoup de rois, de France en particulier. Et si par malheur un cas de force majeure (comme une guerre par exemple, ou éventuellement une guerre) vidait les caisses de l'Etat et que sa Royale majesté n'était plus en mesure de rembourser l'usurier, il suffisait de le chasser ou de le brûler comme sorcier. Après tout, ce n'était qu'un mécréant, que Diable ! C'est probablement l'une des manières dont est né l'antisémitisme, ne l'oublions pas.

Citons également le cas de l'Ordre des Templiers, immensément riche, disposant d'un maillage de commanderies dans toute l'Europe et jusqu'en terre Sainte, véritables banquiers avant l'heure, de bien singuliers banquiers en vérité puisqu'ils avaient fait voeu de pauvreté.
En 1310, voilà que notre bon Roi Philippe IV Le Bel a besoin d'argent frais pour sa nouvelle guerre (c'était un enfant bien peu soigneux, il cassait beaucoup ses jouets). Pour faire main basse sur le pactole, il n'hésite pas à faire arrêter, emprisonner, torturer et accuser à tort de sodomie et de diablerie tous les templiers du territoire français, plusieurs milliers... Et tout cela en pure perte, puisque le pactole ira finalement à un autre ordre de chevaliers religieux, les hospitaliers... Eh oui, on y revient encore une fois, à cette époque il y avait la sacrosainte religion chrétienne, et même le Roi le plus puissant devait composer avec.

Un peu plus tard, Louis XIV, notre bon Roi Soleil, était connu, lui aussi, pour son goût prononcé pour la guerre. Les impôts s'ajoutaient aux impôts, le petit peuple en fut bientôt exsangue, d'autant plus que, rappelons-le, sous l'Ancien Régime les Nobles et le Clergé, c'est-à-dire les plus riches, étaient exemptés d'impôts. S'il y avait eu l'équivalent de l'ISF, on l'aurait appliqué aux pauvres bougres et on l'aurait appelé ISP (Impôt de Solidarité sur la Pauvreté).
Innombrables sont les exemples où le butin transporté d'un pays allié à l'autre, ou rapporté des colonies, fut pillé par l'ennemi ou envoyé par le fond dans une bataille navale. Eh oui, pas de virement sécurisé par internet vers une banque aux Bahamas. Et dans ces cas-là, comme disait Corneille dans "Le Cid", le combat cessait faute de combattants. Ou plutôt, en l'occurence, faute d'argent pour rétribuer les combattants.

Prends garde à la plèbe que tu foules du pied

Tout ceci nous éclaire sur au moins trois points :

1) L'endettement d'Etat est loin d'être une nouveauté.

2) L'omniprésence de la Religion et/ou d'un pouvoir dictatorial sont des facteurs qui, curieusement, tendent à rendre l'austérité plus supportable, et à faire oublier les problèmes posés par la dette d'un Etat, grâce à un maintien des masses dans l'ignorance.

3) L'argent vient toujours de quelque part. A l'instar des microbes, il ne se créé pas par génération spontanée. Sauf qu'avant, que le nom de la source fût "Ordre des Templiers" ou "usuriers juifs", on savait d'où il venait. Alors qu'aujourd'hui, personne ne le sait.

Car au terme de cet exposé profane et sans prétention, le mystère demeure entier : mais qui est donc cet étrange Mr Leymarché ?

Qui qu'il soit, il devrait prendre garde, non pas au jour où les petites gens n'auront plus rien, car ce jour est déjà arrivé, mais au jour où les moyennes gens, vous, moi, l'immense étendue de la plèbe, n'auront plus rien non plus. Le jour où 80 % de l'humanité n'aura plus rien à perdre, Mr Leymarché ne pourra pas longtemps se cacher derrière son anonymat. Jusqu'au fond de sa tanière, jusqu'en haut de son gratte-ciel de verre et d'acier, la foule le traquera, le trouvera et l'écharpera.

Ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles rendent les révolutions violentes inévitables.

(JF Kennedy)


_________________________________
1. Peut-être pas, mais vous n'avez pas non plus l'air de commentateurs prolétaires.

draleuq, 14h42 :: :: :: [28 soupirs de satisfaction]

7 Janvier 2012 ::

« L'étrange cas de Monsieur Leymarché - 1ère partie »

:: Paparatzi

Ce billet fait partie d'un sujet qui en comporte deux :
1. L'étrange cas de Monsieur Leymarché - 1ère partie
2. L'étrange cas de Monsieur Leymarché - 2ème partie


Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors seulement vous découvrirez que l'argent ne se mange pas.

(Proverbe indien)


Aux sources

Stevenson, de là où il est, m'excusera sûrement pour avoir quelque peu pillé le titre de son fabuleux "L'Etrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde". Il faut bien dire que vu le cas qui nous occupe aujourd'hui, il ne peut en aucun cas s'agir de "Docteur Machin et de Mister Chose", tant Mr Leymarché semble embrasser le côté obscur de la Force, et peut plus facilement être assimilé à un Père Fouettard qu'à un St Nicolas, à un fossoyeur qu'à un médecin.

Mais qui est donc Mr Leymarché ?
Pour le présenter, il convient d'abord de préciser qu'il était quasiment inconnu du grand public avant 2008, avant le désormais fameux krach bancaire, la crise des subprimes, les turpitudes de Goldman Sachs et la banqueroute de Lehman Brothers, l'affaire Société Générale – Jérôme Kerviel, et la chute de Bernard Madoff, le plus grand escroc de tous les temps.

Alors on nous a dit que ce mystérieux Mr Leymarché était très fâché, on nous a promis une crise économique paroxystique. C'est bizarre d'ailleurs, au lycée et à la fac on apprend que cette crise économique n'a jamais vraiment cessé depuis le choc pétrolier de 1973 et la fin des trente glorieuses... Ce qui fait qu'un type comme moi qui va bientôt avoir 40 ans n'a vécu qu'un an de sa vie sans que ce soit la crise économique. Ça fait relativiser. Surtout quand on se souvient de rien avant l'âge de 4 ans.

Et quand on écoute nos parents, qui ont grandi pendant les trente glorieuses, évoquer leurs souvenirs, on n'a pas véritablement la sensation que leur enfance et leur jeunesse ont été plus faciles que les nôtres, loin s'en faut.

Donc nos politiciens ont tapé du poing sur le pupitre, ont fustigé ces méchants traders, ces apprentis sorciers qui ont un peu trop joué avec le feu avec les économies de nos compatriotes. Il fallait remoraliser le capitalisme, en finir avec ces primes obscènes, ces parachutes dorés, ces salaires mensuels à plus de zéros que le quidam moyen n'en verra jamais dans toute sa chienne d'existence.

Mr Leymarché, le surpuissant Mr Leymarché, a fait les gros yeux et n'a pas voulu renflouer les caisses de nos banques fautives. Donc c'est l'Etat qui l'a fait, mais sous conditions ! Attention ! On allait voir ce qu'on allait voir ! Pas question de recommencer les mêmes erreurs ! Les méchantes banques allaient avoir des comptes à rendre !

Quelques mois ont passé, la vie a repris ses droits, Kerviel et compagnie ont disparu des feux de la rampe. Oh, il y a bien eu de temps à autre, et pas plus tard que 6 mois après, quelques voix qui se sont élevées pour dire que c'était reparti de plus belle, qu'on n'avait toujours rien compris, que les primes à la spéculation des traders avaient à nouveau franchi des sommets, parfois jamais encore atteints, même avant la crise. Enfin, avant le pic de crise de 2008.

On allait voir ce qu'on allait voir, oui. Et comme d'habitude dans ces cas-là, on n'a rien vu.


SuperSarkozy, pourfendeur de l'immoralité capitaliste.
Un rôle de composition, ou je ne m'y connais pas en cinoche...
Source de la photo : dazibaoueb.com, dans un article intitulé
"Super Sarko au secours des dividendes des actionnaires." Sans commentaire.


Comme une apparition...

Et puis est venue 2011 et la fabuleuse crise de la dette publique.

Et revoilà Mr Leymarché qui sort non pas de son anonymat – car comme on le verra c'est l'une des caractéristiques immuables de Mr Leymarché que l'anonymat – mais de son apparente léthargie (apparente seulement), pour dire que maintenant ça suffit.

Le porte-parole de Mr Leymarché était jusqu'alors inconnu, lui-aussi, de l'immense majorité de la plèbe. Il s'appelle "agences de notation". Il paraît qu'il y en a plusieurs, mais on en cite surtout deux : Standard and Poor's et Moodie's. Note importante : le "poor's" de "Standard and Poor's" ne signifie pas du tout "pour les pauvres."

Ces agences sont apparemment situées aux USA, même si leurs membres sont pluriethniques. D'ailleurs on cite régulièrement un éminent membre français de Standard and Poor's, le "très écouté Jean-Michel Six".

Pourquoi ces agences ne sont-elles pas situées au Bangladesh ? Cela reste un mystère car elles semblent – en tous cas c'est ce qu'elles s'efforcent d'apparaître – supraétatiques. Donc, si elles ne sont pas au Bangladesh, ça doit être à cause des risques d'inondations.


L'avocat du diable de Mr Leymarché


Une histoire ancienne

On sait depuis longtemps que les Etats sont endettés, et même très endettés. Plus jeune, je me souviens avoir été surpris en apprenant que les USA, le pays le plus puissant du monde, était aussi un des plus endettés. Dans mon rêve américain, le pays qui nous avait permis, à nous européens, de nous entretuer joyeusement pendant 10 ans de ce cher vingtième siècle grâce à ses livraisons régulières et certainement pas gratuites, le pays qui nous avait permis de nous reconstruire après qu'on ait fini de s'entretuer, grâce à son formidable (et certainement pas gratuit) Plan Marshall, ce pays-là ne pouvait quand même pas avoir un dossier de surendettement de 3 km de haut. Eh bien si.

On sait aussi que les pays européens sont très endettés, même si certains plus que d'autres, mais il n'y en a pas un d'excédentaire.
Idem pour le Japon, la Russie, l'intégralité des pays dits développés.

A qui ces pays - les plus riches du monde – peuvent-ils bien devoir de l'argent ?
Pas aux pays émergents, qui, même s'ils "émergent", comme leur nom l'indique, sont encore criblés de dettes et bien loin de l'auto-suffisance.
Pas non plus aux pays du tiers-monde, qui pour certains crèvent tellement la gueule ouverte que nos chers pays occidentaux en viennent parfois à effacer tout simplement leur ardoise, dans un admirable geste humanitaire... de bon sens, puisque de toute façon ils n'auraient jamais pu payer, leur seule préoccupation étant de descendre en dessous de 40% de mortalité infantile par SIDA et sous-nutrition. Tout comme dans notre beau pays les impôts ou la justice sont contraints de cesser les poursuites financières contre une personne insolvable[1].

A qui alors pouvons-nous bien devoir de l'argent, mmmh ?

Aux banques ? Que nenni, on a vu que les Etats avaient dû les renflouer pour les empêcher de couler, pour garantir les livrets A des braves contribuables qui auraient vu rouge si les maigres économies de toute leur vie avaient disparu dans les orgies des traders.
Comment nos Etats surendettés continuent-ils de payer les fonctionnaires, de renflouer les banques, d'aider les pays plus surendettés qu'eux, de payer la perfusion humanitaire des pays qui crèvent ?
En empruntant !
Mais en empruntant à qui ?
Pas aux autres Etats, tous endettés comme on l'a vu, pas aux banques qui elles-mêmes auraient coulé sans leurs Etats...

Mais alors à qui ?


A gauche, un portrait robot de Mr Leymarché selon quelques milliards de témoins.
A droite, un portrait de robot de Mr Leymarché selon quelques milliers de témoins.


Mr Leymarché, super méga hyper puissance mondiale

Nul n'est besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour savoir que quand on doit de l'argent, on doit de l'argent à quelqu'un. C'est en effet ce que vivent au quotidien l'immense majorité de nos concitoyens. Là où il y a un débiteur, il y a toujours un créancier ! Ce qui se doit finit toujours, ou presque, par se rembourser, et avec les intérêts s'il vous plaît. Cela se rembourse souvent au double, parfois au triple ou au quadruple, et même, exceptionnellement, au centuple.

Alors à qui ?

C'est là qu'intervient la magie, le mystère, le merveilleux... On ne sait pas à qui. Alors on dit pudiquement "les marchés" ou "les investisseurs".

Exemples entendus :

- L'agence de notation Machin menace de baisser la note AAA de tel état qui lui permettait jusqu'à présent d'emprunter sur les marchés au meilleur taux.

- Mr Mme Merkel/Fillon/Monti/Papandréou/Rajoy/Obama/(...) annonce un Nième plan d'austérité de NN milliards d'€/$ pour "rassurer les marchés".

Le gros grand mot est lâché. L'insaisissable, l'introuvable, l'innommable, l'inénarrable Mr Leymarché. Il est nulle part et partout à la fois, si anonyme qu'on en vient à se demander s'il est de nature humaine ou divine.

Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'alors que 99% de la population entend parler de lui pour la première fois, il s'impose à n'en pas douter comme la première puissance du monde, surpassant toutes les autres. Il conduit sans sourciller les dirigeants des plus puissants pays du monde à implorer sa clémence en place publique, voire à baisser leurs frocs. Il a même fait pleurer Elsa Fornero, la Ministre des Affaires Sociales italienne devant des millions de téléspectateurs, quand elle a dû annoncer l'arrêt de l'indexation des retraites sur l'inflation.


Rhooo, pauv'tite biloute... Tu veux un kleenex ?
Bah... Tu pourrais dire "grazie" quand même !


Cette brusque humilité chez des dirigeants qui habituellement ont plutôt tendance à rivaliser d'arrogance derrière leur micro ne laisse pas de surprendre, et parfois même d'amuser les masses laborieuses que nous sommes.
Mais notre envie de rire s'arrête à l'envie, car cela ne nous dit pas qui est cet impitoyable, ce cynique, cet intraitable Mr Leymarché, qui n'hésite pas à diminuer les retraites de nos pauvres vieux, à ruiner nos services publics, et qui va bientôt nous contraindre à soigner notre cancer avec des herbes sauvages et à bosser jusqu'à 75 ans pour avoir nos 53 années de cotisation nécessaires pour avoir une retraite... incomplète.

Est-ce un extra-terrestre ?
Est-ce une société secrète composée des plus grosses fortunes du monde ?
Est-ce que c'est encore un coup de ce salaud de monopolisateur de Bill Gates, même s'il se dit qu'il aurait donné la moitié de sa fortune à des oeuvres caritatives depuis qu'il a soi disant quitté les affaires ?
A moins que ce ne soit ce petit génie de Steve Jobs qui ait simulé la mort pour mieux tenir dans l'ombre les rênes de ces Illuminati de la Finance Mondiale ?

A suivre...


_________________________________
1. Et ce n'est pas un vain mot : un ami inspecteur des impôts me disait que dans le département où il travaille, la perception réussit à mettre en recouvrement, autrement dit à récupérer, seulement un sixième du montant des redressements fiscaux qu'elle prescrit. Et vu qu'il ne s'occupe que des entreprises, inutile de dire que généralement il ne s'agit pas de petits redressements de 300 €.

draleuq, 15h39 :: :: :: [4 élucubrations]

2 Janvier 2012 ::

« Bonne année pleine d'espoir ! »

:: Elucubrations

Always look on the bright side of life

(Monthy Python's Life of Brian)


Certains des lecteurs réguliers de ce blog (merci à vous trois, selon la formule désormais consacrée), et en particulier certaines lectrices (à tel point que je me demande parfois si l'optimisme n'est pas un trait de caractère typiquement féminin) me reprochent d'être trop négatif, trop pessimiste, trop cynique.
Si si, ne niez pas !
Aussi, une fois n'est pas coutume, j'ai décidé, en ce début d'année 2012, de faire quelque chose de positif, même si ce n'est certes pas très original : JE VOUS SOUHAITE UNE EXCELLENTE ANNEE 2012.C'est d'ailleurs le moment ou jamais de le faire, puisque, rappelons-le, ce sera la dernière.

Zut, vlà que je recommence.

Mais comme 4 prophéties de fin du monde ont déjà échoué cette année, il est permis d'espérer que celle des Mayas échouera aussi, et qu'ensemble nous survivrons, chers amis.
Aussi, je vous propose de placer ces voeux sous le signe de l'ESPOIR. Espoir de survivre, mais aussi espoir que le moral des ménages remonte, que la France ne perde pas son triple A (Dieu nous préserve de ce cataclysme interstellaire), que le chômage baisse (Sarkozy s'y attelle déjà en nous arrosant copieusement de CDD de 6 mois de janvier à juin 2012, et je suis bien placé pour le savoir...), que l'on ne soit pas obligé de jouer à plouf-plouf pour choisir son bulletin de vote en avril prochain, que... bref, tout ce qui pour vous représente l'Espoir, nul ne saurait en faire la liste exhaustive.

Alors pour vous, oui, rien que pour vous, je suis allé faire un tour Avenue de l'Espoir pour vous rapporter cette carte de voeux maison :



Vous cherchez encore où est le piège ?
Mais non, il n'y en a pas, vous dis-je. Ceci est une démarche positive, humaniste, désintéressée, dénuée de toute arrière-pensée cynique, quelle qu'elle soit...
Comment, que dis-tu, esprit chagrin ?
Pourquoi j'ai mis ce post dans la catégorie "élucubrations" ?
Que vas-tu chercher là ? C'est juste qu'il n'y avait aucune catégorie qui lui correspondait vraiment, donc je l'ai mis là par défaut, tout simplement. Empêcheur de positiver en rond, va !

BONNE ANNEE 2012 PLEINE D'ESPOIR A TOUS MES FRERES ET SOEURS HUMAINS !


PS : en parcourant d'un bout à l'autre l'Avenue de l'Espoir, j'ai vu que le second panneau, à l'autre extrêmité, était différent du premier :


Alors j'espère que vous avez saisi le message : pressez-vous, y'en n'aura pas pour tout le monde !

draleuq, 16h42 :: :: :: [3 assertions ineptes]