Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

Ne pas juger
les gens sur la mine...
Dans ton cul
De plus en plus, l'Homme noie amoureusement le règne animal. Ainsi, la sagesse se distingue en rampant depuis le secret de l'individualisme
Sacrote ::
Le lion & le rat (Le Tref & l'Aucube)

29 Février 2012 ::

« Encore un génocide... Ça devient lassant ! - 3 »

:: Paparatzi

Ce billet fait partie d'unj sujet qui en comporte trois :
1. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 1
2. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 2
3. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 3



Les crimes de l'extrême civilisation sont certainement plus atroces que ceux de l'extrême barbarie.

J. Barbey d'Aurevilly ("Les diaboliques")


Il est 19 h 16, je commence mon article…

Un casque bleu ? Et pourquoi pas un nez rouge ?

L’autre chose qui m’a marqué dans les génocides de Yougoslavie et du Rwanda, c’est l’impuissance des casques bleus, des « forces d’interposition » comme ils disent. Ce qui apparaît comme toujours plus évident à chacun de ces massacres planifiés, c’est la faillite de l’ONU à s’acquitter correctement de cette mission qu’elle s’était fixée : « plus jamais ça ».

Parfois, cette faillite a un goût particulièrement amer. On l’a vu encore récemment avec ces casques bleus hollandais, accusés d’avoir laissé faire le massacre de Srebrenica en Bosnie, d’y avoir assisté sans bouger le petit doigt. On l’a vu également avec les Français de la mission Turquoise, accusés d’avoir laissé faire les massacres au Rwanda, d’y avoir assisté sans bouger le petit doigt. Oui, je me répète. C’est même fait exprès.

Evidemment, les uns répondront que c’est dangereux. C’est vrai. C’est même leur taf, ils sont tous volontaires, que je sache. Les autres diront qu’ils ne peuvent rien faire tant que les autorités locales ne sont pas d’accord, car ce serait de l’ingérence. Ça sert à quoi d’y aller alors ? D’autres encore diront qu’ils doivent obéir aux ordres, et que de toute façon ils n’ont le droit de riposter que s’ils sont personnellement attaqués…
On a toujours de bonnes excuses à se trouver. N’empêche, il n’est plus une décennie sans que plusieurs millions de gens soient sommairement exécutés.


1975-79 : Pol Pot et ses Khmeres Rouges, sous prétexte de révolution, assassinent plus d’un million de Cambodgiens, près d’un septième de la population. Ce malade est mort dans son lit, sans être inquiété.

Evidemment, il y a eu des « progrès ». On a créé les TPI, Tribunaux Pénaux Internationaux. Un pour chaque génocide. A force de pressions politiques et économiques, on a réussi à obliger certains pays comme la Serbie à livrer certains des enfoirés qu’elle protégeait. Sous la torture.
La valeur pédagogique de ces tribunaux, qui siègent à l’étranger, est nulle. Il n’y a qu’à aller visiter un site web nationaliste Serbe pour s’en rendre compte. Les génocidaires y sont des héros nationaux injustement livrés par des traîtres, qui n’ont fait que protéger leurs concitoyens contre la brutalité aveugle des Musulmans Bosniaques… La « Communauté Internationale » est une vulgaire putain sans âme et sans honneur.
En bref, les salauds qui vont prendre perpet’ dans des prisons de haute sécurité (qui coûteront une fortune aux contribuables) laissent derrière eux des milliers de prétendants prêts à reprendre à tout moment le flambeau du génocide.
Et de toute façon, le Tribunal ne peut pas être satisfaisant, car il survient quand le crime est déjà commis. Déjà, quand il s’agit d’un viol ou d’un meurtre, on voit bien que le tribunal ne satisfait personne. Alors quand il s’agit d’un génocide, qui peut-il satisfaire ?
Il n’inspire que ces deux mots : trop tard. TROP TARD.
Les victimes qui partagent à la fois le même destin et la même chaux vive dans les charniers du monde entier se foutent pas mal de ce que dira le TPI.

Darfour crématoire

On ne peut vaincre le mal que par un autre mal.

J.P. Sartre ("Les mouches")


Vous n’êtes sûrement pas sans savoir qu’il y a, comme c’est bizarre, un génocide en ce moment, dans une région du Soudan qu’on appelle Darfour. Putain, encore un génocide, ça devient lassant !
Et même, il y a des gens qui se mobilisent. Tenez, par exemple, il y a « l’europétition » : http://www.europetition-darfour.fr/[1] Vous pouvez toujours la signer tant que vous y êtes. Ça ne servira sûrement à rien, mais ce n’est pas pire que de ne rien faire du tout.
Il y a aussi un disque qui a été enregistré. Achetez-le, les bénéfices vont à l’aide humanitaire au Darfour. Aide humanitaire qui sera bloquée par l’armée Soudanaise, bien entendu, puisque la famine est l’une des principales armes du génocide.

La « communauté internationale » demande la création d’un corridor humanitaire sécurisé jusqu’au Darfour. Mais le président Soudanais ne veut pas et brandit un poing rageur contre toute tentative « d’ingérence dans ses affaires intérieures ».
Alors le « Conseil de Sécurité » de l’O.N.U. va chercher à faire appliquer une résolution pour lui forcer la main. Mais seulement voilà, les Chinois ne sont pas d’accord et mettent leur veto à cette résolution.
Méchants Chinois.
Déjà qu’ils nous mettent au chômage avec leur foutue main d’œuvre à bon marché.
Déjà que c’est à cause d’eux qu’on paye l’essence une fortune, et qu’il y a même maintenant des voleurs de tuyaux de cuivre sur les chantiers. Parce qu’ils achètent tellement de matières premières que le prix de celles-ci s’envole.
Parce que figurez-vous qu’ils ont la velléité de vouloir se développer, ces salauds de bridés. Non mais voyez-vous ça, quelle impudence !
Et alors comble des combles, ils achètent tout le pétrole Soudanais et vendent des tonnes d’armes à l’armée Soudanaise, armes qui ne manquent pas d’être utilisées au Darfour. Ces ignobles niakoués se rendent de fait complices d’un génocide et profitent de leur possibilité de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU pour garantir leurs échanges coupables.

Alors que nous, les PSDD[2], on n’a jamais fait ça.
Bien sûr que non.
On n’a jamais protégé des régimes politiques sanguinaires pour nos intérêts économiques.
On n’a jamais non plus vendu d’armes à des dictateurs meurtriers.
Ça se saurait.

C’est marrant, quand il s’agit de sauver des millions de gens qui habitent sur un pauvre caillou brûlé par le soleil, sur lequel il ne pousse pas grand-chose, ni sur la terre ni en dessous, là on commence à s’inquiéter du veto de tel ou tel pays au Conseil de Sécurité, là on pense à se préoccuper de la souveraineté d’un pays, et à ne pas commettre de délit d’ingérence.
En revanche, quand nos intérêts coloniaux, économiques, géostratégiques ou géopolitiques sont en jeu, là l’ingérence et la violation des résolutions de l’ONU deviennent un sport international, de même que la création de « corps expéditionnaires ».
Lors de toutes nos petites guéguerres coloniales ou post-coloniales (Indochine, Algérie, Suez avec les Anglais en 1956), on s’en est tamponné le coquillard, de l’ingérence et des violations du droit international. Et que ce soit au Tchad en 1978 ou en Côte d’Ivoire plus récemment, on n’a pas hésité à envoyer des troupes pour évacuer NOS ressortissants que des rebelles risquaient… d’exterminer.
Ne parlons même pas des Ricains, de leur mémorable guerre du Vietnam pour enrayer la montée du communisme, de leur expédition au Koweit en 1990 parce que Saddam mettait la main sur leurs puits de pétrole. Un an avant, il avait gazé 100 000 Kurdes, mais ça n’avait provoqué aucune « coalition ».
Et que dire de leur décision de liquider le régime de cette ordure en inventant des soi disant preuves d’armes de destruction massive, juste pour donner au peuple une tête à brandir pour se consoler des attentats du World Trade Center, lorsqu’ils ont constaté leur incapacité à mettre la main sur Ben Laden en Afghanistan.
Lorsque les USA ont envahi l’Irak, en 2003, Saddam Hussein cherchait à se faire oublier. Il ne s’était jamais autant tenu à carreau.


1989 : Saddam Hussein fait utiliser des armes chimiques sur des villages du Kurdistan Irakien. Plus de 100 000 kurdes sont ainsi gazés. C’est finalement ce qui lui coûtera sa condamnation à mort et son exécution en 2006, même si personne n’est dupe qu’il ne s’agissait que d’un prétexte pour se débarrasser de lui.

Qui oserait prétendre que si l’OTAN décidait, unilatéralement, en s’asseyant sur les résolutions de l’ONU comme elle l’a toujours fait, d’envoyer une coalition au Darfour pour créer, par la force si nécessaire, un corridor humanitaire pour sauver ces gens, alors la Chine déclencherait le feu nucléaire sur les pays de l’OTAN ? Qui aurait le toupet de dire ça ?
La Chine ne ferait rien, bien entendu. Elle adresserait des protestations officielles et des menaces. Des sanctions économiques, peut-être. Ça durerait quelques mois, puis tout reviendrait au status quo. Et on aurait sauvé des millions de gens.
Sauver des gens, c’est la seule cause qui devrait pouvoir justifier moralement de commencer une guerre. Et c’est précisément la seule cause pour laquelle on n’en commence jamais.

J’ai publié dans cette série d’articles 7 photos prises lors de 7 génocides. Il y en a eu d’autres. Ça peut sembler obscène, d’en mettre certains et d’en omettre d’autres. Ça n’est pas plus obscène que de savoir qu’il y en a un en ce moment et de rester les bras ballants.


Voici l’une des seules photos que j’ai trouvée sur le web concernant le Darfour. Pas besoin d’être très futé pour constater la différence avec les sept précédentes. Celle-ci est très politiquement correcte : on voit de braves familles de réfugiés africains. C’est comme ça que les médias nous représentent le génocide du Darfour.
Pas de fosses communes. Pas de corps mutilés, entassés. Pas de monceaux d’ossements. Pas de cadavres carbonisés. Pas encore, du moins.
Pourquoi ? Parce que personne n’a encore pu en photographier ? Allons, allons, qui croirait ça ?
Les photos d’atrocités existent déjà bien entendu. 10 000 morts par mois, ça ne part pas en fumée aussi facilement. On les aura après, quand ce sera trop tard. Pour les montrer aux jurés indignés du futur TPI…

Il est 20 h 49, je finis mon article. 22 personnes de plus ont été assassinées au Darfour.

Copyrat draleuq 2007

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1. Bien entendu, le site a disparu depuis 2007, donc ne cliquez pas. C'est déjà fait ? Tant pis... Mais vous croyiez quoi ? Le génocide du Darfour, le monde s'en fout encore dix fois plus en 2012 qu'en 2007. Car maintenant c'est la CRRRRRRRIIIISE !

2. Pays soi disant développés, ou pays soi disant démocratiques

draleuq, 22h33 :: :: :: [3 méditations grotesques]

28 Février 2012 ::

« Encore un génocide... Ça devient lassant ! - 2 »

:: Paparatzi

Ce billet fait partie d'unj sujet qui en comporte trois :
1. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 1
2. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 2
3. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 3


Qui d’entre nous n’a pas sa drogue ? Le monde dans lequel nous vivons n’en fabrique-t-il pas tous les jours de nouvelles ? La drogue suprême, celle qui ne se mesure ni en grammes ni en litres, celle qui est gratuite, toujours disponible, n’est-elle pas en chacun de nous ? Elle se nomme indifférence, elle tue plus sûrement que toute autre. Grâce à elle nous supportons l’intolérable, nous pardonnons l’inexcusable, nous oublions ce qui devrait rester à jamais dans nos mémoires.

G. Lautner (« Un inconnu dans la maison »)


Indifférence

Je me souviens, ça devait être en 1994, j’avais donc 22 ans. C’était un dimanche chez mes parents, on fêtait je ne sais plus quoi, et il y a eu les informations télévisées. On en entendait parler depuis un moment, du conflit au Rwanda entre les Hutus et les Tutsi, et il se disait régulièrement qu’il y avait des massacres de commis.
Mais ce jour-là, on a vu, très brièvement, l’interview d’un pauvre diable. Il pleurait, il disait qu’on avait tué toute sa famille et que lui avait reçu un coup de machette : il montrait du doigt sa plaie, bien visible. Son crâne était fendu sur au moins 30 cm, et ce qui choquait, bien plus que le sang qui lui coulait sur la joue, c’était qu’on voyait le blanc de l’os du crâne, et même, le blanc crème de sa matière cérébrale, en dessous, à l’air. Et lui il était là, et il parlait devant cette caméra, devant ce micro. Et ce qui choquait davantage encore, c’est qu’il était encore debout, avec ce trou béant dans le crâne, comme défiant l’apesanteur.
Avec mon père, on s’est regardé. On n’a pas su quoi dire. On n’a pas pu réprimer un hoquet d’horreur, et on a rigolé, un peu jaune, mais rigolé quand même, comme pour exorciser.
Et après, je ne sais plus très bien ce qu’on a fait. Peut-être bien repris du gâteau et un verre de mousseux.

Le phénomène est bien connu : si on lit un truc dans le journal, on s’en fout.
Si on le voit à la télé, on en parle pendant quelques jours avant de l’oublier.
Pour qu’un truc pareil commence réellement à nous émouvoir durablement, il n’y a pas trente six solutions : il faut qu’« ils » viennent crever sur notre paillasson. La gueule ouverte. Et encore, si on ne les connaît pas, c'est même pas sûr que ça suffise.

Le samedi suivant, il est probable qu’à l’émission du médiateur de France Télévision, des téléspectateurs parleront de ces images, mais ce sera pour s’offusquer qu’on puisse les montrer à une heure de grande audience, au risque de traumatiser nos petits chérubins, nos esprits tranquilles et notre bonne conscience. Ce ne sera sûrement pas pour s’offusquer que quelque part sur terre, des êtres humains font ça à d’autres êtres humains. Et qu’on laisse faire.


1991-94 : la guerre en Yougoslavie occasionne des exactions en tous genres sur les civils que l’on taxe poliment de « nettoyages ethniques ». Les principales victimes en sont les Musulmans Bosniaques, même si les civils Serbes et Croates subissent également de sanglantes représailles. Parmi les charniers découverts, voici celui de Srebrenica, tristement célèbre.

Tiens ! Bonjour voisin ! Comment ça... **SCHLAK**

Une des choses qui m’ont marqué, dans les génocides de Yougoslavie et du Rwanda, c’est la manière dont le quidam moyen peut devenir une brute sanguinaire, du jour au lendemain, dès lors que la conjoncture politique lui en donne le droit, voire l’y encourage. Y compris en choisissant pour victimes expiatoires des gens avec qui il a des liens de sang, de parenté, de voisinage.
Les témoignages faisant état de ce genre de chose se sont très rapidement multipliés, et plus encore des années après lorsqu’il y a eu la Loi d’Amnistie au Rwanda pour ceux qui passaient aux aveux, et les procès des Tribunaux Pénaux Internationaux créés spécialement pour ces deux génocides.
C’était, en Bosnie par exemple, un Serbe marié depuis des années avec une Musulmane, ayant eu des enfants avec elle, et qui oubliait subitement ses liens familiaux pour embrasser la cause suprématiste Serbe, allant jusqu’à laisser zigouiller toute sa belle-famille, voire la zigouiller lui-même.
C’était, au Rwanda par exemple, une famille Hutu qui habitait depuis toujours une maison à côté de celle d’une famille Tutsi. Leurs parents respectifs étaient déjà voisins, ainsi que leurs grands-parents respectifs. Ils cohabitaient depuis toujours en bonne intelligence, se disaient bonjour le matin quand ils se voyaient, s’invitaient de temps à autre, une fois chez l’un, une fois chez l’autre, et leurs gosses jouaient ensemble dans la rue. Jusqu’au jour où le monsieur de la famille Hutu débarque avec quelques comparses chez son voisin. A coups de machette, ils massacrent le père de famille, puis tous les enfants sous les cris d’horreur de leur mère, enceinte, qu’ils violent collectivement avant de l’éventrer.


1994 : au Rwanda, l’assassinat du président de la république, Hutu de son ethnie, devient prétexte à une vaste opération de carnage systématique envers toutes les personnes de l’ethnie Tutsi. Un million de morts en trois mois, pour la plupart à coups de machette ou de gourdin clouté. Le génocide le plus rapide de l’histoire.

Copyrat draleuq 2007

draleuq, 18h35 :: :: :: [0 jubilation]

22 Février 2012 ::

« Encore un génocide... Ça devient lassant ! - 1 »

:: Paparatzi

Ce billet fait partie d'unj sujet qui en comporte trois :
1. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 1
2. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 2
3. Encore un génocide ? Ça devient lassant ! - 3


Au secours ! Au secours ! On assassine des hommes !

(R. Dorgelès, « Les Croix de Bois »)


Vous avez dit génocide ?

Parmi tous les mots inventés au XXème siècle, il en est un qui laisse à penser que les progrès de notre civilisation ne connaissent vraiment pas de limite, c’est le mot « génocide », qui signifie littéralement « meurtre d’une race », en l’occurrence meurtre d’un peuple puisqu’il n’existe qu’une seule race d’homme, comme en attestent les 46 chromosomes caractéristiques de tous les homo sapiens de la terre qui ont eu la chance d’échapper à une maladie génétique qui en modifierait le nombre, l’aspect ou la configuration.
Un mot assez joli, je trouve, que le mot « génocide ». En tous cas, esthétiquement supérieur à « vulve », à « scrofuleux » ou à « concubinage ». Ce qui est moins joli en revanche, c’est ce qu’il signifie, à savoir un phénomène sans précédent dans toute l’histoire de la nature : l’extermination systématique, programmée, planifiée, de toute une population, y compris les femmes, les enfants, les vieillards…


Premier génocide du XXème siècle : en 1915-16, plus d’un million d’Arméniens pendus, brûlés vifs, jetés dans un précipice, abandonnés en plein désert par les Turcs. Aujourd’hui, la majorité des dirigeants, et même des habitants Turcs, y compris ressortissants Turcs à l’étranger, nient encore les faits dont il existe des milliers de preuves et de témoignages.[1]


Mais quel genre de bête est donc l’homme pour ne serait-ce que songer à faire un truc pareil ? Quelle mouche a donc piqué la créature la plus intellectuellement développée de la nature, de Dieu, de la Création (rayez les mentions inutiles) pour qu’il sombre dans une pareille folie meurtrière, certes orchestrée par quelques chefs sanguinaires à la poigne de fer, mais avant tout exécutée par des « monsieur tout le monde », des gens jusqu’ici bien sous tous rapports, comme vous et moi…

C’est cet ébahissement qui a frappé ceux qui ont découvert l’horreur des camps en 1945. Comment peut-on ?
Alors on a réagi, vite et fort. On a jugé et puni les coupables, à Nuremberg et à Tokyo. On a créé l’Organisation des Nations Unies, qui entre autres choses aurait vocation à empêcher ça. Plus jamais ça.
Pourtant.
Pourtant, tous les survivants des camps s’accordent à dire que personne n’avait envie d’écouter leurs histoires d’horreur.
Pourtant, les premiers films sérieux sur le sujet, qu’ils soient documentaires ou de fiction, datent des années 80, soit 40 ans après le massacre.
Pourtant, les premières confessions publiques, les premières commémorations, les premiers lieux de mémoire, sont plus récents encore.
Pourtant, on a su depuis que les Alliés, américains en particulier, ont épargné tout procès et toute sanction aux criminels nazis dont les compétences scientifiques pouvaient leur servir.

C’est dans ce terreau puant que le génocide est devenu une habitude aux quatre coins du monde depuis ce temps-là. Le peu de réaction, voire la passivité complice face à ces horreurs ne décourage absolument pas les dingues de remettre régulièrement le couvert, et même de plus en plus souvent…


Deuxième guerre mondiale : 6 millions de juifs et des centaines de milliers de tziganes, de handicapés et d’homosexuels assassinés par la folie nazie, pour la plupart gazés et brûlés. Quand il décida la « solution finale », un de ses sbires objecta à Hitler que « ça se saurait ». Voici ce qu’il répondit : « bah ! qui se souvient encore des Arméniens ? »


En étant particulièrement magnanimes avec nous-mêmes, on peut se dire que pour les premiers génocides, « on » avait encore une excuse.
« On » ne savait pas que c’était possible de faire des trucs pareils, je veux bien l’entendre.
Il n’y avait pas la mondialisation, chaque pays vivait en vase clos, recroquevillé sur lui-même. Il n’y avait pas la télé, CNN, Al-Jazeera, BBC News, Reporters sans Frontières. Il n’y avait pas Médecins du Monde, Amnesty International, et toutes ces facilités qui font qu’aujourd’hui, où qu’un génocide commence, le monde entier, à condition d’accepter d’ouvrir ses œillères, est au courant dans le mois qui suit, au plus tard.


A peine a-t-il fini de pendre les criminels Nazis que Staline, le « petit père des peuples », planifie et prémédite une famine atroce en Ukraine. 5 millions d’êtres humains, en particulier des enfants, sont morts d’inanition en deux ans. Presque aussi « bien » que Tonton Adolf.

Copyrat draleuq 2007


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1. Et nous en avons encore eu une preuve récemment lors du vote du Parlement Français en faveur d'une Loi interdisant la négation du génocide arménien. Etait-ce une bonne loi, c'est un autre débat, mais en tous cas la réaction turque ne laisse pas de doute sur l'énergie de la dénégation, alors même que plus un seul responsable de cette tragédie n'est encore en vie, presque 100 ans après.

draleuq, 16h04 :: :: :: [5 lettres de suicide]

13 Février 2012 ::

« L'appel du paradis »

:: Elucubrations

Avant d'aborder une chronique plutôt grave, accordons-nous un moment de détente bien mérité.
Avec la guerre au proche-orient et au moyen-orient ces dernières années, je me disais que Saint-Pierre devait voir venir un surcroît de clients musulmans, et qu'il risquait d'y perdre son latin.
Imaginons donc ce que pourrait donner une séance d'appel au paradis d'ici quelques années...








Notes historiques :
- Mehdi Ben Barka (1920-1965) : leader marocain de l'opposition au Roi Hassan II, assassiné en France dans des circonstances très troubles.
- Oussama Ben Laden (1957-2011) : leader du mouvement terroriste Al Qaïda, tué par les soldats américains après 10 ans de cavale.
- Ahmed Ben Bella (né en 1916) : ancien combattant décoré de la seconde guerre mondiale, il devient l'un des chefs du FLN au moment de la guerre d'Algérie, mais est emprisonné en France après le détournement de son avion. Libéré en 1962, il devient premier ministre de son pays mais est déposé par un coup d'état en 1965. Il est emprisonné jusqu'en 1980, puis exilé jusqu'en 1990. Il a été hospitalisé à Paris en janvier 2012. Ça sent le sapin.
- Zine El-Abidine Ben Ali (né en 1936) : président à vie en Tunisie de 1987 à 2011, c'est le premier dictateur déposé par le "printemps arabe". Réfugié en Arabie Saoudite, on dit sa santé très fragile.
- Benoît XVI, de son vrai nom Joseph Ratzinger (né en 1927) : 265ème Pape de l'Eglise Catholique et Romaine, élu en 2005 pour succéder à Jean-Paul II.

draleuq, 09h56 :: :: :: [1 vilénie]

11 Février 2012 ::

« Chroniques de 2006 »

:: Paparatzi

Mars 2006 - Manifestations anti-CPE

Mes chastes oreilles se sont arrêtées l'autre jour sur l'analyse que faisait un responsable d'un syndicat policier sur la politique de réponse policière du gouvernement face aux manifestations anti-CPE.
Il disait que les CRS avaient pour stricte consigne de laisser faire.

La casse de boutiques et de mobilier urbain ? On laisse faire.
Les assurances paieront, nous assure-t-on, c'est le cas de le dire. Les assurances, c'est-à-dire nous, braves contribuables moyens, car qui va encore voir sa prime augmenter l'an prochain ?

Les braves manifestants étudiants et lycéens qui se font casser la gueule par des extrêmistes ? On laisse faire aussi...
Et effectivement, on nous montre des images où ils encaissent sans broncher, regardent le spectacle navrant d'une bande de sauvages cagoulés qui se lâchent à coups de pavés et de barrières, dans un déchaînement de violence aussi inouï que... gratuit.


Véhicule et combinaison anti-émeute modernes


Ces keufs casqués de pied en cape semblent incrédules, derrière leurs boucliers et leurs camions à grilles-dozer (où ai-je déjà vu ça ? mais oui, dans les films de science fiction, d'anticipation et dans les films "post apocalyptiques" (terme suffisamment évocateur s'il en est...)
"Mais pourquoi laisse-t-on faire ?", demande le journaliste avec raison.
Pour exaspérer l'opinion publique, nous répond-il, et pour justifier ainsi une intervention "plus musclée" lors d'une éventuelle prochaine manifestation...

Mais éclairez ma lanterne : l'opinion publique est-elle vraiment aussi conne que ça, ou les politicards sont-ils devenus encore plus cyniques que moi ? Qu'en dites-vous ?
Ah ? L'un n'empêche pas l'autre ?


L'affiche de Soleil Vert, un excellent film, sorti une excellente année.
Adaptation d'une nouvelle intitulée "Make room ! Make room !", il nous décrit un monde sympathique et surpeuplé avec des émeutes où les gens sont carrément ramassés à la pelleteuse. Accessoirement, l'environnement est totalement détruit, à tel point que les hommes en sont réduits à manger des tablettes nutritives faites à partir du recyclage des cadavres de leurs congénères, à leur insu bien entendu. Visionnaire tout cela, et ça a très bien vieilli. Il n'y a en fait que Charlton Heston qui a mal vieilli, en devenant l'apôtre de l'auto-défense.


Septembre 2006 - Benoît XVI se défroque

Cela faisait près de 6 mois que je n'avais pas écrit de chronique, aussi peut-on dire qu'aujourd'hui arrive un miracle. Et puisque c'est un miracle, ce n'est que justice qu'il arrive par le Pape.

Hier, j'entendais que sa Sainteté Benoît XVI avait consenti à se défroquer (ce qui est plutôt ennuyeux pour un curé, mais plus encore pour le plus gradé d'entre eux) en faisant des excuses publiques aux musulmans pour avoir affirmé, si j'ai bien suivi, qu'en gros, "le djihad c'est pas bien".
Personnellement, je trouve assez rassurant que, 800 ans après les huit croisades, le lointain successeur de ceux qui avaient commandité ces expéditions ineptes, dise haut et fort que vouloir imposer sa religion à ceux qui ne la partagent pas n'est pas une bonne idée. Ce que je comprends mal, c'est qu'il ne sache pas persister et signer aussi bien que son prédécesseur avait su persister et signer dans sa connerie d'interdire les capotes en pleine épidémie de sida.

En vérité je vous le dis, après l'affaire des caricatures de Mahomet, ceci est la goutte d'eau bénite qui fait déborder le calice : si les occidentaux avaient dû brûler dans la rue l'effigie de tous les Imams qui disaient des conneries, il y aurait une pénurie de poupées de chiffon sans précédent sur le continent européen.
J'ai une irrésistible envie de me faire l'apôtre, c'est le cas de le dire, de tous les gens qui pensent certaines choses mais n'osent pas le dire de peur de devoir se planquer dans un placard à balai comme Salman Rushdie.
Quand je vois ces clowns agiter leurs kalashnikov à la télé, ça me donne des sueurs froides. Et vous mesdames, voilées de bas en haut, qui brûlez des portraits sans même savoir de qui il s'agit et pourquoi vous le faites. Vous feriez mieux d'apprendre à lire et de sortir un peu la tronche de votre burkha...


Projet de nouveau costume liturgique de sa Sainteté le Pape,
dessiné par Saint-Paul Gaultier, dans un style résolument
cosmopolite et orienté vers l'entente inter-religieuse, insh'Allah


Décembre 2006 - La Busherie sanctionnée aux élections de mi-mandat

Et l'on apprend que George Bush a décidé d'écouter la voix de nouveaux experts, sortis de son chapeau magique d'Oncle Sam grâce à la raclée qu'il a prise aux élections, et ces nouveaux experts de prononcer des paroles inattendues : "défaite", "échec", "retrait des forces américaines", "négociation"...

Souviens-toi George, souviens-toi de ce que je t'ai dit il y a quatre ans, quand tu as décidé de monter des "preuves" de toutes pièces pour aller dérouiller ces irakiens maléfiques.
Je vais te rafraîchir la mémoire.
Très exactement, je t'ai dit : "dans trois à cinq ans, après quelques milliers de bodybags rapatriés par avion spécial, tu rentreras aux USA la queue entre les jambes !"
Tu aurais dû m'écouter !


Soldats américains en rapatriement horizontal par avion spécial


Mais au fait, suis-je devin ? Pas du tout. Je ne suis qu'un modeste quidam moyen, français, qui n'a fait ni Sciences Pô, ni l'ENA, et encore moins West Point. Alors comment mon pronostic a-t-il pu se réaliser au détriment de celui de tous tes experts surdiplômés, hein, Georgie ?

Eh bien je vais te le dire : ce n'était pas seulement mon pronostic, c'était celui de millions de quidams moyens comme moi, habitant dans toutes les parties du monde, et même dans ton pays.
Il suffisait juste qu'ils aient un peu de culture historique et qu'ils se souviennent comment ont fini toutes les guerres coloniales.
Il suffisait juste qu'ils sachent que toutes les guerres d'occupation ont toujours fini de la même manière.
Les Turcs, Autrichiens et Allemands de la première guerre mondiale ? Virés.
Les Nazis et les Japonais de la seconde ? Jetés dehors avec pertes et fracas.
Les Français en Indochine et en Algérie ? Boutés.
Les Américains au Vietnam ? Raccompagnés.
Les Russes en Afghanistan ? Remerciés...
Et j'en passe et des meilleurs, et je ne parle là que des conflits du vingtième siècle !
A vrai dire, la seule manière qu'il y ait jamais eu de gagner une guerre d'occupation, c'est d'exterminer entièrement les habitants du pays occupé, comme l'ont fait tes ancêtres, mon cher George, avec les Indiens d'Amérique. Mais à cette époque, il n'y avait pas reporters sans frontières, et aujourd'hui ce n'est plus possible, ce n'est plus "politically correct".

Mais je t'entends d'ici me le dire : oui Jojo, ce que tu voulais toi, c'était leur apporter la DEMOCRATIE. Belle et louable intention si tant est qu'elle soit sincère, mais es-tu vraiment le mieux placé pour donner des cours de démocratie ?
Y a-t-il d'ailleurs un peuple sur cette terre qui soit bien placé pour en donner ?
Tu apprendras, toi le président de la première puissance mondiale, que l'on ne peut pas imposer la démocratie à un peuple qui n'en veut pas, ou qui n'est pas assez excédé pour l'imposer par lui-même.
Si c'étaient des étrangers qui avaient proposé aux Français d'attaquer la Bastille et les Tuileries pour faire la Révolution à leur place, la Monarchie Absolue règnerait peut-être encore aujourd'hui dans l'hexagone.

Ton incurie me navre, George, et avec la tienne celle de tes compatriotes qui ont tout lâché il y a quatre ans pour aller buter de l'irakien.
On nous le refait à chaque fois, le coup des engagés volontaires qui prennent d'assaut les bureaux de recrutement, le coup de la guerre fraîche et joyeuse qui sera finie au printemps prochain, sauf que maintenant en plus d'être joyeuse, elle est "propre et chirurgicale".
Combien de va-t-en guerre n'en reviendront pas ?
Et combien en reviendront en mille morceaux ?
Et le bordel que tu as semé là-bas, Georgie, y as-tu bien pensé ?
Tu vas te carapater maintenant, comme un gosse qui a voulu qu'on lui serve toute la tarte, qui l'a massacrée dans son assiette et qui en fait n'a plus envie de la manger ?

Le peuple de l'hyperpuissance mondiale a élu un débile mental pour le gouverner pendant 8 ans... Comment voulez-vous que le monde aille bien ?

Ratrospective 2006

draleuq, 12h20 :: :: :: [5 vilénies]

4 Février 2012 ::

« Chroniques de 2005 - 2ème partie »

:: Paparatzi

Ce billet fait partie d'un sujet qui en comporte deux :
1. Chroniques de 2005 - 1ère partie
2. Chroniques de 2005 - 2ème partie


Août : à Paris, des familles d'Africains réfugiés meurent dans l'incendie de deux "hôtels" où elles sont en hébergement d'urgence

En quelques jours, la mairie de Paris et les vautours de propriétaires d'hôtels miteux se sont tapés un double méchoui africain. Pas de bol quand même... Sacrée loi des séries ! Ces b'aves nèg'es ont fui les machettes et les Kalachnikov et sont venus demander asile au gentil pat'on blanc, loin de penser qu'ils allaient finalement brûler vifs tels des Jeanne d'Arc des temps modernes.


Les Américains du Ku Klux Klan, moins cruels que nous,
préféraient se contenter d'une "bonne petite pendaison"

Mais pourquoi donc ne brûle-t-on que des noirs ?
Est-ce à cause de l'héritage de nos ancêtres colonisateurs qui pensaient que les noirs n'avaient pas d'âme ou que leur âme était aussi noire que leur peau ?
Est-ce parce qu'un corps carbonisé est noir et qu'on trouve que quand il était déjà noir avant de brûler, ça fait un peu moins désordre ?

Une seule issue pour sortir, pas d'eau courante, le feu dans la cage d'escalier... C'est y pas beau ça ? Nous voilà redevenus exécuteurs des basses œuvres de l'Inquisition. Oui, moi aussi. Salaud de blanc.[1]


Nos amis britanniques n'étaient pas non plus en reste. Ils furent même les inventeurs des SOLDES d'hiver et d'été, comme on le voit sur cette affiche. Deux fois par an, les braves propriétaires blancs se précipitaient à l'ouverture des supermarchés pour acheter les meilleurs nègres au meilleur prix. La deuxième démarque, par contre, n'existait pas encore, car après la première démarque, il ne restait plus que les cadavres.


Novembre : les émeutes de Clichy-sous-Bois contaminent nos bonnes villes de province paisibles

Priorité à la sécurité. L'ordre doit être rétabli. Il faut nettoyer tout ça au karcher.
Mais d'où sortent ces bandes organisées de petites racailles qui osent lancer des cocktails Molotov dans les bus et des boules de pétanque sur les flics ?

L'état républicain n'a rien à se reprocher et ne tolérera pas qu'on le sorte ainsi de sa léthargie, de sa surdité, et de son seul centre d'intérêt : se disputer pour savoir qui va être le chef, pour savoir qui donnera son nom aux grands boulevards dans 50 ans, qui aura l'article le plus long dans le petit Larousse encyclopédique.

Je propose le couvre-feu, l'état d'urgence, le plan Orsec, l'instauration de la loi martiale, l'envoi de l'armée, les exécutions sommaires.
Un bon jeune est un jeune mort, ou un jeune mourant qui nous a avoué sous la torture où se cachent les autres. Rouvrons la chambre à gaz du Struthof, où Chirac disait l'autre jour : "n'oublions jamais... plus jamais ça".

L'état républicain ne peut être tenu pour responsable de ces échauffourées, il n'a rien fait pour en arriver là. Il en appelle à la responsabilité de ses concitoyens, ceux qui bossent, qui payent des impôts et qui arrivent à peine à faire bouffer tout le monde.


Nouveau véhicule anti-émeute prochainement en dotation chez les C.R.S. (à droite : existe en version camouflée pour l'armée de terre afin de pouvoir également pourchasser les jeunes bouseux de la province)


Décembre : les Restos du Cœur pris d'assaut

Il y a 10 fois plus de pauvres en France qu'en 1985... Les restos du cœur n'ont de cesse de s'agrandir, d'année en année, et vont bientôt concurrencer Mac Do en devenant la première chaîne de fastfoods à prix discount.


Projet d'affiche pour l' "avenir"


Avant, les "bénéficiaires" se cachaient, aujourd'hui ils affirment bien haut devant la caméra du JT : "y'a pas de honte à être pauvre."
Prochaine étape, les SDF s'enorgueilliront à leur tour de leur statut... car un tiers d'entre eux sont des salariés, nous répète-t-on à l'envi, sur un ton monocorde, comme si c'était normal.

Et puis juste après, on nous dit que le marché de la plaisance a le vent en poupe, qu'on a la plus grande peine à se retenir de continuer à défigurer le littoral avec d'autres ports, et qu'il faut maintenant 5 ans d'attente pour obtenir une place pour son bateau, ma pôv'dame, où va le monde... Eh oui, la plaisance se "démocratise", nous dit-on.

Quelle chance nous avons de vivre dans cette ère magnifique où tout se vulgarise et devient accessible au plus grand nombre : les yachts, les restos du cœur, et même les foyers d'hébergement provisoire !


Et merci à notre bienfaiteur, Ronald Mac Coluche


Ratrospective 2005


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1. L'une de ces deux affaires a d'ailleurs été jugée récemment, en janvier 2012, soit... 7 ans après. Peines prononcées : une amende, et des dommages et intérêts. "On va leur donner un peu de fric à ces parasites de négros, et puis après ils nous foutront la paix."

draleuq, 11h29 :: :: :: [5 observations emphatiques]

1er Février 2012 ::

« Chroniques de 2005 - 1ère partie »

:: Paparatzi

En ce 1er du mois le plus court d'une année bissextile, ce dont tout le monde se fout même si ça n'arrive que tous les 4 ans, l'heure est venue de lancer la grande rétrospective de toutes les chroniques non encore rééditées depuis le décès prématuré de feu mon blog dont il ne faut pas prononcer le nom.
Vous me direz, c'est habituellement en décembre et en janvier que la télévision se lance dans de grandes rétrospectives annuelles, voire décennales ou séculaires, tant elle est en manque d'idées à cette période de congés pour nourrir les cerveaux malades de nos compatriotes en grande demande d'abrutissement médiatique.
Certes.
Mais d'une part, ici c'est pas la télé, vous en conviendrez.
Et d'autre part, un tel retour aux sources se prépare, ne serait-ce que techniquement... Il n'est pas si simple d'accéder à toutes les archives, quand bien même elles se trouvent toutes sur le même ordinateur. Enfin pour moi, ce n'est pas si simple.

La consternation que m'inspire régulièrement l'actualité, et que vous retrouverez toujours en filigranes, n'est pas d'aujourd'hui, et si je me souviens bien j'avais commencé à "chroniquer" dès le début des années 2000 sur l'éditorial du grand-père html de ce blog (intitulé Philosophic Mambo, ça nous rajeunit pô), mais à cette époque je ne gardais pas les éditos quand je les changeais (oui, j'étais encore modeste).
Ce n'est qu'en 2005 que j'ai commencé à les conserver, et cela coïncide précisément avec ce qu'on peut aujourd'hui considérer comme le début de "l'ère Sarkozy". Il n'était certes pas encore Président, mais il commençait déjà sérieusement à voler la vedette à notre Chirac national, dans son beau costume de Ministre de l'Intérieur, avec son karcher et son "pas seulement quand je me rase"...
D'ailleurs, vous y verrez un symbole ou pas, mais cette année 2005 débuta, en janvier, par la catastrophe naturelle la plus meurtrière que le monde ait connu depuis très longtemps, à savoir le tsunami dans l'Océan Indien.
Donc, pour boucler la boucle, cette réédition complète s'achèvera juste avant les présidentielles, ce qui me laisse trois mois.
Et ces 7 années, le "septennat Sarkozy", s'achèveront peut-être alors comme elles ont commencé, par une nouvelle catastrophe : le début d'un deuxième quinquennat.

Evidemment, si vous attendez de l'expertise journalistique et de l'analyse fine de la situation dans toute sa complexité, vous allez être déçus. Ce ne sont que des impressions jetées sur l'écran dans la chaleur de l'instant, sans prétention, mais sans concessions et sans complexes, et souvent avec une bonne dose de provoc et de vitriol, je préfère avertir, mais je ne sais pas faire autrement.




Ce billet fait partie d'un sujet qui en comporte deux :
1. Chroniques de 2005 - 1ère partie
2. Chroniques de 2005 - 2ème partie

Janvier : le bilan du tsunami en Asie du sud-est s'allonge chaque jour

Ah, trivialité de l'existence. Que nous sommes petits, misérables, insignifiants... Mère Nature, merci de nous le rappeler avec brio, surtout aux plus nantis d'entre nous, dans ton immense justice !
Sans vouloir être cynique, j'aurais quand même préféré un raz-de-marée sur le Texas...


S’il n’est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d’être près des choses : elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et dans celui des bêtes, tout est plein d’événements auxquels vous pouvez prendre part.

Rainer Maria Rilke ("Lettres à un jeune poète")


Pour le coup, les misanthropes adeptes de la "Communion avec la Nature" n'ont pas dû être déçus de celle que la Nature leur a offerte ce jour-là !

Mai : le référendum sur la Constitution de l'Union Européenne

Je m'insurge contre ce référendum anti-écologique : 191 pages de charabia politico-juridique en petits caractères à (ne pas) lire avant d'aller voter... On dit souvent que les politiciens n'ont que dédain pour leurs administrés, moi je dirai plutôt qu'ils les surestiment !
Personnellement, j'hésite entre voter NON parce que l'an dernier je me suis fait flasher par l'un des radars automatiques de Sarkozy pour 6 pauvres petits km/h et que Sarkozy est pour le OUI, et voter OUI parce que Le Pen est pour le NON et qu'il est raciste, et que le racisme c'est mal.



Juillet : la longévité moyenne des français atteint 80 ans

C'est fait. L'espérance de vie du français moyen a franchi la barre (je n'ose dire fatidique) des 8 décennies. Ils l'ont dit au JT et s'ils l'ont dit au JT, c'est que c'est forcément vrai, non ?
Faut-il se féliciter de cette nouvelle victoire sur la mort et l'angoisse d'anéantissement ?...
Oui bien sûr, car c'est aussi une victoire pour :
- Le budget de la recherche contre la maladie d'Alzheimer
- Les débouchés professionnels dans les hospices et les maisons de retraite
- La CGT qui va descendre dans la rue pour à la fois sauver nos retraites, protester contre l'augmentation du temps de travail et celle des cotisations...


Ce que pourrait être le syndicalisme dans quelques années...


Ratrospective 2005

draleuq, 11h19 :: :: :: [5 déclarations d'amour]